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dimanche 13 janvier 2013

LA TOUR


LA TOUR

Sur la tour aux corneilles
Dansent les mers vermeilles

Leurs profonds souvenirs
Évoquent les menhirs

L’ouragan qui frissonne,
Est il une personne ?

Les géants aux trois yeux
Sont les sommets joyeux,

Ils méditent ensemble
Sous les feuilles du tremble.

Les volcans grenadins
S’éveilleront soudain

Et les antiques sages
Gronderont leurs messages...

11 octobre 1994

BROUSSE François, L’Idéale Métamorphose
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, p. 91

samedi 15 décembre 2012

L’AZUR



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L’AZUR

Ils font de leurs os
Le cœur du chaos
Et ne savent pas
Sonder le trépas,

La forêt se rouille
Lorsque les grenouilles
Filent leurs quenouilles.

Parmi les roseaux
J’ouvre les réseaux
Du gouffre exultant
Dans l’espace-temps.

Le beau stratagème
Vers la nuit que j’aime
M’apporte une gemme,

Je vais me plonger
Sous les orangers
Dans l’azur léger
D’un astre étranger...

5 juin 1995



BROUSSE François, Le Pas des songes,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 42

jeudi 13 décembre 2012

COLOMBELLES


COLOMBELLES

Elles proviennent du ciel pur
Comme de blanches colombelles,
Comme les perles de l’azur,
Elles proviennent du ciel pur.

L’aurore filtre dans leurs ailes,
Un diamant à l’éclat dur
Fait étinceler leurs prunelles.
Ô merveille des coccinelles
L’ombre des étoiles se mêle
À leurs cheveux de raisins mûrs.
Le vermillon d’un élan sûr
Réveille un teint de pimprenelle.
Ces fantastiques Isabelle
Nous embrassons leur ciel si pur,
Comme de rouges colombelles.

27 septembre 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 197

 

lundi 10 décembre 2012

DELPHINE

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DELPHINE

Les rossignols surpris cessèrent leur romance

Quand Delphine aux yeux pers se leva pour danser

Les étoiles s’arrêtèrent dans l’ombre immense

Et l’espace ébloui n’osa plus respirer.

Car l’art humain contient plus que l’éternité.

16 septembre 1989

 

BROUSSE François, La Rosée des constellations

Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, p.116

jeudi 6 décembre 2012

PROTESTATION

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PROTESTATION

Envolons nous, envolons nous !
Les réalistes forcenés
Veulent fermer les noirs verrous
Sur nos élans illuminés !

Nous sommes les soleils renés
Dans l’azur aux brûlants remous
Tous les séraphins étonnés
Viennent embrasser nos genoux.

Montons, montons, montons encore
Dans l’amour qui chante l’aurore
L’immesurable veut éclore !

Nos grandes ailes immortelles
Percées de millions de prunelles
Laissent une âme derrière elles.

Chevauchons le dragon mystique
Dans les cyclones fantastiques
Des rosaces métaphysiques.

 


BROUSSE François – Vers l’Ailleurs - Anthologie Poétique
Ed. La Licorne Ailée, Clamart, 2005

 

vendredi 30 novembre 2012

RETRAITE

 

RETRAITE

Je serais une âme discrète
Dans une montagne secrète
Jusqu’à ce que le grand milan
M’emporte au coeur du firmament.

Laissons la Terre épouvantable
Se vautrer sous l’immonde table
Ô poésie, ô saint Amour,
Toi seule boit l’éternel jour.

Les Avatars et les Prophètes
Illuminent nos sombres faîtes
Montons, dans l’immortel moment,
A l’ultime ravissement !

3 juillet 1988

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, p. 86

 

lundi 26 novembre 2012

ICLÉA

 

 

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 ICLÉA

Intenses clairs de lune aux bleuités de perle,
Soleils couchants irradiés de sang et d’or,
Et vous qui souriez sur la mer qui déferle
Astres silencieux du rêve et de la mort,

Non, jamais cœurs humains envolés de la Terre,
Ne battirent si fort devant votre mystère ;
Jamais, au fond des bois, rossignol plus exquis
Ne chanta Salomon amoureux de Balkis ;
Et jamais l’éternel Amour, père des mondes,
N’emporta deux esprits en des nuits si profondes !



BROUSSE François,
Au Royaume des oiseaux et des licornes

Imprimerie Labau, Perpignan, 1982, p. 7


LE SONDEUR

 

LE SONDEUR

Mon livre est un escalier

Mon escalier est un livre

À Dieu je suis relié

Mourir c’est toujours revivre.

 

Comme s’efface le givre

Au soleil humilié

Par de nombreux colliers

La suprématie m’enivre.

 

Je creuse mon avenir

Dans l’éternel devenir

Pour la splendeur innombrable.

 

J’ai ouvert la profondeur

Moi, l’infaillible sondeur

De la gloire impénétrable.

 

7 mars1994

BROUSSE François, Rencontre avec l’Être

Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 282

 

samedi 24 novembre 2012

LA TOUR

 


1995_07_RENCONTRE_AVEC_L_ETRE_face.jpgLA TOUR

L’inconstant Valéry
Continue son étude,
L’éternité sourit
De telle inquiétude.

Poète, tu créas
C’est tout ce que demande
Le sombre lauréat
Que la tragédie scande.

Un vers plein de frissons
Couronne l’apostrophe
Le superbe échanson
Verse le feu des strophes.

Ton nom sera cité
Par les fils du langage
Dans la haute cité
Du mystique et du sage.

Le tragique séjour
De la pesante Terre
Vient sur la haute tour
Consacrer le mystère.

10 avril 1994

 

BROUSSE F., Rencontre avec l’Être
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 341

mercredi 14 novembre 2012

AUTRE CITÉ


AUTRE CITÉ
 

Le puissant chevalier,

Qui chasse les démons,

Est le meilleur allié

Du mage Salomon ;


Il choisit pour collier

Les glauques goémons,

Son destin est lié

À la splendeur des monts.
 

Il porte une massue

Qui trace les issues

Par où l’homme se hausse,
 

Son âpre volonté,

Comme l’aigle véloce

Construit l’Autre Cité.
 

12 août 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 211

 

samedi 10 novembre 2012

SI


Si vous avez un coeur, offrez le tendrement
À votre bien aimée qu'environne l'aurore.
Elle est comme une source à l'eau fraîche et sonore
Où se reflète la clarté du firmament.

Si vous avez une âme offrez la comme un rêve
De paradis dans la lumière de l'éveil.
Elle respirera cette fleur de soleil
Dont jamais l'exaltant souvenir ne s'achève.

Si vous avez un esprit fier, offrez le Lui
Car son aspiration va plus haut que l'espace.
Que l'univers s'effondre ou que le ciel trépasse
N'importe sur nos fronts l'inconcevable a lui !

22 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 101

vendredi 9 novembre 2012

DÉMESURE

 

DÉMESURE

 

Explorateurs, découvrez vous !

Devant Dieu tombez à genoux !

Car c’est Lui qui crée toute chose

Au coeur du chêne et de la rose.

 

Son sourire ironiquement

Ouvre l’impossible roman

Il nous offre mille problèmes

Et de ses réponses parsème

 

Le ciel étoilé du futur.

Il cueille pour nous des grains mûrs

Et de sa main vertigineuse

Il nous lègue la flamme heureuse

 

Nous passerons l’éternité

À contempler l’infinité !

Millions de fauves étincelles

Notre âme devant nous chancelle.

 

Mais nos ailes bravent l’élan

Des manuscrits étincelants.

Nous sommes les enfants du Maître

Sa démesure nous pénètre.

 

5 octobre 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête,

Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 329

 

jeudi 8 novembre 2012

L’OISEAU DE L’ÂME ET L’OISEAU DU SOLEIL


L’OISEAU DE L’ÂME ET L’OISEAU DU SOLEIL


L’oiseau de l’Âme et l’oiseau du Soleil

Se sont posés sur des branches lointaines,

L’un a le bleu nacré d’une fontaine,

L’autre flamboie comme un foyer vermeil.


Un grand désert plein de tigres moqueurs

Et de serpents ailés comme la foudre,

Un grand désert où tout vient se dissoudre

Semble un obstacle aux élans de leurs cœurs.


Mais, déployant leurs fastueux éveils,

Perçant la sombre illusion du monde,

Ils vont s’unir dans la lune profonde,

L’oiseau de l’âme et l’oiseau du soleil.

 

02 mars 1950

BROUSSE François, Au royaume des oiseaux et des licornes,

Imprimerie Labau, Perpignan, 1982, p. 29


dimanche 4 novembre 2012

LA FENTE


LA FENTE

Lorsque la nuit s’épanche
On dirait que Dieu penche
Son visage vers nous
La gloire se renoue.

Quand la lumière tombe
Il semble que la tombe
Ouvre son esprit pur
Dans l’impalpable azur.

Au furtif crépuscule
Le fantasme recule
Une suavité
Remplit l’immensité.

Toujours par une fente
La rose triomphante
Darde son tambourin
Dans le Soleil serein.

12 avril 1994

BROUSSE F., Rencontre avec l’Être, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 345

jeudi 16 août 2012

VEUX TU ?


VEUX TU ?

Veux tu, douce Fée, dont le sein frémit,
M'attendre ce soir quand le ciel ami
Aura, d'un baiser scintillant et noir,
Transformé la Ville en pensif manoir ?

Nous écouterons la divine plainte
Dont le rossignol rythmera les brises
Et les astres, sur les eaux qu'ils irisent,
Epanouiront leur corolle sainte.

L'air mystérieux et vierge des branches
Ploiera tes cheveux, gonflera tes manches

Les étoiles d'or du ciel de velours
Béniront nos coeurs éperdus d'amour.

Viens, déjà le Soir trop ardent décline,
Entends tu gémir l'Ombre cristalline ?

BROUSSE François, Voltiges et vertiges,
dans Œuvres poétiques – Tome 2, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, p. 61

 

 

mercredi 15 août 2012

ÉVASION


ÉVASION

Je me souviens de nos amours
Comme d'un palais enchanté
Le paradoxe des contours
S'illumine d'éternité.

Mes ailes battent pour toujours
Dans une rouge intensité.

Tout s'efface et tout recommence
L'illusoire est le seul pastel,
Connaissance n'est que démence
J'adore le supra réel.

L’abîme éperdument se creuse
Comme une vallée ténébreuse
Qui n’a jamais de conclusion,

Le mage approfondit sans cesse
La transcendance des sagesses
Dans l’irrémissible évasion.

18 août 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 221

mardi 17 juillet 2012

PROFONDEUR ET HAUTEUR

 

PROFONDEUR ET HAUTEUR

Les sauvages secrets de l'antique Solyme
Tombent sur mon front pur, comme l'ombre des cimes
La voix de l'âme emplit l'éther :
Une planète Hercule engloutit Jupiter.

Plongeons au fond des mers pour y cueillir la Perle 
L'écume des passions sur mes récifs déferle, 
Mais – ô fontaine Baranton ! – 
Je bois voluptueusement ta magique chanson !

Montons, montons toujours ! La lumière dévore
Ce qui n'a pas l'éclat triomphal de l'aurore.
Sur la harpe pâle des fées
Se couchent les soupirs de la Tête d'Orphée...

J'entends dans les forêts un murmure d'abeille
Le vent de l'infini me bouscule et m'éveille
Je me dresse au bord de la nuit
Le regard de l'amour en ton oeil sombre a lui !

3 septembre 1988

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 94

 

vendredi 15 juin 2012

STATUETTE


STATUETTE

Petite statue d'or tu restes dans mon coeur
Et tu y resteras jusqu'à la fin des mondes,
Nos âmes sont unies par des flammes profondes,
L'amour, force de Dieu, est l'éternel vainqueur.

Deux coeurs qui s'aiment sont toujours l'un près de l'autre
La distance n'est pas, le temps n'existe plus,
Du sourire de Dieu nous sommes les élus,
Archange Amour, de toi nous devenons apôtres.

Le vent a beau gémir son pleur désespéré,
Le haut de mon esprit chante l'être adoré,
Mon attachement comme un mont jamais ne baisse.

Demeure de mes vœux toujours la dame abbesse.
Comme deux blancs oiseaux dans le bleu de l'été,
Nous nous envolerons vers les éternités.

22 mars 1990

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, p. 208

mardi 8 mai 2012

DÉVOUEMENT

 

DÉVOUEMENT

 

Le regard absolu

Veille sur notre essaim,

Nous sommes les élus

De l'immortel tocsin.

 

Un être sans visage

Entre dans la maison,

Vient il du fond des âges ?

Que nous dit son blason ?

 

La légende l'ignore,

On entend l'olifant

Hurler pour les infants

Sa complainte ignivore.

 

L'inconnu s'est levé !

Comme un joyeux colosse,

La clarté le revêt

Dans son rire véloce.

 

Les ailes de l'Esprit

Ouvriront nos fenêtres

Quand l'homme aura compris

Le dévouement des Maîtres.

 

14 juillet 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête,

Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p.120

 

dimanche 6 mai 2012

LE BAISER

 

LE BAISER

 

Quand les divins coursiers, dont l'or est la crinière,

Courbent les flots vermeils sous leurs ardents sabots,

S'engouffrent lentement, ainsi que des flambeaux,

En creusant dans la mer leur flamboyante ornière,

 

Quand le char du soleil, sous la vague entraînée,

Laisse un faible reflet parmi le ciel immense,

Lorsque du rossignol la céleste romance

S'évanouit dans l'ombre où Vénus pâle naît,

 

On aperçoit parfois la Lune svelte et rose

Par les derniers rayons du jour évaporé,

Fleur de la Nuit penchant vers l'horizon doré,

Qui, sur les corps sanglants des nuages, repose...

 

De même rougissait d'amour et de pudeur

Une charmante vierge, au bord du lit assise,

Car son jeune amoureux, dérangeant sa chemise,

Avait mis sur l'épaule un baiser plein d'ardeur

 

Et, comme pour chercher la chaleur des caresses,

Elle applique sa joue à l'épaule et frémit

Et son visage heureux sourit à son ami

Qui lui baise, charmé, ses ondoyantes tresses...

 

Amour, fleur éternelle et jour mystérieux,

Chaîne d'or et d'extase embrassant notre globe,

Jeune dieu du matin, ardent époux de l'Aube,

C'est toi qui règnes seul dans la terre et les cieux

 

BROUSSE François, Fantaisies

Éd La Licorne Ailée, Clamart, 2000, p. 63

 

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