Au coeur de la Quatrième Dimension vivent l’Éternel, l'Infini, la Force Créatrice. Les hauteurs du rêve s'en rapprochent. C'est pourquoi le poète plongera voluptueusement sa coupe ciselée dans ces fontaines de lait céleste dont les molécules sont des astres. L'index des mirages lui désigne la direction nouvelle.

Mais un puits s'ouvre devant nos pas. Cueillir son inspiration dans les tourbillons vagues du rêve ne veut pas dire y dissoudre sa conscience. Il faut au contraire pénétrer, dans le nuage des sommeils avec la lampe incorruptible des éveils.

Nous allons à la recherche, non de notre inconscient mais de notre Moi idéal qui brille dans l'Intemporel. Quand notre âme reviendra à sa source spirituelle, les mystères du Ciel et de l'Enfer se déploieront sous ses yeux souverains. En attendant, le monde des visions ouvre ses continents inexplorés. On y trouve des minéraux inconnus, de forme géométrique, lumineux comme de la neige, chauds comme de la laine, doux comme du velours et animés d'une vie souriante. Des comètes qui se transforment en camélias fleurissent à l'ombre des arbres dont les branches de feu se terminent en mains féminines, pleines de caresses. Au bord des mers crépusculaires rôdent d'énormes chiens-lions qui poussent de rauques grondements, et des crabes géants creusent un sable fait de lapis lazulis, tandis que dans les cieux volent sous forme de papillons pâles les âmes des trépassés.

Mais, parfois, le songeur pénètre dans les hauts firmaments sacrés, qui sont d'une couleur inconnue à la Terre et de là, il plane avec d'immenses ailes d'aigle. Sa vertigineuse respiration devient la respiration même de l'espace et le ciel et lui se confondent en une fantastique unité...

BROUSSE François, Le Manifeste de la Quatrième Dimension,
Éd. La Neuvième Licorne, Vitrolles, 2008, page 13-14