Je m'éveillai. J'étais dans le lieu ténébreux
Des fantômes traînaient le Soleil derrière eux
L'un d'eux me dit : Voici l'épisode suprême
L'inexplicable Esprit nous regarde et nous aime
Il faut auparavant que tu dises le Mot
Que l'Inconnu dessine en ses pâles rameaux.
Et je lui répondis : Sagesse. Non, dit il.
Alors Amour. Non, c'est encore plus subtil
Le Mot est inaudible, on l'entend avec l'âme.
Les plus hauts initiés tissent d'abord sa trame
Il rayonne au delà des bornes de la Terre
Il est le Mot sans forme, on l'appelle Mystère !

12 mars 1995

François BROUSSE, Le Refrain de l’Absolu, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 174