DÉRIVE

Je suis précédé par les haches
Comme un grave consul romain.
Quand il me voit, Typhon se cache
Dieu déroule son parchemin.

Mon souffle efface toute tache
Je suis le sidéral gamin
Dans un soubresaut je m'arrache
Au trop monotone chemin.

Mon pied fatal foule les braises
Les damnés soupirent pleins d'aise
Quand je module les refrains.

L'imprévisible est le domaine
Où ma dérive surhumaine
Transforme en centaures les freins.

25 avril 1992

BROUSSE François, Le Baiser de l’archange,
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, page 126