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mardi 28 avril 2009

L'année pyramidale


L'année pyramidale
(article réédité dans le Monde Inconnu – N°79 – janvier 1987)

L'Étoile Polaire dont le regard veille intensément sur l'Univers, n'est pas immuable comme on le croit : elle se déplace au fil des âges. Située dans le prolongement de l'axe des pôles, elle subit tous les mouvements de la Terre. Or notre globe tourne sur lui même comme une toupie, et l'axe des pôles décrit un cercle sur lequel est fondée la précession des équinoxes.

Quelle est la durée de cette colossale période ?

Platon et les Babyloniens lui assignent un ruban temporel de 25 920 années, qui se découperait lui-même en 12 mois cosmiques, chaque mois comprenant 2160 ans.

Considérons le nombre mystérieux « 286 », que l'on trouve à chaque instant dans la Grande Pyramide, et qui mesure la hauteur de l'invisible pierre d'angle, allant de la plate-forme supérieure jusqu'au sommet théorique. Cette mesure, exprimée en pouces pyramidaux, semble avoir une importance primordiale.

Si on la multiplie par « 90 », nombre appuyé sur le « 9 » aux nombreux visages, on obtient « 25 740 », qui semble bien le véritable cycle précessionnel. En effet, le mois cosmique du cycle pyramidal est alors de 2145 années, nombre extraordinaire à cause de ses échos inattendus.

Il est la valeur secrète (on calcule la valeur secrète d'un nombre par la formule suivante : VS = n (n+l)/2) de « 65 », et « 65 » exprime la fréquence de vibration de la note DO, la première de la gamme. Gui d'Arezzo en serait totalement bouleversé. Or « 2160 », le mois platonicien ne correspond à aucune valeur secrète. Il faut donc privilégier le mois pyramidal qui se relie à la fois au coeur des mathématiques et au choeur de la musique universelle.

Mais ce mois abstrait s'impose-t-il réellement dans les mutations du monde ? C'est ce que nous allons voir :
Ce cycle, qui mesure un mois de la grande année pyramidale, est aussi un paramètre soulignant les transformations de l'histoire des peuples et des rois. Il découpe dans le temps des ères correspondantes, qui souvent coïncident, année par année. Mais ces résultats émanent parfois d'une subtilité à la Gongora.

Commençons par l'invasion des Hyksos, dans la vieille et solennelle Égypte. Ils se ruèrent, tuant les hommes, violant les femmes, aux sinistres reflets des villes incendiées. Le pays des pyramides fut assailli par des hordes de barbares. Ces tristes mutations se déroulaient vers 1700 avant Jésus Christ. Ajoutons « 2145 », et nous tombons vers 445 après Jésus Christ, au moment des grandes invasions, dans la ruée des Germains et des Mongols contre l'empire romain. PREMIÈRE ÉCLATANTE CONFIRMATION DU CYCLE PYRAMIDAL.

Continuons par Toutmès III, le conquérant de l'Orient, le Napoléon des brumes antiques. Il mena ses armées victorieuses au delà de l'Euphrate et créa la légende du Sésostris, admiré par les Grecs. La Syrie, la Palestine, la Phénicie, tombèrent dans son ombre colossale. Il a régné de 1483 à 1450. Le cycle cosmique donne comme dates correspondantes : de 662 à 695 après Jésus Christ. Une ère frénétique où galopèrent les cavaliers d'Allah, les conquérants arabes. Sous le règne de Moaviah, les villes de Kaboul, Samarcande et Boukara furent conquises.

Après le Napoléon de l'Antiquité, Toutmès III, en voici le Jésus, l'énigmatique Akh-En-Aton. Ce surhomme au visage souriant adorait Dieu, l'Invisible Roi et son image éblouissante, LE DISQUE SOLAIRE. Il se proclamait le Fils d'Aton, l'Inspiré du Créateur. Plus encore, le pharaon transcendé affirma que seul l'amour peut nous conduire à l'immortalité. Sans doute faisait-il allusion à la doctrine secrète des réincarnations, familière aux Initiés d'Hermès Trismégiste.
Mais ces derniers supposaient (quelques-uns d'entre eux), que la magie rituélique suffisait pour arracher l'âme des morts à la fascination des vies successives, et des chaînes planétaires. L'Aigle Atonien volait plus haut, et voyait de plus vastes horizons. Il proclamait que l'amour, supérieur à la magie, était seul capable de briser le carcan des réincarnations. Les humains au coeur plein d'amour montaient, après leur trépas, dans la gloire éternelle de Dieu. Énorme révolution que son temps, et peut être le nôtre, sont incapables de comprendre. C'est pourquoi, à l'amour, son disciple Moise substitua la justice, plus proche de l'esprit humain. Ce mage sublime régna dix-huit ans sur la vie bouleversée : de 1370 à 1352 avant l'ère chrétienne.

Faisons couler le sable étincelant du cycle cosmique. Nous aboutissons à une période allant de 775 à 793 après Jésus-Christ. On voit alors surgir une colossale figure de réformateur, cette fois ci dans l'Inde. Égypte et Inde, un pont de lumière joint ces deux nations. La mère de la Kabbale et la mère du Yoga. Ce réformateur géant, Penseur, Poète, Tribun, est Sankaratcharya, le Maître Sankara, prophète du monisme védantique. Par la seule vertu de sa parole, il chassa le Bouddhisme de l'Inde énorme, depuis la barrière de l'Himalaya jusqu'au sourire du Cap Comorin. Les interprétations vulgaires du bouddhisme nient l'existence de Dieu et de l'âme éternelle, ces joyaux de l'Univers. Sankara démontra, par sa brûlante dialectique, la présence d'un être suprême dans le Cosmos, et d'une substance indestructible dans l'esprit. Il s'éleva plus haut encore, en son vol d'Aigle et d'Archange. Il montra l'identité des deux réalités fondamentales : DIEU et l'AME, BRAHMAN et ATMAN. L'être humain, pour s'arracher aux chaînes tourbillonnantes de la transmigration, doit prendre conscience de cette sublime substance. Alors le reflet du SOLEIL rentrera dans le SOLEIL. L'étincelle reviendra au feu incommensurable, et l'éphémère se fondra dans l'Éternel. Peut être faudrait-il ajouter qu'il se fondra sans se confondre.

Les Égyptiens et les Arabes se donnent à nouveau rendez-vous, à travers le cycle cosmique, à propos du fastueux Ramsès II, ce Louis XIV du monde oriental. Il avait le goût des constructions grandioses, et il édifia une armée de palais majestueux. Ses expéditions militaires promènent l'éclat de ses étendards en Nubie, en Lybie, en Palestine, et contre les Hittites aux portes de la puissante Kadesh. Mais il ne tarda pas à comprendre le péril que faisait courir aux Égyptiens comme aux Hittites, la nouvelle puissance assyrienne qui levait vers le ciel sa tête farouche. Il conclut avec ses ennemis d'hier un pacte d'alliance, où l'intelligence remplaça l'orgueil ( 1278).

Franchissons 2145 ans, et nous tombons sur de nouvelles victoires arabes. Ramsès II régna de 1298 à 1232, ce qui détermine une dentelle médiévale de 847 à 913. Durant cette période, on voit les Sarrasins, dans l'Italie méridionale (866). Ils menacent Venise (877), s'emparent de Syracuse (878), envahissent la Grèce (881). Une inondation d'hommes et de chevaux sous la flamme verte d'Allah !

Le parallèle ÉGYPTE / ARABIE se marque clairement dans l'obscur tableau de l'histoire.

Deux autres analogies surgissent :
La France ressuscite la Grèce et l'Angleterre réincarne Rome. Le bloc d'années qui enserre les guerres médiques, allant de la révolte de l'Ionie contre Darius, à la victoire navale de Cimon (de 500 à 469) se répercute sur le règne de Louis XIV, plus exactement de 1645 à 1676. Cette période a vu notamment la Guerre de Dévolution (1667-1668), et la guerre de Hollande (1672-1679). Le grand roi continue sa marche dorée et sanglante, jusqu'à sa mort. Il est vrai que la dernière campagne de Cimon à Chypre recule, jusqu'en 449, ce qui donne, par correspondance, 1696. La Savoie est vaincue par Louis XIV.

La naissance des États-Unis d'Amérique, qui marque un bouleversement fondamental de l'humanité, se retrouve dans l'épopée de Pélopidas et d'Épaminondas, qui délivrèrent la Grèce de la tyrannie spartiate. Ici la coïncidence devient extraordinaire. Épaminondas, élève de Lysis, le Dispensateur Illuminé des Vers d'Or de Pythagore, promena la liberté pythagoricienne sur les champs de bataille. Les Thébains et les Spartiates, statues d'airain, se heurtèrent à Leuctres. La tactique ardente d' Épaminondas brisa le mur, jusqu'alors invaincu, de la phalange lacédémonienne.
L'année 371 vit ce tournant du destin. Elle correspond très exactement à 1774, début de la révolte de l'Amérique contre l'Angleterre. L'autre victoire d'Épaminondas, Mantinée où le héros mourut en pleine gloire, emplit l'année 362, ce qui se reflète dans le traité de Versailles (1783), qui scelle l'indépendance des Etats Unis, ce géant moderne.

On peut y ajouter l'épopée de Dion, le Platonicien qui chassa Denys le Jeune, de Syracuse, et périt assassiné. Il portait en lui un reflet du génie de Platon, son Maître, et voulait créer une république idéale. Sa geste héroïque va de 357 à 354.

Ajoutons le cycle pyramidal, et nous découpons une ère se campant de 1788 à 1791, juste au coeur de la révolution française. Les héros grecs Pélopidas, Épaminondas et Dion de Syracuse, furent des libérateurs. Le cycle pyramidal, et c'est normal, les relie à la naissance des États-Unis, et à la Révolution française, libératrice des peuples.

D'Alexandre à Napoléon, le cycle cosmique s'étale victorieusement. Dans cette perspective nouvelle, Alexandre et Napoléon se répondent : le conquérant macédonien a flamboyé de 336 à 323, ce qui découpe une période allant de 1809 à 1822. Il y a quasi superposition.

Examinons la destinée de l'extravagant Pyrrhus. Son génie militaire avait presque l'ampleur de celui d'Alexandre, mais il était gâté par une lune verte, une folie impulsive. Il bat les Romains, il bat les Carthaginois, il s'empare de la Macédoine, et va mourir dans l'attaque d'Argos, sous une brique lancée par une vieille femme ! Une argile cuite mit fin à tant de gloire !

Or l'Odyssée de Pyrrhus se reflète dans le chaotique Napoléon III. Les dates se superposent admirablement ! Pyrrhus est appelé par Tarente en 281, et il meurt dans les rues d'Argos en 272. Ce qui donne, 2145 ans plus tard, un décor allant de 1864, la cavalcade mexicaine, à 1873, la mort du second Napoléon.

Les guerres puniques correspondent-elles à la lutte qui mit aux prises Angleterre et France d'un côté, Allemagne de l'autre ? La première guerre punique débute en 264 avec les Romains, à Messine. Elle se termine par la victoire latine des Îles Egates. Carthage abandonne la Sicile aux dents de la louve de Rome (241). Puis Hastrubal s'empare de l'Espagne (237). Il signe un traité avec les Romains (227). Les dates correspondantes brillent en 1881, où les Français établissent leur protectorat sur la Tunisie, et en 1918 où l'Angleterre, la France et les États-Unis triomphent sur les ruines de l'Allemagne impériale.

Voici maintenant la seconde guerre punique, avec Hannibal, et la Seconde Guerre mondiale, avec Hitler. Ces deux conquérants se ressemblent par leur cruauté, comme par leur fulgurance stratégique. La cruauté du chef nazi dépasse pourtant celle du chef carthaginois. Le progrès se fait quelquefois en sens inverse. Mais Hannibal, hardi comme Alexandre et calculateur comme César, l'emporte par le génie. Le cycle de 2145 fulgure à côté de son épopée.
Hannibal, comme un géant, enjambe et les Pyrénées et les Alpes. Il bat les Romains au Tessin et à la Trébie (218). L'aventure aux ailes d'orage, se termine par la défaite d'Hannibal devant Scipion, dans les champs prédestinés de Zama (202). Carthage vaincue capitule devant Rome (201). Le temps correspondant englobe la Deuxième Guerre mondiale. Il comprime en effet la durée de 1927 à 1944, où sévit et succombe Hitler, le démon raciste. La même année qu'assombrit la mort d'Hannibal fut endeuillée par celle de Philopoemen, le héros guerrier (183). Il fut le dernier des Grecs, comme De Gaulle fut peut-être, le dernier des Français. Philopoemen ressuscita la Grèce, lui rendit l'honneur avec la liberté.
À la deuxième bataille de Mantinée, Philopoemen vainquit Maccanidas, tyran de Sparte (205). La ligue achéenne, réorganisée par le vainqueur, jeta un puissant éclat. Et la correspondance tombe sur Charles De Gaulle, à travers le cycle de 2145 années.
Mantinée II se mire dans l'année de la défaite 1940. De Gaulle surgit alors le 18 Juin, anniversaire de Waterloo, mais germe de la résurrection. D'autre part, en 200, les Gaulois de l'Italie se soulèvent contre Rome. L'ombre d'Hannibal se profilait dans les coulisses... Ils furent écrasés en 190.

Des dates nouvelles surgissent : 1945, destruction de l'Allemagne nazie et 1955, conflit de Chypre. Mais l'important est 1945, où flambe le feu atomique.

Essayons maintenant d'appliquer le télescope du cycle pyramidal à l'avenir. Les chutes de Carthage et de Corinthe retentirent en 146 avant Jésus Christ. Cela nous transporte en 1999, où certains veulent voir la fin des temps, mais qui contient de terribles odyssées, et probablement une Initiation majeure, donnée par le Comte de Saint Germain à un mage prédestiné.

Une autre date a vu l'écroulement de deux grandes villes : Numance, prise par Scipion Émilien, et Jérusalem, prise par Antiochus VII, en –133. Ce qui donne comme date : 2012. Le même Antiochus fut battu et tué par le Parthe Phraate, en –129, ce qui donne : 2016 (valeur secrète exacte de 63).
Cette année continue terriblement 2015, comme la Tour foudroyée succède au diable (voir les Tarots dans La Trinosophie de l'Étoile Polaire de François Brousse). Ces deux dates sonneront sans doute le glas de l'humanité. Il n'est tout de même pas exclu qu'une intervention providentielle recule l'échéance fatale. Et de toutes manières, la destruction d'une humanité n'empêchera pas la naissance d'une nouvelle race pénétrée de lumière éternelle.

Revue BMP N°3 – août 1983
éd. La Licorne Ailée

lundi 20 avril 2009

La précession des équinoxes



Pour les grandes ères mondiales, il faut remonter à Platon, aux Babyloniens et aux Égyptiens. On constate l'opposition entre l'année platonicienne babylonienne et l'année pyramidale. L'année platonicienne babylonienne connue depuis fort longtemps, englobe 25 920 ans divisés en douze mois cosmiques dont chacun mesure 2160 ans. Quant à l'année pyramidale, que j'ai eu le plaisir de découvrir, elle comprend 25 749 ans, ce qui coïncide étrangement avec les dernières estimations faites par les astronomes officiels qui donnent à la précession des équinoxes une durée de 25 750 ans avec une erreur possible d'une année. Je veux bien accepter leur nombre 25 750, en faisant remarquer que lorsque je l'avais dit, il y a une vingtaine d'années de cela, les savants officiels déclaraient que la période durait 25 788 ans. J'étais donc en avance sur leurs supputations. Cela ne m'impressionne pas beaucoup, mais cela devrait les impressionner. Quant à moi, je sais que la science officielle subit des variations et qu'environ tous les vingt ans, elle change de base. Il se peut pourtant que ces calculs subsistent très longtemps. Nous avons donc un mois cosmique de 2145 ans.

Comment suis je arrivé à cet étonnant résultat ?

Par la découverte du fameux nombre mystérieux qui se trouve à l'intérieur de la Grande Pyramide : 286,1. Ce nombre a été découvert par Davidson et les livres de Barbarin l'ont rendu populaire. Or, Georges Barbarin dit textuellement dans « L’énigme du Grand Sphinx » que « ce nombre 286,1 est incompréhensible et qu'il ne sera dévoilé que par le messager qui viendra de l'Occident. » C'est pourquoi je vous le dévoile suivant les termes mêmes de la prophétie. Le nombre marque, tout simplement, comme je l'ai expliqué, la période où les géants de l'esprit apparaissent. Si l'on multiplie ce nombre 286,1 par 90 (un des nombres secrets de l'antique Égypte) nous aboutissons exactement à 25 749. Constatons d'ailleurs que 286,1 est l'anagramme parfait du carré du nombre d'or (2,618). C'est aussi le rappel des gopis de Krishna au nombre de 16 218.

Cela dit, examinons la nature de ces périodes. À quoi servent elles ? N'oublions pas que les nombres, les étoiles et le mouvement de la précession des équinoxes gouvernent la marche des peuples.

Chaque mois cosmique, dominé par une constellation particulière, apporte un chef, un peuple dirigeant et une religion nouvelle. Voilà pourquoi tous ceux qui prétendent qu'une religion, quelle qu'elle soit, est éternelle, se trompent. Il n'y a pas de religion éternelle. Les religions durent environ 2145 ans, puis disparaissent. Elles ont une naissance, un développement, une vieillesse, un déclin et une mort. Elles sont dominées par un grand prophète, peut être deux. Les textes de l'Apocalypse le disent, qui parlent de vingt quatre vieillards, ce qui correspond à deux prophètes par mois zodiacal cosmique. Si nous sommes sortis de l'Âge des Poissons et entrés dans l'Âge du Verseau, cela détermine deux choses :

La première nous montre que le Christianisme est une croyance dépassée, donc tous ceux qui veulent absolument faire de Jésus-Christ le centre même du cosmos se trompent de période. Ils sont en retard de nombreux siècles.

Deuxième point de vue, qui nous parait aussi intéressant : il faudrait changer toute la structure de notre astrologie.

Déjà Morin de Villefranche, astrologue de Louis XIV s'était aperçu dans ses travaux, d'une incohérence astrologique, les calculs sonnaient faux. Effectivement, il était encore dans la période des Poissons, or l'astrologie traditionnelle fait partir ses supputations du 0° du Bélier. Mais le Bélier est antérieur aux Poissons ! Et comme Morin de Villefranche et ses contemporains se trouvaient dans l'Ere des Poissons, il aurait fallu commencer au 0° de ce signe. Par conséquent, si nous sommes entrés, depuis la fin du XVIIIème siècle dans l'ère du Verseau, il faut commencer au 0° du signe du Verseau. Autrement dit, il conviendrait de décaler de deux signes, le thème natal, l'ascendant et le milieu du ciel. De cette manière s'installerait un rapport beaucoup plus profond, beaucoup plus puissant et beaucoup plus juste entre le ciel, les événements mondiaux et même, les événements individuels.

(...)

Revenons maintenant à l'entrée du monde dans le signe du Verseau. À quel moment faut il la placer ?
Plusieurs théories se disputent à ce propos. La première prétend qu'on n'atteindra le signe du Verseau qu'en 2715. Cette théorie s'appuie sur le mouvement des constellations. Or j'affirme que la précession des équinoxes n'est pas le mouvement des constellations, mais bien le mouvement en forme de toupie, le mouvement giratoire de l'axe des pôles. Ce mouvement est continu et il ignore les irrégularités où se complaisent tous les calculateurs des constellations. Comme il parait impossible d'avoir une balise nette pour déterminer le début de l'Ere du Verseau, il convient de s'appuyer sur les événements mondiaux, les grands événements qui se sont déroulés sur la terre et dans le ciel. Or, en 1781 on remarque d'importantes métamorphoses.

Premier événement : par la bataille de Yorktown, les Américains conquièrent leur liberté. L'Amérique a rejeté l'Angleterre et s'est constituée en nation indépendante, devenue graduellement la plus puissante du monde. Cette date est donc singulièrement importante dans l'évolution de la Terre.

La deuxième transformation éclate dans la Révolution Française qui a réussi une synthèse formidable de la liberté puisée aux Grecs, de l'égalité puisée aux Romains et de la fraternité puisée aux Hindous. Cette merveilleuse trinité, encore une, nous prouve que nous sommes entrés dans une ère nouvelle.

J'ajoute qu'il y eut dans le ciel, toujours en 1781, un signe éclatant et irrécusable : la découverte par John Herschel d'une nouvelle planète : Uranus. Or depuis des centaines d'années, depuis des milliers d'années, depuis peut-être des dizaines de milliers d'années, on ne connaissait que sept planètes, et voici que l'on en découvre une huitième, et il se trouve que cette huitième planète, est comme par hasard, Uranus, maîtresse du signe du Verseau. Devant une pareille accumulation de coïncidences, je prétends que logiquement et intuitivement, nous sommes entrés dans le signe du Verseau à la fin du XVIIIème siècle. Et je pense que tous ceux qui contestent cette vision cosmologique sont aveuglés par les préjugés qui seront tôt ou tard déchirés comme des voiles ténébreux. La même année 1781 vit la publication des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, prophète de la révolution, et d'Emmanuel Kant : La critique de la raison pure, qui donnait une base nouvelle à la métaphysique humaine.

Mais un autre détail important s'ajoute à cette démonstration : c'est l'histoire de Jésus. Ce prophète du signe des Poissons a été adoré ou vilipendé. Il a été adoré : les Chrétiens le considéraient comme le fils unique de Dieu ; certains gnostiques voyaient en lui un homme adopté par la divinité suprême. Voltaire dira plus tard : « un juste agréable à Dieu ». Jésus a été vilipendé : Le Livre des Trois Imposteurs, célèbre au même siècle, nous déclare que trois menteurs ont trompé l'humanité. Le premier s'appelle Moïse, le deuxième s'appelle Jésus, le troisième s'appelle Mahomet. Ce livre d'une audace rare est probablement dû à la plume du philosophe Averroès.

Quoi qu'il en soit, Jésus a été considéré soit comme le fils unique de Dieu, soit comme un prophète, soit comme un imposteur, mais il fallut arriver à la fin du XVIIIème siècle pour le supposer d'ordre mythique et non charnel, c'est à dire comme un personnage légendaire qui n'a jamais existé. Je ne vous dis pas qu'il l'est, je pense au contraire qu'il a physiquement existé. Mais cette négation de l'historicité d'un Messie marque la fin de son règne. Précisément le livre de Volnay sur Les Ruines qui date de 1791 et qui sortit dans l'aura flamboyante de la Révolution, jette un doute sur la réalité tangible de Jésus. L'idée sera reprise avec encore plus de force par Dupuis dans son ouvrage paru en 1795 sur L'origine de tous les cultes. Une nombreuse lignée d'historiens a soutenu les mêmes thèses, notamment J.P Couchaud dans son livre Jésus, le Dieu fait homme.

Une ère commence-t'elle au moment même où naît un prophète ? C'est exactement l'erreur commise par une multitude de commentateurs. En réalité, existe toujours une période de préparation. Elle peut être de trois ou quatre siècles. Nietzsche avait déclaré, avec sa brutalité prophétique habituelle, que le christianisme était du platonisme pour esprits sous-développés. Il touchait là une vérité profonde. L'authentique précurseur de Jésus c'est Platon. On rencontre dans Platon tout le christianisme et autre chose de plus vaste.

On trouve l'idée d'un Moi éternel, indestructible, transcendantal, qui est le propre de l'humanité, et qui survit après la mort de l'homme.

Platon nous expose également l'idée d'une trinité composée de la Beauté, de la Vérité et du Bien. Le Beau, le Vrai, le Bien seraient d'après Platon, les trois visages de l'Être absolu.

Il enseigne aussi l'existence de châtiments et de récompenses après la mort.

Nous trouvons encore dans Platon l'idée que chaque homme est accompagné d'un esprit invisible qu'il appelait lui, Daïmon et que les Chrétiens ont baptisé Ange Gardien.

Il proclamait une âme du monde, intermédiaire entre l'humanité et la divinité. Elle est devenue plus ou moins chez les Chrétiens, la Mère de Dieu, Marie, la Sainte Vierge, avec évidemment une décadence fantastique. Subsistaient tout de même des reflets platoniciens. La différence entre Platon et le christianisme, c'est que le grand philosophe enseignait la transmigration des âmes allant d'un corps à l'autre jusqu'à la libération suprême. Les âmes peuvent s'incarner parmi les animaux comme parmi les êtres humains, et elles n'arriveront à travers ces transmigrations à se libérer que lorsqu'elles deviendront les contemplatrices des Idées éternelles. La vision des Idées éternelles, les égalera aux dieux et les fera rentrer dans l'Eternité et la Perfection qui sont l'essence des idées divines.

Les Chrétiens remplacèrent la transmigration des âmes par la superstition de l'enfer éternel, cauchemar hideux et lamentable absurdité qui fait de Dieu le grand bourreau souriant de l'intemporel. Or, Platon a vécu entre 429 et 347, ce qui nous transporte, à travers la rotation du cycle pyramidal comprenant 2145 ans, dans une période qui va environ de 1716 à 1798. Nous serions alors entrés dans l'Ere, du Verseau. Constatation extrêmement importante !

Si nous sommes entrés dans l'Ere du Verseau, c'en est fini des espoirs de l'arrivée de Jésus, à travers les nuages, sur un trône, dans une flamboyante parousie. "Il viendra dans les nuées", disent les Évangiles, "pour séparer les boucs des brebis". Nous voguons en pleine mythologie. Elle peut être interprétée sous l'angle incontestable du symbolisme, mais il serait aberrant de la prendre à la lettre. La datation de l'entrée du Soleil dans le signe du Verseau est d'une mathématique parfaite. À partir de là, nous allons examiner une série de cycles historiques. Je vous ferai grâce de leur totalité, mais j'en signalerai tout de même quelques uns en rapport avec les nombres et les planètes.

Nous commencerons par le grand cycle de 25 749 ans, qui d'ailleurs se mélange très curieusement à un cycle de 24 000 années. Ce cycle de 24 000 était connu, mais il a été redécouvert par le sage hindou Yukteswar, dans son livre La Science Sacrée. Il nous dit que le Soleil tourne autour d'un autre soleil et qu'il accomplit ce tour en 24 000 ans. Yukteswar appelle ce cycle la précession des équinoxes. C'est une erreur littérale, mais il existe bel et bien un autre cycle qui en réalité, si je ne me trompe, car personne n'est infaillible, est marqué par la planète soleil qui s'appelle Hercule, et qui se trouverait à 126 milliards de kilomètres de l'astre du jour. Hercule tournerait effectivement en 24 000 ans autour de notre étoile centrale. Comme de toute manière, la prééminence appartient à l'astre du jour, c'est bien Hercule qui tourne autour du Soleil, et non le Soleil qui tourne autour d'Hercule. Mais enfin, comme nous sommes dans l'espace infini, on peut toujours s'amuser à dire que l'un tourne autour de l'autre, et que par conséquent il y a un balancement entre les deux. Mettons que nous ayons affaire à un système binaire c'est à dire Soleil et Hercule, avec prééminence du Soleil. Voilà déjà deux cycles énormes, qui en quelque sorte dévoilent deux grandes périodes de l'histoire du monde : 25 749 ans et 24 000 ans. Les deux s'emmêlent, les deux s'entrecroisent et cela explique pratiquement tous les grands événements de l'humanité.

Il ne faut pas oublier qu'ils sont partagés en quatre grandes périodes : le Printemps, l'Été, l'Automne et l'Hiver du monde, correspondant à l'âge d'Or, à l'âge d'Argent, à l'âge d'Airain et à l'âge de Fer. Nous vivons actuellement dans l'âge de Fer, que les Hindous appellent aussi le Kali Yuga, et qui a commencé approximativement avec la période de Krishna, vers 3100 avant Jésus Christ. Nous assistons, en quoi il est intéressant de connaître les grands cycles, au dernier couchant de l'humanité. La civilisation actuelle touche à sa fin. Elle disparaîtra soit en se transformant, ce que j'espère, soit en étant détruite dans une effroyable catastrophe thermonucléaire, ce que je crains.

BROUSSE François, L’Astrosophie ou la science divine des étoiles
Éd. Dervy-Livres, Paris, 1989, page 10-18

L’Astrosophie ou la science divine des étoiles


Il y a en quelque sorte, depuis que l'homme contemple le monde, trois grandes dispensations qui permettent de comprendre la profondeur du gouffre constellé. On dénombre trois attitudes :

l'attitude moderne, c'est à dire l'astronomie
l'attitude antique, c'est à dire l'astrologie
et l'attitude éternelle, c'est à dire l'astrosophie.

L'attitude moderne s'occupe des mouvements planétaires et stellaires et aussi des calculs mathématiques que l'on peut tirer des lois de Newton ou des théories einsteiniennes. Tout cela est admirable et nous place dans la deuxième série dont nous parle Auguste Comte : la première des sciences, la science parfaite, d'après lui, ce sont les mathématiques ou la science des nombres ; puis au dessous, l'astronomie.

L_astrosophieMais en réalité, à côté de l'astronomie, qui s'intéresse uniquement au mouvement des étoiles et à la constitution particulière des corps célestes - ce que l'on appelle l'astrophysique - existe l'astrologie. Elle remonte très haut dans les âges. Elle subit des éclipses périodiques. Elle fut abandonnée à partir du XVIIIème siècle, mais le XXème siècle a vu sa résurrection triomphale. On assistera sans doute à une nouvelle éclipse, car aucune science ne peut affirmer qu'elle sera éternellement acceptée par les humains. L'astrologie a ceci de particulier : qu'elle se relie au point de vue psychique. Il est très difficile de la définir. On peut le faire de trois manières différentes.

La première manière serait d'affirmer, comme le disent les Mahatmas de Nilgiri, que des flots d'énergie descendent des corps célestes (étoiles et planètes) et pénètrent profondément tous les êtres, à la façon de la gravitation universelle.

La deuxième manière, qu'il existe un rapport entre le mouvement des étoiles et les mouvements qui se produisent à l'intérieur de notre esprit, ou de notre conscient, ou de notre subconscient.

La troisième manière, assez difficile à expliquer, car ceux qui la soutiennent n'ont pas l'esprit très clair, prétend que la psychanalyse est mêlée aux étoiles, et que les étoiles sont mêlées à la psychanalyse, ce qui à vrai dire n'est qu'un amas de conceptions confuses. À moins peut être d'admettre que l'âme est le reflet de l'infini, et à ce moment-là, nous retombons, si j'ose dire, dans la première manière de voir l'astrologie.

Quoi qu'il en soit, l'astrologie est essentiellement basée sur le monde psychique, mais se dresse au delà l'astrosophie, ce qui veut dire « la sagesse des étoiles. » L'astrosophie est fondée, elle, sur le point de vue spirituel. Elle monte, non plus jusqu'à l'âme, mais elle grimpe hardiment comme une chèvre gravit l'Olympe, jusqu'au palais des esprits.

Le terme « astrosophie » semble avoir été inventé par un certain Francis Rolt Wheeler, que l'on peut considérer comme un grand initié. Il faisait d'ailleurs partie des douze conseillers secrets de la papauté. J'ai eu avec lui une très longue relation épistolaire. Il est maintenant disparu, mais il a laissé une série de livres et une revue, des centaines de numéros au moins, qui s'appelle « L’astrosophie. » Elle était la voix de l'Institut Astrologique de Carthage qu'il avait fondé. Egalement, il joua un grand rôle secret, non pas dans le déroulement de la guerre, mais dans certains événements représentatifs, notamment à propos de Montségur. Il tenta évidemment de sonder les mystères de ce « Mont du Soleil », qui est en même temps le mont de la solennité et de la sécurité universelle, le « roc » dont parlent les Évangiles.

L'astrosophie, sous l'angle essentiel, est bien la sagesse des astres. Elle se compose de plusieurs aspects que je vais résumer en trois figures.

Le premier aspect, est la datation parfaitement précise des grandes ères mondiales. Depuis deux siècles environ, on se bat avec énergie pour savoir à quel moment le soleil est entré dans le signe du Verseau. La réponse de l'astrosophie est très précise, et s'appuie sur des constatations irréfutables que je développerai plus loin.

Les rapports entre les ères astrologiques, les ères numérologiques, les tarots et les planètes, font partie également de l'astrosophie.

Enfin, je vous parlerai de l'arrivée des archanges planétaires et aussi des grandes odyssées de l'âme, avant et après la mort. Toutes ces aventures font encore partie de l'astrosophie.

BROUSSE François, L’Astrosophie ou la science divine des étoiles
Éd. Dervy-Livres, Paris, 1989, page 7-10