Question à François Brousse : Vous avez dit qu’à l’origine, nous étions dans l’Inconscient divin, puis qu’à un moment donné, notre âme est née. Mais qui décide de cette « naissance » ?

Réponse :

F.B. : C'est une loi universelle. Nous partons de l'Inconscient divin, passons au conscient divin et, du conscient divin, nous arrivons jusqu’au sur-conscient divin. Tous les êtres traversent cette loi. Nous commençons par être une espèce de bulle d'idées au fond de l'inconscient ; puis, à la suite des réincarnations, nous arrivons à travers la plante, l'animal et l'homme jusqu’à la conscience divine. De là, nous passons au super conscient divin et devenons Un avec l'Être infini, éternel et parfait qui a créé toutes les âmes. C'est une loi. Nous partons de l’inconscient pour aller vers le conscient et nous partons du conscient pour aller jusqu’au super conscient. Ceci est le mouvement permanent et éternel de l'Être divin. Il n'a jamais commencé et ne finira jamais. Lorsqu’une âme a atteint la Perfection divine, une autre âme est en train d'éclore dans les abîmes de l'Inconscient universel et elle traverse tous les plans de l'existence jusqu'au moment où elle arrive à l'Infini vivant. C'est une loi. C’est en quelque sorte Dieu qui prend lentement conscience de lui-même à travers l'Éternité. Comme il est infini, cela ne s'arrêtera jamais. Une fois qu’il aura pris conscience d’un de ses ces éléments, un autre élément naîtra dans la profondeur indéfinissable de l’abîme universel : il traversera tous les plans pour aboutir enfin à la super conscience ultra cosmique, et cela n’a jamais eu de commencement, et cela n’aura jamais de fin. C’est le cycle de Dieu.

Question à François Brousse : Mais Dieu a toujours conscience de lui-même ?

F.B. : En dehors de tout cela, Dieu a toujours conscience de lui-même, mais les éléments divins qui sont en Lui, prennent lentement conscience. Dieu a conscience de Lui-même dans l'Éternité, tandis que les éléments divins finissent par prendre conscience d'eux-mêmes à travers le temps, l'espace, la causalité et dans la liberté triomphante de l'être enfin réalisé.

Le fait de revoir sa vie une fois que l’on est mort, est-ce suffisant pour prendre conscience de ses erreurs ?
F.B. : Ce n'est pas suffisant, mais c'est quand même un élément. Ce qui est suffisant, c'est la volonté, le libre arbitre, le libre choix. Si nous voulons réellement être sauvés, nous le serons. Les anges, les démons, les cieux et les terres nous aident à prendre conscience de nous-mêmes. Mais nous n'arriverons à être libérés que si nous voulons être libérés. Il y a des gens qui ne veulent pas, on pourrait dire que c'est une explication de l'enfer éternel. Il y a des gens qui ne comprennent pas et qui ne veulent pas comprendre. Une vie, ils ne comprennent rien ! Une seconde vie, ils ne comprennent rien ! Une troisième vie, ils ne comprennent rien ! Au bout d'un milliard de vies, ils finiront par comprendre ! Comme nous sommes éternels, nous avons toujours la possibilité de recommencer et, au bout d'un million d'erreurs, nous finirons par découvrir la Vérité. Selon Krishna, il faut un million d’existences humaines pour atteindre à la Libération. C’est beaucoup et en même temps ce n’est rien.

Revue B.M.P. N°245-246 – juin-juillet 2005, Clamart
28 juin 1990 , « Entretien avec François Brousse »