Tu médites, le cœur broyé, pauvre géant !
Et les braises de l'âme attisent leur souffrance
Sur les cendres du rêve immense...
Goût de la nuit, goût de la mort, goût du néant !

Taisez vous, ô clameur des vies originelles !
Pendant des millions d'années, me faudra t il
Sur des planètes d'or traîner mes longs exils ?
Je suis l'oiseau, chassé du royaume des ailes.

Se dissoudre dans le néant délicieux !
Mais le néant n'est pas, il faut lutter sans cesse.
Remets ton diadème, éternelle princesse,
Ô mon âme et partons dans la grandeur des cieux !
17-12-1951

BROUSSE François, Les Pèlerins de la nuit, dans Œuvres poétiques – Tome 1
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, page 195