J'admire ta courbe divine
Ô rose, chef d'oeuvre du ciel,
Ton clair parfum d'ambre et de miel
Est une errance cristalline.

Dieu pour se faire pardonner
Les dictateurs et les pontifes
A composé l'hiéroglyphe
De ton mystère illuminé.

Si tu verses ton âme chaste
Au fond des bois vertigineux,
L'ouragan de l'amour dévaste
Tous les bocages épineux

Quand tu approches de nos lèvres
La joie infinie nous étreint,
Un tournoi d'amoureuse fièvre
Fait étinceler notre écrin

Puis tu m'offres ta douce gerbe
Faite d'un tremblement d'émaux
Quand je veux inventer des mots
Plus fascinateurs que le Verbe...

Ô rose, toi la fleur parfaite,
Composée de suavité,
Tu mets ton feu sur les prophètes
Et les pleurs dans l'éternité.

31 octobre 1993

François BROUSSE, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 402