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vendredi 31 octobre 2014

LE MENSONGE


LE MENSONGE

Je crois que le mensonge
Est la base de l’être,
Notre gloire se plonge
Dans ce terrible maître.

L’alphabet, de ses lettres,
S’emplit comme une éponge.
Le fantastique ancêtre
Tel un puma nous ronge.

Mon pas léger et sûr
Pénètre l’ample Assur
Je feuillette ses livres

Je porte sa livrée.
De l’erreur emmurée
L’irréel nous délivre.

10 mai 1993

François Brousse, Les Miroitements de l’infini
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1994, page 346

dimanche 26 octobre 2014

SOLITUDE


SOLITUDE

Le vent souffle l’épouvante
Une cruauté savante
Torture le sombre jeu.

Les espérances s’effondrent
Ma cuirasse est hypocondre
Une extravagance pleut.

La témérité recule
L’aube devient crépuscule
La cosmologie s’émeut.

Le pur diamant s’altère
Je savoure, solitaire,
L’indifférence de Dieu.

4 septembre 1992

François Brousse, Le Frisson de l’aurore
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, page 113

DERNIERE FEUILLE


DERNIERE FEUILLE

Au poète MILLEVOYE
« LA MÉLANCOLIE, C’EST LE BONHEUR D’ÊTRE TRISTE » (VICTOR HUGO)

La dernière feuille automnale
A signalé son dernier jour
Nulle amante, fiévreuse ou pâle,
Ne vient visiter son séjour.

L’hiver aux tragiques rafales
Chasse, avec le soupir du râle,
Les plus triomphantes amours...
La rose effeuille ses pétales
Le passé n’a plus de retour.

La mélopée de la cigale
Pleure sa fuite sans atours
La solitude vespérale
L’entoure de son manteau lourd.

Une mélancolie claustrale
Du poète des alentours
Fut l’unique plainte aurorale
Qui fit vibrer sur son tambour
La résurrection de l’amour.

21 décembre 1992

François Brousse, Le Frisson de l’aurore
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, page 385

vendredi 24 octobre 2014

J’AIME


J’AIME

J’aime l’aube hautaine
Sur le monde ébloui,
Et la lune incertaine,
Cierge furtif des nuits,
Et le midi qui traîne
Sa robe au fond des puits.
J’aime l’aube hautaine
Sur mon rêve ébloui.

10 juillet 1989

François BROUSSE , La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 70

ROSSIGNOL AMI


ROSSIGNOL AMI

Un vent tiède frémit
Sur les tendres pelouses,
Un rossignol ami
Appelle son épouse.
Le bois s’est endormi.
Voici l’ombre jalouse...
Le rossignol ami
Appelle son épouse.

4 juillet 1991

François BROUSSE , Les Transfigurations
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 101

mardi 14 octobre 2014

ASPIRATION


ASPIRATION

Celle qu’on aime est toujours reine
De la lumière et de la joie
Son sourire a pour longue traîne
Une chaste robe de soie

À travers les pâles brouillards
Je vais sonnant de la trompette
L’écho des magismes répète
La complainte des corbillards

Les rocs plus sacrés que la vie
Rêvent au monde flamboyant
Qui sur les planètes ravies
Se dépliaient en ondoyant.

Les parfums rares qu’on admire
Se déploient dans le parchemin.
L’ombre d’un sénateur romain
Répand les douceurs de la myrrhe.
L’amour est le lot où J’aspire.

5 août 1993
François BROUSSE

L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 189


lundi 18 août 2014

SAGESSE OU ADORATION


SAGESSE OU ADORATION

La nuit est pleine de sagesse,
La lumière d’oiseaux de feu.
Que le dôme soit noir ou bleu
La nuit est pleine de sagesse.

De chaque fleur goûtons un peu
Pour humer la totale ivresse.
J’aime une fée enchanteresse.
La femme flamme nous caresse...
Comme le ciel mon vin est bleu.
J’emplis le pôle et le milieu
De mon ineffable tendresse.
La fleur des étoiles s’empresse
À satisfaire tout mon coeur,
La passion de l’aube m’agresse
En voluptueuse tigresse.
La nuit est pleine de sagesse
Mais la lumière adore Dieu

7 novembre 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 160

dimanche 17 août 2014

VELLEDA


VELLEDA

Ô flamme intense de l’amour,
Étincelle de l’âme immense,
J’écoute ta tendre romance,
Ô flamme intense de l’amour

De l’infini je fais le tour
Quand je contemple ta clémence
En toi l’univers recommence
Je monte sur la haute tour
Pour annoncer le point du jour
Qui d’étoiles nous ensemence.
Fontaine, braise, transhumance,
Je t’aime, ô reine de l’amour
Saphir condensant l’âme immense

27 décembre 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations,
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 192

samedi 16 août 2014

IDÉES


IDÉES

Je me débats
Dans les combats
De l’insondé,
Brûlant d’idées
Je joue aux dés
Avec les astres,
Mon feu s’encastre
Sur les autels
De l’Immortel,
Son noir sourire
Emplit ma lyre
Dans le désert.
L’éclat sinistre
Est le ministre
D’un ciel amer,
Je clos l’hiver !
Dans les aether
La poésie
Est mon amie...

6 décembre 1994

BROUSSE François, Le Refrain de l’absolu
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 45

vendredi 15 août 2014

RÉCITATION


Si le doute me séduit
Si la douleur m'envahit
Je me récite des vers,

Si le cosmos me trahit,
Si je me perds dans les puits
Je me récite des vers.

Si le Vrai en vain reluit,
Si la renommée me fuit
Comme un grillon dans la nuit,
Je me récite des vers.

La récitation des vers
Est mon immuable appui.
Tous les chemins sont ouverts
Quand on récite des vers

Dans les astres je m'enfuis ;
L'endroit caresse l'envers
Quand je récite des vers !

9 novembre 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 423

mercredi 6 août 2014

SI


Si vous avez un coeur, offrez le tendrement
À votre bien aimée qu'environne l'aurore.
Elle est comme une source à l'eau fraîche et sonore
Où se reflète la clarté du firmament.

Si vous avez une âme offrez la comme un rêve
De paradis dans la lumière de l'éveil.
Elle respirera cette fleur de soleil
Dont jamais l'exaltant souvenir ne s'achève.

Si vous avez un esprit fier, offrez le Lui
Car son aspiration va plus haut que l'espace.
Que l'univers s'effondre ou que le ciel trépasse
N'importe sur nos fronts l'inconcevable a lui !

22 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 101

dimanche 3 août 2014

LES PAS

LES PAS

D’innombrables sectes
Comme des insectes
Emplissent les joncs
Des tristes donjons.

Libère ton âme
De ce joug infâme !
Les noirs dictateurs
De leurs cris menteurs

Subjuguent les monts
D’un vol de démons.
Dénonce leurs chaînes
Aux forêts prochaines

Criminels condors
Ils tuent Messidor.
Mais lève ton crâne
Là haut l’aigle plane

Le Seigneur te livre
L’ouragan des livres.
Ils t’apporteront
Les hautains clairons.

Déclarons la guerre
Aux tours de naguère
Mets tes pas en feu
Dans les pas de Dieu.

13 décembre 1993

BROUSSE François, Rencontre avec l’Être
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, p. 92

mardi 27 mai 2014

L’ESPÉRANCE


L’ESPÉRANCE

L’espérance fuit comme un rêve
Mais la vie intense fleurit
Quand tout finit rien ne s’achève
L’espérance fuit comme un rêve.

Cette fleur, le vent nous l’enlève,
Le crâne du sépulcre rit .
Soit ! Le néant tombe flétri
Devant l’abondance des sèves,
Je ramasse le brûlant glaive
Le fruit de l’amour a mûri
Cueillons par le sourire d’Eve
Ce mystère qui tous nous guérit/

L’espérance a fui comme un rêve
Mais l’éternité refleurit.

9 novembre 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations,
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, p. 162

vendredi 23 mai 2014

RELIGIO


RELIGIO

Dans l’herbe fleurie du vallon
Passe l’ombre de Fénelon
Elle dit: « Christophe Colomb
« A découvert un hémisphère

« Moi, je ferai mieux encor
« À l’appel joyeux de mon cor
« S’effondrera le vieux décor
« J’apporte une nouvelle sphère.

« Devant mon défi, la nuée
« Va s’effaçant, exténuée,
« Sa muraille diminuée
« S’effrite devant le savant.

« Je suis l’universel vivant
« La magie, au rire du vent,
« Comme un athlète se levant
« Substitue tous les fléaux.

« Mon front impassible s’élève
« Je brandis l’impossible glaive
« Je suis le triomphal élève
« De la parfaite Religio ! »

28 juillet 1992

BROUSSE François, Le Frisson de l’aurore,

Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, page 52


jeudi 20 mars 2014

MATIN CRÉATEUR


MATIN CRÉATEUR

Les chants du matin créateur
Cabriolent dans l’atmosphère,
Ils s’élancent de sphère en sphère,
Les chants du matin créateur.

Nous aspirons d’amples senteurs,
Chacun retourne à ses affaires :
L’abeille au miel exaltateur,
Le rêveur à ses somnifères
Les cormorans dans les hauteurs.
Mais la vierge ne sait que faire.
L’élu serait il un menteur ?
Les fontaines que tout diffère
Mêlent leurs flots incantateurs.
Ô brebis, cherchez vos pasteurs
Les étoiles de sphère en sphère
Réveillent le chant créateur.

5 septembre 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 174

mardi 18 mars 2014

COFFRE


COFFRE

Je lève un couvercle de coffre,
Pensant y trouver un rubis.
Ô déception que je subis
Une perle géante s’offre.

Elle est un condensé de pleurs.
J’espérais l’éclair sans limite...
Le soleil qu’un rubis imite
Montre un visage ensorceleur.

Mais l’espérance me réveille,
L’Être des êtres, ô merveille
Nous tend son anneau surhumain.

Le chaton se nomme magisme.
Hésitation et scepticisme
Font tourner vainement leur prisme,

Ils n’empêcheront pas l’Hymen
Des fantastiques lendemains !

31 octobre 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, p.238


vendredi 14 mars 2014

INTROSPECTION


INTROSPECTION

Je suis pareil à la lumière,
Je suis pareil aux tristes nuits,
Le bien et le mal sans frontières
Pénètrent mes profonds ennuis.

J’aime une muse aventurière,
Mon désir vole à ce qui luit
Le paradoxe et la prière
Sur mon tambour mêlent leur bruit.

Je hante la voûte des cloîtres
Je vois la mer croître et décroître
À l’horizon de l’imprévu.

Ma solitude vous observe
Regards dévorants que Minerve
Projette vers le jamais vu.

30 mai 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, p. 68


dimanche 5 janvier 2014

LUMIÈRE


LUMIÈRE

Quelle lumière fantastique me submerge ?
Les flots de l’océan couvrent les sombres berges,
La neige abonde au fronton blanc des Pyrénées.
La jouissance emplit l’amphore des années.
Sur les fronts les plus hauts tombe souvent la foudre.
D’un saphir infini ma tiare est ornée,
Une âme déchirée veut toujours se recoudre.
Dieu vivant, quand pourrai-je en ton coeur me dissoudre ?

26 janvier 1990

BROUSSE François, La Rosée des constellations,
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, p.198

OGMIOS


OGMIOS

J’ai d’abord été les ténèbres,
Je suis maintenant la clarté,
Le calme azur illimité.
J’ai d’abord été les ténèbres.

Entendez vous ces noms célèbres
Qui remuent la haute cité ?
Ce sont les Maîtres exaltés,
Ils chassent les serpents funèbres.
Leurs yeux font flamboyer l’été
Ils soufflent la sérénité.
J’ai d’abord été les ténèbres,
Je suis l’immortelle clarté.

2 avril 1990

BROUSSE François, La Rosée des constellations,
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, p. 209

mardi 19 novembre 2013

NUIT, ARBRE OU FEMME


NUIT, ARBRE OU FEMME ?

Dans tes cheveux amers les étoiles de nacre
Sont comme un vol de colibris
Elles vont accrocher au gouffre des feuillages
Leurs symphonies et leurs couleurs.

Le réseau de tes nerfs, le réseau de tes veines
Forment l’olivier de ton corps.
Les deux yeux de la lune ont tes yeux pour prunelles
Quand tu passes au fond des soirs.

Es tu nuit ? Es tu arbre ? Es tu femme ? Es tu monstre ?
Es tu mon rêve qui descend ?
Oh ! je voudrais monter sur les chevaux fantômes
Qui s’enfuient dans l’illimité...

BROUSSE François, Les Pèlerins de la nuit
Dans Œuvres poétiques – Tome 1
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, page 239

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