François Brousse
Les souffrances sur la Terre ne sont pas le jeu d’un Dieu incompréhensible ou les aléas d’un monde absurde dans lequel tout n’est qu’accidents et hasards, c’est le résultat automatique du karma que nous avons accumulé dans nos vies antérieures. Cette vision grandiose est beaucoup plus logique que la vision chrétienne ou matérialiste du monde, elle est en rapport avec le sentiment et l’idée de justice qui se trouve gravé dans notre esprit. Nos douleurs personnelles ne sont pas la conséquence de la faute de nos arrière-parents, mais le résultat de notre libre arbitre. Nous sommes absolument nos juges, nos bourreaux, nos victimes et nos rédempteurs ; nous récoltons ce que nous avons semé.

Brousse F., La Trinosophie de l’Étoile polaire, p. 294-295, 2e éd., La Licorne Ailée, 1990

François Brousse
Par l’éternelle loi des répercussions, toute souffrance causée à autrui se compense automatiquement par une souffrance égale, dirigée en sens inverse. Le criminel devient tôt ou tard la victime. Quand nous frappons un autre, c’est nous-même que nous frappons. Enclume et marteau se confondent dans la divine justice. Cette vérité fondamentale emplit de son rayonnement toutes les bibles de la Terre. Même les doctrines obscurcies comme le catholicisme en conservent une parcelle précieuse. Responsabilité, karma, réincarnations se nouent comme une chaîne de diamants, plus dure que l’acier.
En dehors des livres surhumains, l’intuition, braise inextinguible, mais qui dort le plus souvent, reflète l’éclat terrible de la grande Loi. L’intuition veille dans le cœur humain ; d’un regard infaillible elle mesure les inévitables retentissements de nos actions. Elle voit que le bien attire le bien, que le mal appelle le mal. Ce que tu fais aux autres te sera rendu intégralement. Ni plus ni moins. Telles sont les mathématiques de Dieu.
L’intuition rêve sur ces réalités incorruptibles qu’elle contemple face à face, et, lorsque notre vouloir pervers nous incline vers le mal, la vierge intérieure, la pure gardienne, nous avertit. Elle nous montre, dans un éclair, les sombres profondeurs de l’abîme sur lequel nous penchons notre âme égarée. Sa voix solennelle retentit à nos oreilles. La voix de l’intuition, c’est la conscience morale.

Brousse F., « Pensées divines », BMP, N°106, déc. 1992)

KARMA

On traîne après son corps une ombre colossale
Qu'un monstre impitoyable a jadis dessinée.
Dans l'horreur de nos destinées
Le poisson vert foudroie les cryptes abyssales !

L'aurore aux yeux pourprés plane en vain sur nos fronts
Comme un vieux cormoran parmi les rochers lourds.
Nos laticlaves de velours
Cachent mal sur nos chairs la marque des affronts.

Où sont nos regrets noirs et nos remords de flamme ?
Le verbe aux triomphants dictames
Contemple, médecin, notre lente agonie.

Les nuages martyrs éveillent le mensonge
Et leur racine atroce plonge
Aux flots épouvantés de l'angoisse infinie.

BROUSSE F., De l’autre Cygne à l’un, dans Œuvres poétiques, t. 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, p. 364