Question à François Brousse : Le temps est il en train de s'accélérer ?

Réponse :

F.B. : Le temps n'a aucune réalité. Il est une conception de l'esprit humain. Si l'être humain a envie que le temps s'accélère, il s'accélérera. S'il a envie que le temps s'abolisse, alors il s'abolira. S'il a envie que le temps s'attarde, il s'attardera. En réalité, le temps est composé de présent, de passé et de futur. Or, le présent n'existe jamais ; au fur et à mesure que je parle, il s'efface ; je n'arrive jamais à le fixer. Le passé n'existe que parce qu'il a un reflet dans le présent toujours mouvant. Et l'avenir n'existe pas non plus, car lorsque l'avenir s'immobilise, il devient présent et il cesse d'être avenir. Jamais on n'arrivera à saisir l’immuable, l'insaisissable, l’incroyable avenir. Et par conséquent, le temps, composé de passé qui n'existe plus, de présent qui n'existe pas, d'avenir qui n'existera jamais, n'est qu'une construction pure de l'esprit. Si nous arrivons à nous libérer du présent, du passé, du futur, et si nous arrivons à nous libérer aussi de l'espace que l'on croit fini et qui est, en réalité, infini, et si l'on arrive à se libérer aussi de la continuité et aussi de la causalité, alors nous sommes totalement libérés. C'est un petit travail intérieur qui suffit pour la transformation définitive de l'être. Si nous admettons que cette transformation est définitive, car si vous avez au fond de vous-même un petit grain de doute, c'est fini, la transformation n'est plus définitive, elle n'est que momentanée, et vous êtes obligé de recommencer dans la ronde infernale du présent, du passé, du futur et de l'aboli qui revient toujours. »

Revue B.M.P. N°165 – mai 1998, Clamart – samedi 03 août 1991, « Entretien avec François Brousse »