13 janvier 2013

LA TOUR


LA TOUR

Sur la tour aux corneilles
Dansent les mers vermeilles

Leurs profonds souvenirs
Évoquent les menhirs

L’ouragan qui frissonne,
Est il une personne ?

Les géants aux trois yeux
Sont les sommets joyeux,

Ils méditent ensemble
Sous les feuilles du tremble.

Les volcans grenadins
S’éveilleront soudain

Et les antiques sages
Gronderont leurs messages...

11 octobre 1994

BROUSSE François, L’Idéale Métamorphose
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, p. 91

22 décembre 2012

PARUTION - LE COMTE DE SAINT-GERMAIN ET LES MAÎTRES DE L'AGGARTHA


Le comte de Saint-Germain et les maîtres de l’Aggartha dans l’œuvre de François Brousse

Auteur : J.-P. WENGER

Éditions Saint-Germain-Morya, Montréal (Québec, Canada) 
3e trim. 2012 – 440 p.
Site Internet : www.saint-germain-morya.com
Diffusé en France par DG diffusion
Disponible sur commande dans toute librairie française 
Prix : 23,95 euros

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À ceux manifestant un intérêt pour le comte de Saint-Germain, « Gentilhomme énigmatique ramené d’Allemagne en 1743 par le maréchal de Belle-Isle, ambassadeur de Louis XV, extrêmement séduisant, connaissant toutes les langues, la musique, la peinture, tous les pays et tous les grands du monde » (p. 179), un nouveau livre vient de lui être consacré : Le comte de Saint-Germain et les maîtres de l’Aggartha dans l’œuvre de François Brousse.

Ce Comte était petit, brun, le visage basané, le regard d’une étonnante profondeur. Il y avait en lui la majesté du mage et, en même temps, la douceur et peut-être, un peu, l’égarement du prophète. Il était vêtu d’une étrange façon, toujours avec des habits admirablement bien taillés, mais ce qui le différenciait de tous les autres courtisans de l’époque, de tous les autres grands seigneurs, c’était le faste, la somptuosité, l’éclat des bijoux (p. 179-180).

Le Voyageur des siècles, Saint-Germain, représente la Haute Magie, dominatrice de la Mort, maîtresse des couleurs et en relation avec le Grand Soleil central de la galaxie. Alchimiste suréminent, il fabriquait de l’or, purifiait les diamants, grossissait les perles, chassait les entités du bas-astral, guérissait les malades et révélait les sombres lueurs de l’avenir (p. 13).

Le sommaire se compose de neufs livres ou parties :

I. Les maîtres de l’Aggartha Cette première partie rappelle l’existence de vingt-quatre maîtres de l’Aggartha (ou Agartha, Agarttha, Agarthi, Agardhi, Asgharta, Aghartha, etc.), identifiés aux vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse, avec quelques préconisations pour les contacter (p. 19). L’Aggartha n’est pas ici considéré comme un domaine souterrain ou intraterrestre, mais comme une cime de spiritualité, dans les splendeurs invisibles, astrales et immatérielles de l’Himalaya (p. 37).

II. Les Sept Immortels La seconde partie aborde les Sept Immortels – Narada, Saint-Germain, l’empereur de Jade, Fo-Hi, Nicolas Flamel, Melchisédech, le Juif errant – ainsi que Ganeshananda et le douzième Iman.

Les sept autres livres de l’ouvrage sont :

III. Apparitions et rôle de Saint-Germain avant l’ère chrétienne
IV. Saint-Germain à l’ère chrétienne
V. Le comte de Saint-Germain au XVIIIe siècle
VI. Saint-Germain à l’ère du Verseau
VII. La rencontre de François Brousse avec Saint-Germain
VIII. Autres aspects de Saint-Germain

Dans ces parties sont traités, entre autres :
o Les manifestations de Saint-Germain au cours des âges jusqu’au XXe siècle inclus ;
o Certains comptes rendus de Wesak (Babaji, Amida Bouddha – 1980-1995).

IX. 2015 (+ ou - 4 ans, 2011-2019), période critique pour l’humanité Dans le livre IX figurent les moyens donnés par F. Brousse – le végétarisme, la bénédiction bouddhique, trois yogas libérateurs, l’art comme voie initiatique, etc. – pour traverser harmonieusement la période critique 2015 (±4 ans), annoncée depuis 1947 .

Glossaire Le glossaire en fin d’ouvrage précise la définition – par F. Brousse – de quelques termes utilisés comme par exemple l’illumination, la libération, le Kali Yuga, le Karma, la métempsycose et la « conscience cosmique » :

Vous êtes Tout en même temps : vous devenez tous les êtres vivants ; vous n’êtes plus seulement vous, mais encore tous les êtres humains, tous les animaux, mais encore toutes les plantes, tous les minéraux et l’univers entier. Cela, c’est la conscience cosmique du Dieu immanent enfermé dans le monde, ce qui est très beau. Au-delà, on pourrait aller jusqu’à la conscience du Dieu transcendant en dehors du temps, de l’espace et de la causalité. Au-delà encore rayonne la conscience du Dieu absolu qui est à la fois immanent et transcendant, mais là, je ne crois pas que l’on puisse y arriver actuellement sur la Terre (p. 407).
 

22 décembre 2012

LE COMTE DE SAINT-GERMAIN ET LES MAÎTRES DE L'AGGARTHA


LE COMTE DE SAINT-GERMAIN ET LES MAÎTRES DE L'AGGARTHA

Article publié dans le magazine mensuel gratuit
Soleil levant, N°202, Déc.2012

Soleil-levant.org

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15 décembre 2012

L’AZUR



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L’AZUR

Ils font de leurs os
Le cœur du chaos
Et ne savent pas
Sonder le trépas,

La forêt se rouille
Lorsque les grenouilles
Filent leurs quenouilles.

Parmi les roseaux
J’ouvre les réseaux
Du gouffre exultant
Dans l’espace-temps.

Le beau stratagème
Vers la nuit que j’aime
M’apporte une gemme,

Je vais me plonger
Sous les orangers
Dans l’azur léger
D’un astre étranger...

5 juin 1995



BROUSSE François, Le Pas des songes,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 42

13 décembre 2012

COLOMBELLES


COLOMBELLES

Elles proviennent du ciel pur
Comme de blanches colombelles,
Comme les perles de l’azur,
Elles proviennent du ciel pur.

L’aurore filtre dans leurs ailes,
Un diamant à l’éclat dur
Fait étinceler leurs prunelles.
Ô merveille des coccinelles
L’ombre des étoiles se mêle
À leurs cheveux de raisins mûrs.
Le vermillon d’un élan sûr
Réveille un teint de pimprenelle.
Ces fantastiques Isabelle
Nous embrassons leur ciel si pur,
Comme de rouges colombelles.

27 septembre 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 197

 

10 décembre 2012

DELPHINE

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DELPHINE

Les rossignols surpris cessèrent leur romance

Quand Delphine aux yeux pers se leva pour danser

Les étoiles s’arrêtèrent dans l’ombre immense

Et l’espace ébloui n’osa plus respirer.

Car l’art humain contient plus que l’éternité.

16 septembre 1989

 

BROUSSE François, La Rosée des constellations

Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, p.116

6 décembre 2012

MINERVE

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MINERVE

Les dévoreurs de viande
Sont des fous dangereux
Mais notre âme demande
La compassion pour eux.

Prions pour ces errances
Au cerveau déphasé
L’énorme transcendance
Saura bien les briser.

Des planètes entières
Leur offriront l’amour
La connaissance altière
Abaissera leur tour.

Livrons-nous sans réserve
À l’espoir concerté
Le regard de Minerve
Comble l’illimité.

Hugo pourtant se moque
Des messages offerts.
La divine équivoque
Aime tous les transferts.

28 mai 1992

BROUSSE François, Le Baiser de l’archange
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, p. 190

 

6 décembre 2012

PROTESTATION

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PROTESTATION

Envolons nous, envolons nous !
Les réalistes forcenés
Veulent fermer les noirs verrous
Sur nos élans illuminés !

Nous sommes les soleils renés
Dans l’azur aux brûlants remous
Tous les séraphins étonnés
Viennent embrasser nos genoux.

Montons, montons, montons encore
Dans l’amour qui chante l’aurore
L’immesurable veut éclore !

Nos grandes ailes immortelles
Percées de millions de prunelles
Laissent une âme derrière elles.

Chevauchons le dragon mystique
Dans les cyclones fantastiques
Des rosaces métaphysiques.

 


BROUSSE François – Vers l’Ailleurs - Anthologie Poétique
Ed. La Licorne Ailée, Clamart, 2005

 

30 novembre 2012

RETRAITE

 

RETRAITE

Je serais une âme discrète
Dans une montagne secrète
Jusqu’à ce que le grand milan
M’emporte au coeur du firmament.

Laissons la Terre épouvantable
Se vautrer sous l’immonde table
Ô poésie, ô saint Amour,
Toi seule boit l’éternel jour.

Les Avatars et les Prophètes
Illuminent nos sombres faîtes
Montons, dans l’immortel moment,
A l’ultime ravissement !

3 juillet 1988

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, p. 86

 

26 novembre 2012

ICLÉA

 

 

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 ICLÉA

Intenses clairs de lune aux bleuités de perle,
Soleils couchants irradiés de sang et d’or,
Et vous qui souriez sur la mer qui déferle
Astres silencieux du rêve et de la mort,

Non, jamais cœurs humains envolés de la Terre,
Ne battirent si fort devant votre mystère ;
Jamais, au fond des bois, rossignol plus exquis
Ne chanta Salomon amoureux de Balkis ;
Et jamais l’éternel Amour, père des mondes,
N’emporta deux esprits en des nuits si profondes !



BROUSSE François,
Au Royaume des oiseaux et des licornes

Imprimerie Labau, Perpignan, 1982, p. 7


26 novembre 2012

François Brousse, poète, penseur et philosophe

 

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Des hommes et le Roussillon

François Brousse (1913-1995)

poète, penseur et philosophe



 

Journal La Semaine du Roussillon, Perpignan, N°495, 

Du 20 au 26 octobre 2005, p. 27


On dit de lui qu’il est « l’homme aux cent visages » tant sont vastes les domaines dans lesquels il s’est aventuré et imposé. À la fois poète, philosophe, penseur, romancier, historien, journaliste, astronome, métaphysicien, idéaliste, il fut parfois occulté, traité d’illuminé, mais son œuvre ne peut laisser indifférent tout esprit ouvert de notre temps.
Jean RIFA

Une biographie de plus de six cents pages sur François Brousse devrait être mise en distribution dès ce mois d’octobre, lors des deux journées « Hommage à François Brousse », les 25 et 26 octobre au Centro Español de Perpignan. Ces journées, organisées par La Compagnie de l’Étoile, permettront au public, à travers une exposition, des conférences, des projections, des tables rondes, de mieux connaître l’œuvre immense et diversifiée de celui qu’on a dénommé « Le Sage de Perpignan » ou encore « L’Enlumineur des Mondes ». Quelques éléments partiels de cette biographie, dont l’auteur est Jean-Pierre Wenger, président de La Compagnie de l’Étoile – avec la collaboration de Thomas Harlay – ont été mis à notre disposition. Force est de constater que le personnage est hors cadre, difficilement accessible au commun des lecteurs, dans ses activités liées par exemple à l’astronomie ou la métaphysique. D’ailleurs ne dit-il pas lui-même, avec un brin d’ironie : « Je n’espère pas être compris, sauf d’une super élite ! » Revenons sur ce parcours peu commun.

Un très jeune poète François Brousse naît à Perpignan le 7 mai 1913 au 2 de la Route d’Elne. Son père est militaire de carrière et semble n’avoir aucun lien de parenté avec les Brousse connus des Perpignanais pour leur implication dans la presse locale, la politique ou l’hôtellerie. Il fait ses études au Collège-Lycée de Perpignan et, dès l’âge de dix ans, il écrit son premier poème. Cette passion ne le quittera plus. Avec son camarade lycéen René Argelliès – qui deviendra plus tard le Dr Argelliès, maire-adjoint de Perpignan et conseiller général –, il crée un journal Le Potache Reporter qui ne vivra que quelques mois. François se fait cependant remarquer par ses étonnantes connaissances en littérature et sa faculté à s’évader en rêves. « II est souvent dans les nuages », dit de lui René Argelliès. Au cours de ses deux dernières années au Collège-Lycée (1930-1932) il écrit une série de trente-cinq poèmes sous le titre Les Dieux. Sur son Bloc-memo qui ne le quitte jamais, il jette ses pensées, au jour le jour, parfois empreintes de nostalgie, peu communes pour un adolescent de dix-sept ans :

« En revenant, ce soir, du collège je passai non loin du cimetière dont je voyais les maisons froides et rigides pleurer à l’ombre des cyprès. Au loin, un cyprès laissait pendre tristement sa cime cassée par quelque vent, tandis que sur l’écran vert des arbres sombres, se déroulait mélancoliquement une fumée vague, blanche et bleuâtre. La tristesse qui s’exhalait de ce tableau m’a frappé. » (22 déc. l930)

Enseignant et philosophe actif, ses baccalauréats en poche, il passe sa licence de philosophie à l’Université de Montpellier puis entre dans l’enseignement d’abord comme Maître d’Internat. Appelé entre temps pour le service militaire, il est réformé après quelques mois pour, semble-t-il, la grande faiblesse de sa vue. Il sera professeur de français et de philosophie dans les classes terminales scientifiques, dans de nombreux collèges du Midi, au lycée de jeunes filles de Perpignan, au lycée Arago – où il reçoit de ses élèves le surnom de « Babylas » – et à Prades. Les années 50 le voient adhérer au mouvement mondial « Citoyens du Monde » fondé par l’aviateur américain Gary Davis, pris de remords pour avoir atteint des civils lors de bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale. Animé par Eugène Schmidt et Cyprien Lloansi, un comité Citoyens du Monde s’est constitué en Roussillon. Brousse y développe ses idées hugoliennes et avant-gardistes sur les États-Unis d’Europe. En automne 1951, il donne sa première conférence à Perpignan sur les grandes découvertes astronomiques.

C’est en 1952 qu’il adhère à l’Association France-Inde, prônant la pratique du yoga et sa doctrine philosophique dont le délégué à Perpignan est l’herboriste du N° 14 de la rue de la Fusterie, Claude Van Dyck. Cette même année voit l’émergence du Comité Victor Hugo qui se réunit dans le vestibule de la salle des mariages de la mairie de Perpignan et qui comprend, entre autres, le biologiste René Espeut, le sculpteur Gustave Violet, Charles-Henry Reymont, Eugène Schmidt, Cyprien LIoansi, les professeurs Marthe Cormary, Antoinette Claux, la directrice du Collège de jeunes filles Mme Meyerson, Claude Van Dyck et François Brousse. De 1952 à 1954, François Brousse est critique d’art dans L’Indépendant, le Midi Libre, les revues Madeloc, Tramontane, Destins. La revue Conflent publie quelques-uns de ses poèmes. Menant de multiples activités de front, il ne cesse cependant jamais d’écrire et de proposer des conférences.

Dans les années 80, on le trouve aussi, l’après-midi, à la terrasse du self-service de la Loge, à Perpignan, entouré d’étudiants et discourant avec eux des grands secrets de la pensée et de la symbolique. En 1982, le Cours d’Art dramatique du Conservatoire de Perpignan, dont le professeur est Josy Llop, présente un spectacle original à partir des œuvres de François Brousse. Un montage poétique faisant appel à la danse, à l’expression corporelle, à la musique et aux lumières qui est présenté au Théâtre municipal le 12 janvier 1982. Sa dernière intervention publique à Perpignan se fait au Palais des Congrès, en 1994, au cours d’un débat animé par Bernard-Henri Lévy. « Le vieux sage, l’un des rares qui releva le gant, le fit, en dépit de la maladie qui l’éprouvait, avec la même conviction éblouie. Toute hugolienne », souligne Jacques Quéralt dans la chronique nécrologique de François Brousse, décédé à Paris le 25 octobre 1995 à l’âge de 82 ans (L’Indépendant du 2 nov. 1995). Quelques jours plus tard, ses cendres sont déposées dans le caveau familial du cimetière de l’Ouest, à Perpignan.

Aspects de sa personnalité

Le 1er juin 1968, en pleine révolte des étudiants, L’Indépendant publie son billet « Le réveil de l’individualisme » qui lui vaudra quelques déboires avec l’Ordre national des Médecins à propos duquel il écrit : « [...] Un grand vent purificateur emportera les féodalités économiques ou professionnelles. Je pense notamment à l’Ordre national des Médecins, résidu de l’occupation nazie, ordre dont la dictature s’étend sur tous les praticiens, les empêche de soigner librement leurs malades, et bride l’essor des recherches indépendantes [...] »

Le 5 janvier 1969, interrogé par la journaliste Aryane Lecomte, toujours dans L’Indépendant et au sujet de son livre Les Secrets kabbalistiques de la Bible :

– (...) A. L : Pardonnez-moi d’insister. Mais si, tout simplement, Dieu n’existait pas ?

François Brousse réfléchit une minute. Puis il répond textuellement ce qui suit.

– L’existence de Dieu rencontre certaines difficultés, c’est exact. Mais remplacer Dieu par le néant ou la matière éternelle nous met dans un abîme de contradictions et d’absurdités aux dimensions monstrueuses.

– Comment cela ?

– Remplacez Dieu par le néant. Vous supposez donc que l’être, le tout, est sorti du néant, le rien. Par l’opération du Saint Esprit, sans doute, mais dans laquelle il n’y a plus la moindre trace d’esprit, saint ou non. Cette théorie accumule plus de miracles que tous les prodiges invoqués par les religions, depuis le totémisme jusqu’au mormonisme. C’est le summum de l’incohérence [...].

– Alors, dis-je pour terminer le débat, vous croyez en Dieu ?

François Brousse haussa les épaules.

– Il ne s’agit pas de croyance. Une foi aveugle renferme les racines de l’erreur et de la douleur. Je crois en Dieu parce que c’est la seule hypothèse logique. Je crois en Dieu parce que la raison, pure et sévère, m’oblige à y croire.

Pour en savoir plus

Créée en 1981, l’association La Licorne Ailée, 8 rue Boileau 92140 Clamart, édite et diffuse l’œuvre poétique et philosophique de François Brousse. Le catalogue des éditions comprend a ce jour : vingt ouvrages de poésie, trente d’ésotérisme et de métaphysique, trois romans fantastiques, une trentaine de cassettes de conférences. La Licorne Ailée assure par ailleurs une revue mensuelle, organise des conférences régulières sur l’œuvre de François Brousse et intervient dans des manifestations diverses : salons, spectacles de poésie, colloques, lectures, cercles d’études, etc.

Site Internet : www.licorne-ailee.com/

La bibliographie générale de François Brousse, riche de plusieurs centaines d’ouvrages, sera détaillée dans sa biographie à paraître.

Journal La Semaine du Roussillon, Perpignan, N°495, Du 20 au 26 octobre 2005, p. 27

Artilce signé Jean RIFA

 

26 novembre 2012

LE SONDEUR

 

LE SONDEUR

Mon livre est un escalier

Mon escalier est un livre

À Dieu je suis relié

Mourir c’est toujours revivre.

 

Comme s’efface le givre

Au soleil humilié

Par de nombreux colliers

La suprématie m’enivre.

 

Je creuse mon avenir

Dans l’éternel devenir

Pour la splendeur innombrable.

 

J’ai ouvert la profondeur

Moi, l’infaillible sondeur

De la gloire impénétrable.

 

7 mars1994

BROUSSE François, Rencontre avec l’Être

Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 282

 

24 novembre 2012

LA TOUR

 


1995_07_RENCONTRE_AVEC_L_ETRE_face.jpgLA TOUR

L’inconstant Valéry
Continue son étude,
L’éternité sourit
De telle inquiétude.

Poète, tu créas
C’est tout ce que demande
Le sombre lauréat
Que la tragédie scande.

Un vers plein de frissons
Couronne l’apostrophe
Le superbe échanson
Verse le feu des strophes.

Ton nom sera cité
Par les fils du langage
Dans la haute cité
Du mystique et du sage.

Le tragique séjour
De la pesante Terre
Vient sur la haute tour
Consacrer le mystère.

10 avril 1994

 

BROUSSE F., Rencontre avec l’Être
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 341

14 novembre 2012

AUTRE CITÉ


AUTRE CITÉ
 

Le puissant chevalier,

Qui chasse les démons,

Est le meilleur allié

Du mage Salomon ;


Il choisit pour collier

Les glauques goémons,

Son destin est lié

À la splendeur des monts.
 

Il porte une massue

Qui trace les issues

Par où l’homme se hausse,
 

Son âpre volonté,

Comme l’aigle véloce

Construit l’Autre Cité.
 

12 août 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 211

 

10 novembre 2012

SI


Si vous avez un coeur, offrez le tendrement
À votre bien aimée qu'environne l'aurore.
Elle est comme une source à l'eau fraîche et sonore
Où se reflète la clarté du firmament.

Si vous avez une âme offrez la comme un rêve
De paradis dans la lumière de l'éveil.
Elle respirera cette fleur de soleil
Dont jamais l'exaltant souvenir ne s'achève.

Si vous avez un esprit fier, offrez le Lui
Car son aspiration va plus haut que l'espace.
Que l'univers s'effondre ou que le ciel trépasse
N'importe sur nos fronts l'inconcevable a lui !

22 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 101

9 novembre 2012

DÉMESURE

 

DÉMESURE

 

Explorateurs, découvrez vous !

Devant Dieu tombez à genoux !

Car c’est Lui qui crée toute chose

Au coeur du chêne et de la rose.

 

Son sourire ironiquement

Ouvre l’impossible roman

Il nous offre mille problèmes

Et de ses réponses parsème

 

Le ciel étoilé du futur.

Il cueille pour nous des grains mûrs

Et de sa main vertigineuse

Il nous lègue la flamme heureuse

 

Nous passerons l’éternité

À contempler l’infinité !

Millions de fauves étincelles

Notre âme devant nous chancelle.

 

Mais nos ailes bravent l’élan

Des manuscrits étincelants.

Nous sommes les enfants du Maître

Sa démesure nous pénètre.

 

5 octobre 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête,

Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 329

 

8 novembre 2012

L’OISEAU DE L’ÂME ET L’OISEAU DU SOLEIL


L’OISEAU DE L’ÂME ET L’OISEAU DU SOLEIL


L’oiseau de l’Âme et l’oiseau du Soleil

Se sont posés sur des branches lointaines,

L’un a le bleu nacré d’une fontaine,

L’autre flamboie comme un foyer vermeil.


Un grand désert plein de tigres moqueurs

Et de serpents ailés comme la foudre,

Un grand désert où tout vient se dissoudre

Semble un obstacle aux élans de leurs cœurs.


Mais, déployant leurs fastueux éveils,

Perçant la sombre illusion du monde,

Ils vont s’unir dans la lune profonde,

L’oiseau de l’âme et l’oiseau du soleil.

 

02 mars 1950

BROUSSE François, Au royaume des oiseaux et des licornes,

Imprimerie Labau, Perpignan, 1982, p. 29


4 novembre 2012

LA FENTE


LA FENTE

Lorsque la nuit s’épanche
On dirait que Dieu penche
Son visage vers nous
La gloire se renoue.

Quand la lumière tombe
Il semble que la tombe
Ouvre son esprit pur
Dans l’impalpable azur.

Au furtif crépuscule
Le fantasme recule
Une suavité
Remplit l’immensité.

Toujours par une fente
La rose triomphante
Darde son tambourin
Dans le Soleil serein.

12 avril 1994

BROUSSE F., Rencontre avec l’Être, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 345

16 août 2012

VEUX TU ?


VEUX TU ?

Veux tu, douce Fée, dont le sein frémit,
M'attendre ce soir quand le ciel ami
Aura, d'un baiser scintillant et noir,
Transformé la Ville en pensif manoir ?

Nous écouterons la divine plainte
Dont le rossignol rythmera les brises
Et les astres, sur les eaux qu'ils irisent,
Epanouiront leur corolle sainte.

L'air mystérieux et vierge des branches
Ploiera tes cheveux, gonflera tes manches

Les étoiles d'or du ciel de velours
Béniront nos coeurs éperdus d'amour.

Viens, déjà le Soir trop ardent décline,
Entends tu gémir l'Ombre cristalline ?

BROUSSE François, Voltiges et vertiges,
dans Œuvres poétiques – Tome 2, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, p. 61

 

 

15 août 2012

ÉVASION


ÉVASION

Je me souviens de nos amours
Comme d'un palais enchanté
Le paradoxe des contours
S'illumine d'éternité.

Mes ailes battent pour toujours
Dans une rouge intensité.

Tout s'efface et tout recommence
L'illusoire est le seul pastel,
Connaissance n'est que démence
J'adore le supra réel.

L’abîme éperdument se creuse
Comme une vallée ténébreuse
Qui n’a jamais de conclusion,

Le mage approfondit sans cesse
La transcendance des sagesses
Dans l’irrémissible évasion.

18 août 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 221

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