À Marguerite Maynard

Autrefois, j'ai rêvé de gloire.
Ce rêve au fond de ma mémoire
N'est que la ruine d'un palais...
Je préfère un secret délire
Qui vole plus haut que la lyre
Dans les silences étoilés !

Qu'importent les mots et les mètres !
Dans la cage des géomètres,
Puis-je enfermer mon sylphe d'or ?
Il plane dans l'inaccessible,
Dans les jardins immarcescibles,
Dépassant l'aigle et le condor !

Abîme grouillant de réponses,
Pour mieux t'étreindre, je renonce
Au tambour du matin vermeil
Je cherche derrière la flamme,
Et j'écoute l'épithalame
De mon âme avec le soleil !

BROUSSE François, Ivresses et sommeils
Imp. Labau, Perpignan, 1980, page 77