Je résiste et je pleure à travers la tourmente,
Arbre aux marges des mers
Et l'ombre chevauchant ses cavales démentes
Tord mes cheveux amers.

Uranus qui se meut sous des cercles farouches
Tente de m'enlacer,
Mais le sombre fantôme aux millions de bouches
S'enfuit, vite effacé.

Sous son chapeau de fleurs une petite fille
Pieds nus, robe en haillons
Me désigne en riant l'étoile qui scintille
Dans son nid de rayons.

Les temps mystérieux qui rythment les empires
Fleurissent mon jardin
Tandis que la Nuit morne, entourée de vampires,
Adore le Matin.

18 octobre 1979

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 134