L’avenir remplacera le culte des saints par la religion des grands hommes, poètes, écrivains, artistes, philosophes, et rejettera complètement l’idolâtrie des fanatiques ou des conquérants. Quant aux savants, seuls les astronomes méritent qu’on leur dresse des autels. Les autres ont trop fait de mal à la Terre et à l’homme.
(B.M.P. n°39, octobre 1986)


L’humanité commence par adorer les héros sauvages qui répandent le sang des victoires. Elle adore ensuite le technicien dont la fatale science désintègre les peuples et défigure Dieu. L’humanité adorera dans le futur les poètes, démiurges des mondes surnaturels, et finira son cycle dans l’adoration des sages en contact avec les énergies angéliques.
(B.M.P. n°73, décembre 1989)


Les sages sont les yeux de l’humanité, les poètes en sont la voix. Quand les yeux se ferment et la voix se tait, une ère de ténèbres tombe sur les peuples.
(B.M.P. n°81, septembre 1990)


L’intuition des poètes précède toujours le travail des savants. Quand les fourmis arrivent dans la forêt, les aigles l’ont traversée depuis longtemps.
(B.M.P. n°81, septembre 1990)


Les grands poètes nagent à contre-courant. Le fleuve de la vie sociale les presse et les étouffe. Comment sortir de cette eau gluante ? Un seul chemin : la volonté. Certitude d’une mission surhumaine. Joie de lutter seul contre tous. Volupté de faire scintiller l’étoile dans l’horreur des ténèbres. Orgueil et bienveillance.
(B.M.P. n° 82, octobre 1990)


Les éditeurs recherchent les auteurs passagers, les ouvrages à la mode. Ils ignorent naturellement les valeurs éternelles. Mais le vent, qui emporte les dunes de sable, respecte le sphinx.
(B.M.P. n°83, novembre 1990)


C’est au moment où la civilisation humaine s’approche du gouffre fatal qu’elle produit le plus éclatant écrin de sagesse. La Terre actuelle, promise aux flammes de l’Apocalypse, a spontanément créé des oasis de rêve : cercles occultes, fraternités secrètes lancées vers l’Idéal. Sans oublier le passage étourdissant des grands hommes. Avant de mourir, l’humanité se pare.
(B.M.P. n°83, novembre 1990)