Par l’éternelle loi des répercussions, toute souffrance causée à autrui se compense automatiquement par une souffrance égale, dirigée en sens inverse. Le criminel devient tôt ou tard la victime. Quand nous frappons un autre, c’est nous-même que nous frappons. Enclume et marteau se confondent dans la divine Justice... Cette vérité fondamentale emplit de son rayonnement toutes les bibles de la Terre. Même les doctrines obscurcies, comme le catholicisme, en conservent une parcelle précieuse. Responsabilité, karma, réincarnations, se nouent comme une chaîne de diamants, plus dur que l’acier. En dehors des Livres surhumains, l’intuition, braise inextinguible mais qui dort le plus souvent, reflète l’éclat terrible de la Grande Loi. L’intuition veille dans le cœur humain ; d’un regard infaillible elle mesure les inévitables ressentiments de nos actions. Elle voit que le bien attire le bien, que le mal appelle le mal. Ce que tu fais aux autres te sera rendu intégralement. Ni plus, ni moins. Telles sont les mathématiques de Dieu. L’intuition rêve sur ces réalités incorruptibles, qu’elle contemple face à face. Et lorsque notre vouloir pervers nous incline vers le mal, la vierge intérieure, la pure gardienne, nous avertit. Elle nous montre, dans un éclair, les sombres profondeurs de l’abîme, sur lequel nous penchons notre âme égarée. Sa voix solennelle retentit à nos oreilles. La voix de l’intuition, c’est la conscience morale.

François Brousse, Revue BMP N°106, décembre 1992, éd. La Licorne Ailée