HOMMAGE à CLAUDE VAN DYCK (13 mars 1925-11 mai 2012)

Dans une interview du 24 octobre 2011, Claude Van Dyck, admirateur du grand Victor Hugo et ami du poète et philosophe François Brousse (1913-1995) dès les années 50, parlait de la mort avec une sérénité toute métaphysique.

Claude Van Dyck (Entretien, 24 oct. 2011)
On se dirige petit à petit vers ce qu’on appelle la mort. C’est là où est le Grand Mystère. Et quel mystère ! Seulement, on peut se consoler en disant : « La mort est un mystère, d’accord !, mais la naissance est un mystère, et c’est le même finalement. » Donc il faut relier les deux choses, naissance, mort, etc. Or on ne pourra jamais, en tant que terriens, en tant que vivants, on ne pourra jamais élucider… Mais cela existe, il y a quelque chose, c’est cela qui est satisfaisant. La naissance, d’où on vient ? Tu as un père, tu as une mère, mais le père et la mère avaient eux aussi des pères et des mères, alors on va jusqu’où comme cela ? On va jusqu’à l’infini. Or, du moment qu’il y à l’infini, tous les espoirs sont permis. La mort, voilà où est le grand mystère mais c’est un mystère consolable finalement puisque la mort est un mystère et que la naissance est un mystère, c’est la même chose. Toutes les deux procèdent d’une carence d’explication. On ne peut pas avoir d’explication en tant qu’être vivant dans la condition où nous sommes, nous sommes bien d’accord.

 

MÉTAPHYSIQUE

            à Claude Van Dyck.

                            Les anges secouaient leurs six ailes de feu Louis BOUILHET

Que le cadavre froid, parmi l'ombre sans bornes,
Sentant glisser les vers dans sa carcasse morne,
Tressaille au souffle de la mort,

Seuls les êtres formés d'atomes la redoutent,
Mais l'âme incorruptible et une, en jaillit toute
Comme un cheval libre du mors !

Le mur des sens mangé par l'insecte et la mousse,
La Vie éclate comme une clémence douce
Qui brûle la nuit des remords,

Et l'Idée Pure, dans les voluptés sereines,
Penche sublimement son front de souveraine
Que nul n'outrage, où rien ne mord,
Comme le feu des cieux joint les terrestres flammes
Sur l'aile incorporelle et tremblante des Âmes.

BROUSSE François, Voltiges et vertiges, dans Œuvres poétiques, t. 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, p. 193

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La Semaine du Roussillon, N°833, 24-30 mai 2012


Annonce du décès de Claude Van Dyck, présenté comme l'un des plus fervents militants de la lutte anti-corrida.
 
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