PARUTION

Péhadrita parmi les étoiles
Roman de François Brousse Aux éditions La Licorne Ailée

PRIX : 12 euros
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Chapitre XIV (Extraits)
Le Yoghi

Eor et Péhadrita se posèrent devant le yoghi. Un sourire émergea sur le visage marmoréen. Des paroles harmonieuses et fortes retentirent.

"Je m’appelle Ganeshananda, ce qui veut dire la joie de la Sagesse. Et je suis heureux d’accueillir deux nouveaux disciples qui me sont envoyés par Brahma. Salut, enfants de l’immortalité ! Vous êtes venus à moi du fond des âges. Les planètes auxquelles vous appartenez sont plus évoluées que la Terre, sur l’échelle des mondes, le long de laquelle montent et descendent les anges. Mais les lois transcendantales du Karma vous ont donné pour maître un yoghi de la Terre.

... Les hommes vivent dans l’état de sommeil. Ils dorment pesamment bercés par leurs planètes natales. Et des rêves, tantôt ravissants, tantôt sinistres, hantent l’imagination des endormis. Ils croient exister individuellement, séparés des autres, séparés de Dieu. Les hommes se meuvent dans le cauchemar de la séparativité. Ils naissent, souffrent et meurent, renaissent, souffrent encore, meurent à nouveau. Comment rompre cette chaîne infernale où la douleur engendre la douleur ? Les grands Rishis qui civilisèrent l’Inde antique, et le Bouddha au sourire illuminé, nous ont apporté l’Éveil. L’homme doit prendre graduellement conscience de son essence divine, il doit remplacer ses pensées finies par des pensées infinies. Il doit comprendre qu’il est Un avec l’univers aux formes innombrables. Quand la conscience cosmique remplacera la conscience limitée, les yeux de l’homme s’ouvriront. Il ne sera plus la proie gémissante des cauchemars, mais s’épanouira victorieusement dans le jour éternel. L’humanité se transmutera en divin. La joie suprême, la vigueur suprême, l’intelligence suprême et l’amour suprême tisseront la vie de l’Éveillé.
...
Eor ne s’attendait pas, certes, à devenir le disciple d’un Terrien. Pour les habitants de Vénus, la Terre n’était qu’une demeure inférieure, peuplée de fous et d’hystériques. Cette sévère appréciation ne manquait pas de justesse. Mais comme le montre l’emblème coréen, au centre du rouge brille un point blanc, au centre du blanc étincelle un point rouge. À l’intérieur du pire peut apparaître le meilleur. Ce sont les anciens brigands qui font les saints les plus nobles."

L’homme oiseau se rendit rapidement compte que ses progrès spirituels allaient devenir foudroyants sous l’impérieuse main du mage terrestre. Quant à Péhadrita, sa contexture fine, intermédiaire entre la matière et l’énergie, lui permettait de filer à une allure cométaire dans le ciel difficile des initiations. Ce qui, pour un humain normal demandait vingt-quatre ans d’efforts continus, fut un jeu pour le Vénusien et la Myrrhaenne. Douze mois suffirent pour les porter au zénith de la connaissance.

BROUSSE François, Péhadrita parmi les étoiles
Éd. La Licorne Ailée, Clamart
2e éd. oct. 2013 (1ère éd. 1983), p.202-205