Le hasard et le néant
Composent notre univers
Le nain devient le géant
Les axes vont de travers.

Un destin contrariant
Jaillit des astres pervers

L'espérance n'est qu'un rêve
Les lendemains radieux
Ainsi qu'une bulle crèvent
Devant le vide des cieux.

La fosse toujours achève
L'émerveillement des yeux.

Non! mon pas foule la tombe,
Elle me sert de trépied
La joie invincible tombe
Voici les grands cavaliers.

La négation s'efface
Comme l'écume des mers
J'aperçois l'auguste face
Les paradis sont ouverts

30 août 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 245