Noble fils de Raghus, ô mon soleil suprême,
Sans toi je ne veux plus habiter le ciel même,
N'es tu pas mon seigneur et le guide que j'aime ?

Mon âme roule au flot vivant de ton regard,
Notre mystique amour réclame tes égards ;
Je t'accompagnerai parmi les bois hagards

Oui, j'irai me nourrir de racines sauvages !
J'aspire à contempler le fleuve et ses rivages,
J'aurai pour défenseur ton radieux visage !

L'épouse qui d'un cœur invinciblement doux
Comme une ombre obstinée suit l'ombre de l'époux,
Bravera le sépulcre et ses vols de hiboux !

Comme des feux vermeils dans un brasier s'unissent,
Nous nous fondrons, broyant les nuées corruptrices,
Dans les temples hypercosmiques des Délices.

Ta présence est le ciel, ton absence l'enfer,
Je ne forme avec toi qu'un seul glaive de fer
Dans tes yeux infinis, le bonheur m'est offert.

BROUSSE François , Rama aux yeux de Lotus bleu, éd. La Licorne Ailée,1983, p.19