Eh bien, les nouvelles doctrines, nazisme, fascisme, communisme, collectivisme sous toutes ses formes, ont pour résultat immédiat d’enfermer l’âme humaine individuelle dans l’âme collective et de nous faire descendre du plan de l’humanité dans le plan de la Bête qui elle, possède effectivement, une âme collective.

Alors, lorsque vous voulez vous engloutir dans une masse – c’est ce que vous demande à peu près tous les mouvements actuels – eh bien, vous en êtes marqués au front et au cœur par le signe de la Bête, c’est très net. Vous perdez votre indépendance pour obéir à quelque chose qui vous dépasse. Cela vous dépasse en effet. Nous ne devons pas tomber dans l’inconscient mais nous devons monter dans le supraconscient et entre les deux il y a le conscient individuel. Nous sommes sur le pont de l’abîme : derrière nous nous avons la rive ténébreuse, devant nous nous avons la rive de lumière. Il faut aller vers la rive de lumière : le supra conscient, la conscience cosmique et non pas tomber dans la rive inférieure, c'est-à-dire l’infra conscient, c'est-à-dire l’obéissance aveugle et intérieure à une âme collective. C’est cela la marque de la Bête. C’est une des caractéristiques les plus nettes de l’Antéchrist. Le Christ, c’est l’homme individualisé arrivé à la surhumanité. L’Antéchrist, c’est l’animal qui se fond à l’intérieur d’une âme collective.

Et maintenant si nous descendons encore un peu plus. Après le système solaire où sont emprisonnées les âmes – car les planètes ne sont pas autre chose que des prisons –, les âmes vivent dans le Soleil spirituel. Lorsqu’elles commencent à s’incarner – passe encore pour le Soleil matériel – mais lorsqu’elles s’incarnent plus bas, c'est-à-dire dans les planètes, à ce moment-là ce sont des bagnes. Et nous devons nous libérer de tous ces bagnes. Ces bagnes ont comme puissance l’influx astrologique. Nous sommes soumis à l’influence de toutes ces planètes. Nous devons les dépasser. C’est pourquoi le sage domine les astres. Et quelle que soit la période terrifiante dans laquelle nous vivons nous devons normalement atteindre le supra conscient, l’infini, l’absolu et l’éternel. C’est pourquoi nous sommes d’ailleurs sur Terre. Nous devons nous libérer de nos liens planétaires.

À côté de cela, vous avez au-dessous, je vous l’ai dit, le signe de la Bête et l’Église romaine par-dessus le marché. Alors, l’Église romaine est aussi une sorte d’Antéchrist. C’est une partie de cette image gigantesque qui est la femme cosmique. Cette femme est assise sur une bête à sept têtes. Il est très facile de voir quelles sont les sept têtes. Rome est assise effectivement sur sept collines. C’est avec Constantinople peut-être une des rares villes de l’univers qui comprenne sept collines. Les sept collines de Rome sont le signe très net de la bête apocalyptique qui règne sur tous les peuples de la Terre. Nous allons voir d’ailleurs d’autres caractéristiques qui seront extrêmement curieuses. Cela dit, il y avait quand même des noms de blasphème, il y avait des noms de blasphème et quels étaient ces noms de blasphème ? Eh bien, ces noms de blasphème, ce sont les noms des pontifes, des rois et des césars, des dictateurs pour revenir si vous voulez à la Terre. Avant de revenir sur la Terre, montons dans les hauteurs du ciel. Ces noms de blasphème, ce sont les noms des sept planètes. Je laisse de côté le Soleil. Le Soleil étant un peu en dehors de cela et à ce moment-là, les sept planètes ne sont plus le Soleil, la Lune etc., mais à la place du Soleil, il y a Aster ou Héliopolis. Aster ou Héliopolis, c’était la grande planète qui existait entre Mars et Jupiter et qui a éclaté il y a de cela quelques centaines de millions d’années parce que Lucifer avait voulu s’installer sur cette planète et créer une race d’hommes absolument indépendante et qui par conséquent, rejetterait toute suggestion, y compris l’obéissance aux lois cosmiques et divines. Et c’est là, l’erreur !

Lucifer voulait détruire le karma. Il voulait élever son trône au-delà des étoiles du ciel. Il pensait créer une race qui serait une race de Dieu mais libérée du karma, tout en étant une race d’hommes. Elle pourrait faire n’importe quoi, elle pourrait assouvir ses instincts les plus violents et les plus sauvages sans qu’il y ait une loi de retentissement et de justice qui fasse revenir sur l’auteur du crime la pesanteur de sa faute. Eh bien, en réalité, c’est le rêve que font actuellement certains êtres aussi. Ils s’imaginent que l’homme est absolument libre attendu qu’il n’y a pas de dieux et qu’il peut supprimer les conséquences mauvaises de ses actes négatifs et de ses pensées négatives. C’est impossible sauf si l’on fait jouer la pensée positive. Et à ce moment-là nous faisons un travail de magie supérieure et non plus un travail de magie inférieure. Mais sans vouloir faire jouer la pensée positive, Lucifer voulait supprimer tout simplement cette grande loi que Newton a découvert et qui veut dire : « À toute action correspond une réaction égale et de sens contraire. » C’est vrai sur le plan inférieur comme c’est vrai sur le plan supérieur. Eh bien, cette planète a éclaté et les astéroïdes qui sillonnent le ciel entre Mars et Jupiter sont le résultat de son éclatement. Cela explique d’ailleurs toutes les légendes sur la guerre des anges comme sur la guerre des titans contre les dieux. Ces légendes qui se retrouvent à peu près partout.

Ces noms de blasphème sont :

Aster, c'est-à-dire l’astre inférieur éclaté, qui correspond à la dispersion mentale. Nous sommes incapables de concentrer toutes nos forces sur un seul idéal. Et nous aboutissons à une dispersion mentale qui est le reflet si j'ose dire d’Aster, la planète éclatée entre Mars et Jupiter.

Vous avez ensuite la Lune (Luna) ; son nom de blasphème serait qu’elle est unique et qu’elle est le chemin unique pour atteindre l’Absolu. Or, la Lune peut servir de chemin en ce sens qu’elle ouvre la route des visions. Mais la Lune inférieure ouvre la route des illusions. C’est celle des médiums inférieurs qui sont en proie aux basses sollicitations de l’astral inférieur. À ce moment-là, c’est la chimère, c’est l’illusion, c’est surtout l’angoisse et l’épouvante. Alors, d’un côté la dispersion, non seulement dispersion mentale, mais également une dispersion absolue : nous refusons d’être Un avec nos frères les hommes, mais nous consentons quand même à être Un avec une doctrine, une religion ou une nation ; puis ensuite, vous avez la Lune, c'est-à-dire les illusions et les chimères, l’angoisse et l’épouvante.

Vous avez ensuite Mars qui représente d’autres noms de blasphème parce qu’ils représentent la destruction et la guerre. Alors, on a toujours d’excellentes raisons pour faire la guerre : c’est soit au nom de Dieu soit au nom du diable, soit au nom de la pureté, soit au nom de la liberté, soit au nom de l’impureté. Et l’homme sera suffisamment habile pour choisir un nom nouveau lorsque le nom ancien aura perdu de son prestige.

Ensuite, vous avez Mercure. Eh bien, Mercure, c’est encore un nom de blasphème si nous restons sur le plan inférieur des planètes. Les planètes ont toujours trois plans : le plan de l’esprit, le plan de l’âme et le plan du corps. Nous sommes maintenant sur le plan inférieur de l’âme. Parce que le corps a trois plans, l’âme a trois plans et l’esprit a trois plans aussi. Ce qui compose le nombre fatidique et parfait « 9 » qui est en effet le nombre des neuf muses, et qui est le nombre essentiel de la divinité. Nous revenons par conséquent à l’astral inférieur et à ce moment-là, Mars c’est la violence, c’est la domination, c’est la dictature et c’est la guerre des classes, c’est la guerre sainte. Vous le voyez nettement chez Mahomet : il faut faire la guerre aux ennemis de Dieu. Et les ennemis de Dieu sont naturellement ceux qui ne pensent pas comme Mahomet, et qui affirment que Dieu n’est pas Un mais qu’il y a plusieurs dieux. Or, il y a à la fois un Dieu et plusieurs. Ensuite, nous avons la guerre des classes qui prétend qu’on ne pourra faire de progrès qu’à travers une révolution et dans cette révolution on détruira naturellement la classe inférieure, la classe bourgeoise, pour établir le règne de la justice sur la Terre. Vous avez une troisième manière c’est la guerre comment dirais-je, purificatrice. Par exemple, pour les nazis – et pour d’autres d’ailleurs – la guerre darwinienne permet aux individus supérieurs de subsister. Les vaincus sont obligatoirement les faibles et par conséquent, la guerre est une sélection et en même temps, elle purifie l’univers. C’est au nom de doctrines de ce genre-là que le nom de blasphème de Mars s’est répandu sur la Terre.

Nous arrivons à Mercure. Alors, pour Mercure c’est différent. C’est l’intelligence dialectique et alors, nous atteignons ce que nous appelons le péché contre l’esprit. Le péché contre l’esprit, c’est le refus systématique de voir la Vérité. Parce que la vérité nous gène et parce que nous voulons que le monde soit autrement qu’il n’est. Ce péché contre l’esprit plonge dans les profondeurs de notre auto-satisfaction comme de notre ignorance. Le péché contre l’esprit par exemple, sera d’utiliser toutes les ressources d’une dialectique prodigieusement complexe pour essayer de démolir des vérités que l’on sent intérieurement être des vérités. Et on ne veut pas qu’elles existent car elles nous gênent. Par exemple, Sartre qui d’ailleurs est un très grand esprit nous déclarera que Dieu n’existe pas parce que si Dieu existe, l’homme n’est pas entièrement libre, et que Dieu gène la liberté humaine. C’est une très belle explication qui serait, si elle n’était pas aussi profonde – parce qu’il y a quand même une certaine profondeur – qui serait un péché contre l’esprit. Dieu me gène d’une manière générale parce que je veux que l’homme soit le seul Maître de l’univers ! Et je ne veux pas d’un Être transcendant ! C’est une erreur parce qu’on ignore que l’Être transcendant est en même temps l’Être immanent, et que Dieu, s’il repose dans les hauteurs transcendantes du ciel repose également dans le cœur flamboyant des hommes. Il faut le retrouver à la fois en haut de nous et à l’intérieur même de nous-même. Comme le disait saint Paul : « L’homme est le temple de la divinité » et comme disaient les Védas : « Tu portes en toi un ami sublime que tu ne connais pas car Dieu brille et resplendit à l’intérieur de l’âme humaine ».

Après Mercure, l’autre nom de blasphème c’est Jupiter. Jupiter représente l’ordre, la hiérarchie. Alors à ce moment-là, il faut obéir scrupuleusement à tous les degrés hiérarchiques. Mais cela va plus loin. Le monde doit être puissamment fondé sur l’obéissance et tout en haut, il y a un Maître autoritaire qui délègue sa puissance à une multitude d’intermédiaires. Ces intermédiaires s’imposent à toute la Terre. Cette idée de hiérarchie se retrouve effectivement sur tous les plans et elle atteint son maximum par exemple, dans des êtres qui pourtant sont merveilleusement éclairés par certains autres cotés. J’ai parlé de l’A.M.O.R.C et de la Société théosophique par exemple. Dans l’A.M.O.R.C, la puissance sociale est la marque resplendissante de la puissance intellectuelle et spirituelle, ce qui est magnifiquement faux ! C’est l’erreur saducéenne. Les grands maîtres que peuvent-ils faire ? Eh bien, ils n’ont pas où reposer leur tête la plupart du temps. En tout cas ils sont libérés de toute impression de puissance. Dans la théosophie – la société théosophique pardon, ce qui n’est pas la même chose – vous avez quelque chose de curieux que vous retrouvez par exemple, dans un des plus grands voyant de tous les temps pourtant et qui est Leadbeather. Eh bien, on voit que plus on est élevé dans la hiérarchie sociale, plus les âmes qui occupent ce rang sont évoluées. Alors, par exemple, en Angleterre, l’être le plus évolué d’Angleterre, c’est évidemment la reine. Et puis après, c’est le Premier Ministre et après ce sont les ministres et ainsi de suite. Quant aux malheureux ouvriers, aux malheureux mineurs, il ne faut pas en parler : ce sont des âmes tout à fait inférieures. Alors là, c’est encore le péché, le blasphème de Jupiter.

Intervention : Pas besoin d’aller en Angleterre, à Prades c’est comme ça encore…

François Brousse : Ah bon ? (Rire de François Brousse) Je précise malgré tout que c’est Leadbeather qui l’a exprimé le plus clairement. Mais ce phénomène qui est en effet, en Angleterre se retrouve naturellement sur toute la Terre.

Et vous avez à côté de cela Vénus. Alors là, Vénus, c’est essentiellement sur le plan supérieur l’amour qui aboutit à la fusion. Par exemple, c’est l’amour de l’âme humaine et de l’âme divine. Alors, ce sont les noces de l’Éternité. Et on arrive à l’Illumination par ce chemin qui est à la fois parsemé d’étoiles et ponctué de comètes. Mais à côté de cela, vous avez l’amour inférieur qui est simplement l’attraction physique, l’attraction sexuelle, et c’est un des derniers signes de la fin des temps aussi que le débordement des plaisirs uniquement corporels. Comment dirais-je, la montée grandissante de la pornographie qui n’est même plus le plaisir que peuvent goûter deux êtres qui ont à la fois un désir physique et une sympathie réelle l’un pour l’autre. C’est purement et simplement – je parle de la pornographie – purement et simplement l’exaltation égoïste d’une bête personnelle. Là aussi nous sommes dans le cinquième nom de blasphème.

Le sixième nom de blasphème, c’est Saturne. Saturne, je vous l’ai dit, c’est la mort et la destruction. Eh bien, le nom de blasphème de Saturne est simple : il s’appelle le néant. Nous sommes persuadés que nous sommes sortis du néant et que nous rentrerons dans le néant et cela aussi, c’est un nom de blasphème. C’est une erreur, mais c’est une erreur terrible parce que nous sommes persuadés que c’est une vérité en vertu du principe d’autodestruction qui est en nous. Nous voulons détruire notre âme éternelle parce que nous avons un complexe de culpabilité et par conséquent de destruction personnelle. Il faut dépasser ce complexe pour entrer dans la connaissance parfaite de nous. C'est-à-dire nous sommes des êtres éternels et nous vivons éternellement dans l’éternité. Comme disait Moïse à un moment donné : « Avant que les montagnes ne soient dressées, avant que la Terre ne soit créée, ô Yahvé, tu existais éternellement. Et tu existeras éternellement après la destruction de tous les mondes » Ce cantique de Moïse correspond effectivement à une vérité puissante, c’est d’ailleurs pourquoi il appelait Dieu, « l’Éternel ». C'est-à-dire le Maître de l’éternité.

Conférence de François Brousse - Extrait - 04 septembre 1976