Questions-Réponses

Fil des billets

lundi 7 octobre 2013

POÉSIE et MÉTAPHYSIQUE



Quel est le rôle du conte au sein de la poésie ?

Réponse :

F.B. : Le conte est rempli de rêves, d'illuminations, d'étrangetés, d'extases, d'effacements et d'évasions. Toute la poésie n'est qu'un conte. Un conte merveilleux qui nous raconte une multitude d'histoires merveilleuses de façon à ce que nous oublions tout ce que la Terre a pour nous de lourd, de terrible et de pénible. Le conte est donc essentiel. Il n'existe peut être pas un seul grand poème dans lequel il n'y ait un conte, histoire merveilleuse faite pour des enfants. Si nous ne conservons pas jusqu'à la fin de notre vie l'innocence et la pureté des enfants, nous n'arriverons jamais à l'Illumination.

Une histoire m'avait beaucoup amusé, elle est, je crois, racontée par Anatole France. Un enfant s'extasiait. Il regardait dans l'herbe une merveille qui cheminait avec toutes les couleurs de l'arc en ciel sur elle. Un passant arrive, entend les cris d'émerveillement de l'enfant, ferme le journal qu'il était en train de lire, regarde et dit : « Bah ! ce n'est qu'un scarabée ! » Or précisément, c'est l'enfant qui avait raison de trouver dans le scarabée quelque chose de merveilleux et d'unique. Il était près de la puissance divine qui, à chaque instant, crée des merveilles, sans marges et sans barrières. L'enfant est l'homme parfaitement réalisé dans le plan du conte. Tant que vous ne resterez pas des enfants vous n'arriverez pas à l'Illumination.


Qu'est ce que la poésie a de supérieur à la métaphysique ?

Réponse :

F.B. : Le véritable poète est à la fois prophète et métaphysicien. Il ne peut pas être autre chose. Alors étant philosophe, étant métaphysicien, étant artiste, il n'y a, par conséquent, rien qui s'oppose à ce que la poésie soit la première de toutes les forces, attendu qu'elle contient déjà la métaphysique. Un poète qui n'a pas de métaphysique ne peut pas exister, ce n'est pas un poète. Il sera ce que l'on voudra, mais pas un être transcendant pénétré de poésie.


Où est la métaphysique dans la poésie ?

Réponse :

F.B. : Mais partout. Lorsque, par exemple, vous êtes en train de regarder un poème et que ce poème vous donne une notion d'infini, vous touchez immédiatement à la métaphysique ; attendu que le propre de la métaphysique, c'est l'Infini. S'il vous donne une impression de renaissance vous touchez encore à la métaphysique. La métaphysique contient l'Infini, contient la Renaissance, contient l'Éternité, contient l'Absolu.

Et c'est très exactement ce que contient la poésie. Seulement, au lieu de s'adresser uniquement à l'intelligence, elle s'adresse en même temps à l'intelligence, au cœur et à la transcendance. La poésie est parfaite et ceux qui arrivent à la connaître intensément sont les grands prêtres de l'Éternité ; les autres ne sont que de petits enfants de chœur. C'est pourquoi la poésie et la métaphysique se confondent. Il n'y a jamais opposition entre les grandeurs. Quand vous pensez à Dieu, vous pensez à l'Être éternel, Il l'est ; vous pensez à l'Être infini, Il l'est ; vous pensez à l'Être parfait, Il l'est ; vous pensez à l'Être absolu, Il est tout ceci et en même temps, Il est Dieu. De la même manière, la poésie est toute la métaphysique et toute l'infinité .

(...)

Que pensez vous de la poésie surréaliste ?

Réponse :

F.B. : Elle est admirable en ce sens qu'elle est en dehors du réalisme. Mais le grand maître de la poésie surréaliste est avant tout André Breton. Cependant, il a dépassé et de beaucoup les petitesses du surréalisme. Le surréalisme, cela peut être par exemple : je pose mon pied au milieu d'une flaque d'eau et j'ai immédiatement une sensation. Cette sensation nouvelle, inattendue, ferait partie d'une poésie, d'accord. Mais si je pose mon pied au milieu d'un océan d'astres, j'ai également une autre sensation et cette sensation est peut être bien plus vaste et bien plus profonde. Le surréalisme commence un peu naïvement par le dadaïsme et il finit splendidement par la contemplation des cieux étoilés. Je crois que Breton a commencé effectivement cette évolution, il n'est pas allé jusqu'au bout, mais il n'en était pas très loin. C'est quand même un très grand poète et il aurait pu, je crois, arriver à être le poète essentiel de l'Illimité et de l'Infini.

Revue B.M.P. N°176-177 – mai-juin 1999
samedi 23 novembre 1991 , Clamart, « Entretien avec François Brousse »

dimanche 11 décembre 2011

Questions-Réponses à François Brousse



QUESTIONS À FRANÇOIS BROUSSE

Qu'est ce que l'espérance ?

F.B. : On peut la considérer comme un appât qui nous permet de survivre dans ce monde effroyable. On a toujours une espérance, que ce soit celle de réussir sur le plan professionnel ou sur le plan affectif ou sur le plan intellectuel, et surtout l'espérance de quitter la Terre et le cycle des réincarnations pour entrer dans l'Infini, l'Absolu, l'Éternité et dans la Béatitude. On a toujours une espérance et sans elle, il est pratiquement impossible de vivre.

(...)

Dans la vie occidentale, comment se débarrasser du matérialisme pour progresser spirituellement ?

F.B. : Nous avons un corps, une âme et un esprit. Le corps, c’est le tiers, l’âme l’autre tiers, et l’esprit le troisième tiers. Il faudrait par conséquent consacrer un tiers de sa vie au corps, un tiers à l’âme et un tiers à l’esprit. Le corps, c'est le travail, les relations avec les collègues et l'entourage. L'âme, c'est l'amour, le côté affectif, le désir des vibrations qui nous mettent en contact avec le cosmos. L’esprit, c’est le désir d'être uni à la divinité absolue. Ces trois choses sont en nous et notre vie doit être partagée entre ces trois besoins fondamentaux. C'est difficile, mais on y parvient.

(...)

Certains avancent que l'homme aurait une sorte de Soi cosmique installé au centre de l'univers : toutes nos incarnations seraient vécues en même temps, le temps alors n’existerait plus…

F.B. : C’est la théorie des mondes parallèles que j’ai maintes et maintes fois développée.

Revue B.M.P. N°162 – février 1998, Clamart
26 juin 1991, « Entretien avec François Brousse »

samedi 10 décembre 2011

Questions-Réponses à François Brousse



QUESTIONS À FRANÇOIS BROUSSE

Quel est le karma des grands pollueurs ?

F.B. : Je répondrai humoristiquement qu'ils seront condamnés à être de grands balayeurs, jusqu'à ce qu'ils aient dépollué tout ce qu'ils ont pollué.

(...)

Je voulais savoir ce que tu entends par transmettre ?

F.B. : Il faut transmettre la connaissance que nous avons et qui nous a été donnée par l'Illumination, et à ce moment-là – si nous sommes réellement illuminés – nous sommes capables de transmettre l'Illumination aux autres. C'est une chaîne, comment dirais-je, de flammes : une flamme allume une autre flamme et ainsi de suite, à l'infini. Et nous pouvons le faire. C'est ce qui explique les erreurs d'ailleurs de certains prophètes, lesquels déclaraient qu'au bout de dix-huit ans, le monde serait transformé parce qu'il suffisait d'avoir l'Illumination pour la transmettre à un autre qui, à son tour, la transmettra indéfiniment. Ce n'est pas toujours vrai. Il ne peut pas la transmettre indéfiniment, car il faut pour la transmettre, que l'autre soit prêt à la rencontrer ; et s’il n'est pas prêt, la transmission ne se fera jamais. Mais enfin, ce n'est déjà pas mal que certains la reçoivent. Et il y a certains êtres qui ont reçu l'Illumination : l'Illumination de Jésus comme l'Illumination de Bouddha comme l'Illumination de Saï Sathya Baba.

(...)

Peux-tu nous parler des archanges ?

F.B. : Il y a ce qu'on appelle les anges. Les anges, comme vous le savez, c'est le compagnon invisible de l'homme, c'est lui qui lui envoie des inspirations, intellectuelles essentiellement, et spirituelles. À côté de l'ange, il y a l'archée qui est le propre de l'ange personnel des grands Maîtres. L'archée, c'est l'esprit du Commencement, il reçoit des grands Maîtres, une lumière transcendante qu'il s'efforce de répandre parmi l'humanité. Au delà, il y a l'archange, l'archange est l'ange des nations. Chaque nation a un archange et cet archange veille sur cette nation depuis des temps immémoriaux. L'archange de la France, c'est, semble t il, Michaël, je veux dire l'archange solaire. C'est d'ailleurs pourquoi le mont Saint Michel a toujours été le centre essentiel de la pensée de la France. Cet archange fait que la France doit subsister à travers les âges et répandre partout le rayonnement solaire. D'autres archanges sont à l'intérieur de toutes les nations. Il n'y a pas de lutte entre les archanges et il peut y avoir des sentiments différents : l'archange de la France est fait pour répandre la liberté, l'archange de l'Angleterre serait fait pour répandre plutôt la justice. Et d'une manière générale, tous ces archanges ont un travail complémentaire, mais n'ont pas le même travail. Ils arriveront, tôt ou tard, à former un monde merveilleux sur une terre rénovée.

Et celui des États-Unis, quelle serait sa mission ?

F.B. : Il est très difficile de le savoir, mais l’archange des États-Unis est assez proche de la planète Mars, c'est-à-dire qu'il apporterait la justice à travers la guerre. C'est bien ce qu'il a fait jusqu'à présent et qu'il continue à faire jusqu'au moment où précisément, peut être aboutira t il à une promotion plus haute.

Les nations qui ont disparues, les Incas, les Atlantes, avaient-elles un archange ?

F.B. : Oui. On ne peut pas dire que les archanges disparaissent, mais ils se transforment. Les Atlantes avaient des archanges et les archanges atlantes des nations atlantes sont passés dans les nations européennes, dans les nations actuelles, à travers les nations de l'Antiquité.

(...)

Pourquoi refuses-tu de nous réconforter intérieurement ?

F.B. : Si je vous réconforte, vous entrez immédiatement dans une série d'erreurs invraisemblables. Vous devenez d'un égotisme extraordinaire. Chacun, inconsciemment, le fait. Alors je crois qu'il vaut mieux ne pas vous conforter intérieurement. Peut-être ai-je tort. Maintenant je suis persuadé que beaucoup d'expériences que vous faites sont sincères et admirables.

Revue B.M.P. N°160-161 – décembre 1997 / janvier 1998, Clamart
Samedi 26 janvier 1991 , « Entretien avec François Brousse »

mercredi 7 décembre 2011

Questions -Réponses à François Brousse



Question à François Brousse : Que devient l'ange gardien après notre mort ?

F.B. : Il reste toujours, il te suit.

Question à François Brousse : Suit-il toutes nos vies, toutes nos réincarnations ?

F.B. : Oui, d’une manière générale. Selon le livre du docteur Moody , l'ange gardien nous montre le panorama de notre vie. Il est là, lumineux, ardent. On a cru, naturellement, qu’il s’agissait de Jésus-Christ, mais je ne vois pas pourquoi on met Jésus-Christ à cette sauce ! C’est en réalité notre ange gardien. Il est là pour nous montrer très exactement tout ce que nous avons fait ; lorsque nous avons fait quelque chose de triste, il est plutôt sombre, mais lorsque nous avons fait quelque chose de bien, il est rayonnant. Il ne nous reproche rien, il nous montre simplement, de manière à ce que nous prenions conscience de toutes les fautes que nous avons commises dans cette vie. Il y en a énormément ! Il ne nous fait aucun reproche, mais il nous fait prendre conscience de nos erreurs, c’est tout ! Une fois que nous en avons pris conscience, nous espérons que dans la vie prochaine, nous ne recommencerons plus les mêmes errements et folies. Il est avant tout le gardien silencieux de notre âme. Il est toujours avec nous. Et quand nous arrivons à être angélique, lui, devient archangélique. Il est lié à nous. En quelque sorte, nous avons une étrange responsabilité. Si nous nous élevons, il s'élève avec nous ; si nous arrivons à l’état supérieur, lui, monte sur le plan divin, et si nous descendons il se contente de nous accompagner, en essayant de nous tirer de ce bourbier immonde dans lequel nous avons perdu nos ailes.

(...)

Question à François Brousse : D'où est venue la Grande Tentation ?

F.B. : Dieu est absolu, donc infini et, étant infini, Il contient tout, y compris le contraire de lui-même. Par conséquent, il y a en Dieu le contraire de Dieu, Satan si vous voulez, et Dieu s'est amusé à se tenter Lui-même. C'est au fond un admirable machiniste et un extraordinaire metteur en scène. Il est en train de se tenter Lui-même. Il sait parfaitement qu'Il sortira victorieux de l'épreuve puisque c'est Lui-même qui l'a créée. Un poème de Hugo représente une scène, sur cette scène c’est la vie. À la fin, tout le monde proteste : « Absurde, faux, monstrueux, révoltant. Quel est l'auteur ? » Et Satan arrive tout souriant sur la scène et dit en saluant : « L'auteur, c'est Dieu ! » Parce que Satan lui-même n’est qu’un reflet de Dieu, « Car le dedans du masque est encor la figure . » Voilà pourquoi Satan ne peut pas être perdu. Dieu est en train de se jouer à Lui-même une comédie effroyable, Il s’en sortira très bien !

(...)

Question à François Brousse : Est-ce par le mal que l’humanité change le plus ?

F.B. : L'humanité ferait mieux de changer par le bien, mais justement, elle a choisi le mal.

(...)

Question à François Brousse : Mais est-ce obligatoire que ce soit toujours des guerres ou des catastrophes ?

F.B. : Je voudrais bien qu’il n’y ait ni guerre ni catastrophe, mais habituellement les êtres humains sont incapables d’autre chose. Déjà, pour un simple détail, par exemple au rugby, ils s’entretuent. C’est idiot ! Que voulez-vous que je fasse d’individus qui ne s’intéressent ni à la poésie ni à la métaphysique ni à l’amour ni à la sagesse ni à la beauté, qui ne s’intéressent uniquement qu’au désir de manger de la viande et au sport, au Mondial par exemple ? Franchement ! Comment voulez-vous qu’il en sorte quelque chose de bien ? Mais cela peut arriver, tout est possible ! Pour en revenir à un détail avatarique, en principe, actuellement, le monde ne basculera pas dans l’horreur, parce que nous sommes cinq milliards d'êtres humains et qu'il y a cinq Avatars, chaque Avatar équilibrant un milliard d'êtres humains. Mais en 2015, combien y aura-t-il d’Avatars, je vous le demande !

(...)

Question à François Brousse : Comment se fait-il que dans le passé, il y avait plus de sages et de connaissance qu’aujourd’hui ?

F.B. : Nous sommes au Kali Yuga. Il y a l’Âge d’or, l’Âge d’argent, l’Âge de bronze et l’Âge de fer. Depuis trois mille ans avant J.-C., l'humanité est en parfaite décadence. Il y a parfois des essais de renaissance, avec notamment ce qu'on appelle la Renaissance, la Révolution française, le romantisme. Mais ces essais pourront-ils se développer jusqu’au point de sauver l’humanité ? Il y a quelque chose d’extrêmement dangereux : la consommation de la viande devient de plus en plus grande. Bien qu'une évolution contraire apparaisse dans certains pays, c’est l’augmentation effrayante qui prévaut. On a également parlé des États-Unis où, paraît-il, tous les étudiants seraient végétariens. Mais je m’aperçois que lorsque je vois un film américain, il n’y a pas beaucoup de végétariens. C’est fantastique ! Une des qualités actuelles, la preuve que l’on est riche, c’est de manger le plus de viande possible. Chaque fois que vous êtes invité à un repas, la viande abonde, cela est ahurissant ! C’est du moins ce que j’ai constaté dans ma sphère. Si un essai de redressement a lieu, je ne crois pas qu’il puisse triompher, mais tant mieux si tel est le cas.

Les grands sages sont concernés aussi. Par exemple, Michaël Aïvanhov. Dans ses écrits, il est parfaitement végétarien en ce sens qu’il refuse la viande, mais la page d’après il vous dit : « Quant au poisson, c’est leur faire un grand honneur de les manger, parce que vous transformez leur chair en la vôtre, et il est certain qu’un homme est supérieur au poisson. » Un extraterrestre pourrait dire la même chose en mangeant les êtres humains, il leur ferait un grand honneur en les transformant en lui-même.

S'il y a une diminution de consommation de viande à travers le monde, tant mieux ! Cela diminuera d’autant le karma de l’humanité. Cependant, malgré les affirmations enthousiastes de certains docteurs, JE NE LE CROIS PAS ! Si je me trompe, tant mieux !

Revue B.M.P. N°245-246 – juin-juillet 2005, Clamart
28 juin 1990 , « Entretien avec François Brousse »

samedi 26 février 2011

Qu'est ce que l'état de non-violence ?


Question à François Brousse : Qu'est ce que l'état de non-violence ?

Réponse :

F.B. : La violence est le désir de détruire. Ainsi, si vous avez le désir de détruire ce qui vous gêne, ce qui gêne votre égoïsme, vous êtes violent. Nous avons tous, ou à peu près, ce désir de détruire ; mais on peut le transcender et on ne peut le transcender que par la pensée volontairement non-violente. Par exemple, vous avez envie de tuer, de détruire, d’écarter ou de faire souffrir quelqu'un qui vous a fait du mal, ou vous supposez qu’il vous a fait du mal – car la plupart du temps il n'est qu'un agent du karma –, dans ce cas, vous envoyez volontairement des pensées d'amour à cette personne. Vous le faites par la volonté et vous écartez ainsi toutes les vibrations négatives que vous avez pu lui envoyer. À ce moment là, vous êtes purifié. Ce qui est exaltant et surtout sympathique, c'est qu'une pensée d’amour vaut cent pensées de haine. C'est un minimum ! Ce qui fait qu'on peut quand même évoluer parce que vous avez certainement dans la journée cent pensées de haine, et pas toujours une pensée d'amour. Mais si vous avez cent pensées de haine et une pensée d'amour, vous êtes sur le point de l'équilibre, et si vous avez cent pensées d’amour, alors vous êtes plus qu'équilibré, vous êtes sur le chemin de l'avancement infini indéfini de votre âme vers le Soleil éternel.

Revue B.M.P. N°162 – février 1998
mercredi 26 juin 1991 , Clamart, « Entretien avec François Brousse »

mardi 22 février 2011

L'Evolution universelle



Question à François Brousse : Vous avez dit qu’à l’origine, nous étions dans l’Inconscient divin, puis qu’à un moment donné, notre âme est née. Mais qui décide de cette « naissance » ?

Réponse :

F.B. : C'est une loi universelle. Nous partons de l'Inconscient divin, passons au conscient divin et, du conscient divin, nous arrivons jusqu’au sur-conscient divin. Tous les êtres traversent cette loi. Nous commençons par être une espèce de bulle d'idées au fond de l'inconscient ; puis, à la suite des réincarnations, nous arrivons à travers la plante, l'animal et l'homme jusqu’à la conscience divine. De là, nous passons au super conscient divin et devenons Un avec l'Être infini, éternel et parfait qui a créé toutes les âmes. C'est une loi. Nous partons de l’inconscient pour aller vers le conscient et nous partons du conscient pour aller jusqu’au super conscient. Ceci est le mouvement permanent et éternel de l'Être divin. Il n'a jamais commencé et ne finira jamais. Lorsqu’une âme a atteint la Perfection divine, une autre âme est en train d'éclore dans les abîmes de l'Inconscient universel et elle traverse tous les plans de l'existence jusqu'au moment où elle arrive à l'Infini vivant. C'est une loi. C’est en quelque sorte Dieu qui prend lentement conscience de lui-même à travers l'Éternité. Comme il est infini, cela ne s'arrêtera jamais. Une fois qu’il aura pris conscience d’un de ses ces éléments, un autre élément naîtra dans la profondeur indéfinissable de l’abîme universel : il traversera tous les plans pour aboutir enfin à la super conscience ultra cosmique, et cela n’a jamais eu de commencement, et cela n’aura jamais de fin. C’est le cycle de Dieu.

Question à François Brousse : Mais Dieu a toujours conscience de lui-même ?

F.B. : En dehors de tout cela, Dieu a toujours conscience de lui-même, mais les éléments divins qui sont en Lui, prennent lentement conscience. Dieu a conscience de Lui-même dans l'Éternité, tandis que les éléments divins finissent par prendre conscience d'eux-mêmes à travers le temps, l'espace, la causalité et dans la liberté triomphante de l'être enfin réalisé.

Le fait de revoir sa vie une fois que l’on est mort, est-ce suffisant pour prendre conscience de ses erreurs ?
F.B. : Ce n'est pas suffisant, mais c'est quand même un élément. Ce qui est suffisant, c'est la volonté, le libre arbitre, le libre choix. Si nous voulons réellement être sauvés, nous le serons. Les anges, les démons, les cieux et les terres nous aident à prendre conscience de nous-mêmes. Mais nous n'arriverons à être libérés que si nous voulons être libérés. Il y a des gens qui ne veulent pas, on pourrait dire que c'est une explication de l'enfer éternel. Il y a des gens qui ne comprennent pas et qui ne veulent pas comprendre. Une vie, ils ne comprennent rien ! Une seconde vie, ils ne comprennent rien ! Une troisième vie, ils ne comprennent rien ! Au bout d'un milliard de vies, ils finiront par comprendre ! Comme nous sommes éternels, nous avons toujours la possibilité de recommencer et, au bout d'un million d'erreurs, nous finirons par découvrir la Vérité. Selon Krishna, il faut un million d’existences humaines pour atteindre à la Libération. C’est beaucoup et en même temps ce n’est rien.

Revue B.M.P. N°245-246 – juin-juillet 2005, Clamart
28 juin 1990 , « Entretien avec François Brousse »

jeudi 9 décembre 2010

Est ce que nos pensées nous appartiennent ?


Question à François Brousse : Est-ce que nos pensées nous appartiennent ?

Réponse :

« Elles nous appartiennent si nous les acceptons. Il y a des pensées qui viennent vers nous que nous repoussons, alors elles ne nous appartiennent pas. D'autres viennent vers nous et nous les acceptons, alors elles nous appartiennent. C'est uniquement l'acceptation, la clairvoyance et la volonté de l'homme.

(...)

Il y a aussi nos pensées propres. Nous sommes baignés dans un océan de pensée, mais cet océan de pensée est produit par les pensées conscientes des êtres humains qui nous entourent. C'est à nous de savoir si nous les acceptons ou si nous ne les acceptons pas. Et, en même temps, nous jetons des pensées d'amour, volontairement et consciemment, dans le monde, qui pénètrent les pensées inférieures et qui risquent de les transformer. Nous nageons dans un océan de psychisme.»

Revue B.M.P. N°176-177 – mai - juin 1999 , Clamart
Mercredi 18 mars 1992, « Entretien avec François Brousse » (Première partie)

mercredi 8 décembre 2010

Qu'est ce qu'aimer ?


Entretien avec François Brousse


« Qu'est ce que la sagesse ?

F.B. : C'est la folie d'aimer.

(...)

Qu'est ce qu'aimer ?

F.B. : Mettre les autres avant soi même. Habituellement, quand on agit, c'est d'abord nous, et les autres sont là pour nous suivre, s’ils le veulent bien, et s'ils ne veulent pas nous suivre, ils sont là pour être détruits.

Et le processus contraire ?

F.B. : Le contraire est précisément ce qu'on appelle aimer, c'est à dire, je suis là pour servir les autres, et je n'existe que pour que les autres soient en quelque sorte mes amis, mes amants, mes fidèles suivants et que je sois en même temps leur maître et leur servant.

Pour cela, il faut déjà être.

F.B. : Évidemment. Mais le seul fait de dire : « Je ne suis pas » prouve que l’on existe. Car le Néant pourrait il dire : « Je ne suis pas » en employant le verbe « être » justement ?

Pour aimer comme cela il faut être libre ?

F.B. : Il faut absolument être libre et ne pas être enfermé dans une série de détails.

Si on n'est pas libre et si on fait passer les autres avant soi, à ce moment-là il y aura échec...

F.B. : Il y aura échec de notre vie actuelle sans doute, à moins qu'il y ait un renouveau, un sursaut salvateur et si le sursaut ne vient pas, alors nous recommencerons. Nous avons le temps, nous sommes éternels. Nous pouvons commettre une erreur, alors nous renaissons ; deux erreurs, nous renaissons ; des millions d'erreurs, nous renaissons. Comme disait Krishna : « Il faut un million de vies humaines pour atteindre à la sérénité. » Il exagérait sans doute – espérons pour nous – bien que le temps ne soit qu'une illusion.

Revue B.M.P. N°164 – avril 1998, Clamart
Mercredi 31 juillet 1991, « Entretien avec François Brousse »

En quoi le communisme est il une aberration sociale ?


Question à François Brousse : En quoi le communisme est il une aberration sociale ?

Réponse :

F.B. : Parce que l'évolution de l'espèce humaine se fait par des actes individuels et vouloir imposer à des êtres individuels un message collectif, une discipline collective, c'est arrêter leur évolution. C'est les enfermer dans des cachots, les fourrer au fond de l'abîme le plus noir possible et, par conséquent, c'est arrêter l'évolution du genre humain. On ne l'arrête jamais et elle finit par exploser d'une manière terrifiante. Le communisme est faux, fondamentalement faux !

Actuellement, sans que vous vous en doutiez, il y a la lutte entre deux principes : le principe anarchiste et le principe communiste. Or, dans l'absolu, c'est l'anarchisme qui a raison, c'est à dire le développement personnel de l’individu. Je parle d’un anarchisme non violent, bien entendu, et qui ne jette pas des bombes, sauf des bombes intellectuelles. Cet anarchisme là prévaudra, ce sera « l'homme libre sous Dieu souverain ». Il n'y aura plus d'entraves sociales, il n'y aura plus que l'homme d'un côté et la connaissance infinie de Dieu de l’autre. Et ce sera l'âge d'or ressuscité, si on a le temps. Parce que, suivant toute probabilité, à moins qu'il n’y ait quelque chose de changé dans le cosmos, vers 2015, c'est la fin des temps.

Revue B.M.P. N°166 – juin 1998, Clamart
Mardi 27 août 1991, « Entretien avec François Brousse »

vendredi 12 novembre 2010

Y a-t-il un inconscient collectif ?


Question à François Brousse : Y a-t-il un inconscient collectif ?

Réponse :

« Il faut se souvenir que l'humanité toute entière forme un seul être avec ses milliards de têtes. Cet être unique a un conscient, un supra conscient et un inconscient. Le supra conscient est composé de l’union de tous les sages et de tous les mages de la Terre. Le conscient est composé de tous les êtres intelligents qui réfléchissent sur la Terre et qui essaient de pénétrer les mystères de leur être. L'inconscient est formé de toutes les pensées de haine, de colère, de fureur et d’ignorance qui remplissent l'univers. Ce subconscient existe réellement. Il y a un subconscient terrestre, un conscient terrestre et un supra conscient terrestre. C'est le propre de tous les êtres d'avoir ces trois niveaux de conscience et d’hyper conscience. »

Revue B.M.P. N°251-252 – janvier - février 2006, Clamart
Mardi 24 juillet 1990, « Entretien avec François Brousse »

lundi 8 novembre 2010

Le temps est il en train de s'accélérer ?


Question à François Brousse : Le temps est il en train de s'accélérer ?

Réponse :

F.B. : Le temps n'a aucune réalité. Il est une conception de l'esprit humain. Si l'être humain a envie que le temps s'accélère, il s'accélérera. S'il a envie que le temps s'abolisse, alors il s'abolira. S'il a envie que le temps s'attarde, il s'attardera. En réalité, le temps est composé de présent, de passé et de futur. Or, le présent n'existe jamais ; au fur et à mesure que je parle, il s'efface ; je n'arrive jamais à le fixer. Le passé n'existe que parce qu'il a un reflet dans le présent toujours mouvant. Et l'avenir n'existe pas non plus, car lorsque l'avenir s'immobilise, il devient présent et il cesse d'être avenir. Jamais on n'arrivera à saisir l’immuable, l'insaisissable, l’incroyable avenir. Et par conséquent, le temps, composé de passé qui n'existe plus, de présent qui n'existe pas, d'avenir qui n'existera jamais, n'est qu'une construction pure de l'esprit. Si nous arrivons à nous libérer du présent, du passé, du futur, et si nous arrivons à nous libérer aussi de l'espace que l'on croit fini et qui est, en réalité, infini, et si l'on arrive à se libérer aussi de la continuité et aussi de la causalité, alors nous sommes totalement libérés. C'est un petit travail intérieur qui suffit pour la transformation définitive de l'être. Si nous admettons que cette transformation est définitive, car si vous avez au fond de vous-même un petit grain de doute, c'est fini, la transformation n'est plus définitive, elle n'est que momentanée, et vous êtes obligé de recommencer dans la ronde infernale du présent, du passé, du futur et de l'aboli qui revient toujours. »

Revue B.M.P. N°165 – mai 1998, Clamart – samedi 03 août 1991, « Entretien avec François Brousse »

Comment se présente le relatif pour quelqu'un qui vit dans l'Absolu ?


Question à François Brousse : Comment se présente le relatif pour quelqu'un qui vit dans l'Absolu ?

Réponse :

F.B. : Quelqu'un qui vit dans l'Absolu n'est plus sur la Terre. Il est dans le monde des archanges, ou des dieux, ou des transcendances divines, et l'Absolu, il le vit à l'intérieur. Il ne vit même que là dedans. Le relatif est comme un reflet lointain et plaintif de la vie prodigieuse qu'il mène. Il est en quelque sorte lui même le Soleil et la vie terrestre n'est simplement que l'ombre d'un corps. Platon nous donne une idée assez amusante. Il suppose que l'homme enfermé dans la caverne se retourne et qu'il va vers le Soleil. Mais en réalité, il ne voit pas le Soleil, il voit toute une série d'ombres qui représentent plus ou moins le Soleil. Ce n'est qu'à travers ces ombres qu'il ira, d'illusion en illusion, jusqu'à l'illusion du Soleil qu'il ne pourra jamais regarder en face sous peine d'avoir les yeux brûlés ; il sera amené à reconnaître qu'il n'existe que le Soleil, c'est à dire la Vérité divine, et que toutes les autres vérités ne sont que lamentables, passagères et incertaines. C'est une transformation complète et totale à faire au fond de soi-même. Je reconnais que c'est difficile.

Revue B.M.P. N°165 – mai 1998, Clamart – samedi 03 août 1991, « Entretien avec François Brousse »

Est ce qu'il y a une individualité ?


Question à François Brousse : Est ce qu'il y a une individualité ?

Réponse :

F.B. : Oui, l'individualité existe, heureusement ! Si elle n’existait pas le monde serait absurde, complètement et totalement. Si nous n'avions pas une individualité, nous serions en train de jouer à ce jeu infernal qui consiste à sortir de l'Inconscient divin et à y jouer, à travers la souffrance, l'épouvante, la sottise, l'erreur, l'ignorance, la cruauté, le désespoir, pour rentrer ensuite dans le néant divin. C'est une vision qui me parait singulièrement fausse ! Nous avons une individualité et elle subsiste toujours. Voilà pourquoi, elle est d'ailleurs le reflet de l'idée de Dieu. Dieu a une idée et cette idée, c'est nous. Nous sommes le reflet de l'idée de Dieu, et la réalité consiste à confondre le reflet avec le modèle éternel qui existe dans la pensée divine. C'est en ce sens que nous allons de monde en monde jusqu'au moment où nous nous confondons avec le modèle et l'archétype que la divinité a créés de nous-mêmes. Nous sommes une pensée de Dieu et nous devons en prendre conscience. Mais en tant que pensées de Dieu, nous sommes différents les uns des autres. Dieu a une infinité de pensées et chaque pensée est différente de la pensée voisine, sinon Il ne serait pas Dieu, Il serait limité, or, Dieu est obligatoirement l’Être illimité.

Revue B.M.P. N°165 – mai 1998, Clamart – samedi 03 août 1991, « Entretien avec François Brousse »