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mercredi 6 août 2014

SI


Si vous avez un coeur, offrez le tendrement
À votre bien aimée qu'environne l'aurore.
Elle est comme une source à l'eau fraîche et sonore
Où se reflète la clarté du firmament.

Si vous avez une âme offrez la comme un rêve
De paradis dans la lumière de l'éveil.
Elle respirera cette fleur de soleil
Dont jamais l'exaltant souvenir ne s'achève.

Si vous avez un esprit fier, offrez le Lui
Car son aspiration va plus haut que l'espace.
Que l'univers s'effondre ou que le ciel trépasse
N'importe sur nos fronts l'inconcevable a lui !

22 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 101

vendredi 18 mars 2011

CANTATE


CANTATE

J'avais pour seuls soucis
Toutes les galaxies
Et les pôles aussi.

L'incroyable illumine
Les yeux purs du brahmine
Mais l'absolu chemine.

Qui pourrait arrêter
Le bruit de la cité
Dans l'être illimité ?

Senteurs de Germinal
Offrez votre cristal
Aux choeurs du Surmental.

L’infini se dilate
Dans l'âme délicate
Qui gémit sa cantate.

21 mai 1993

BROUSSE François, Les Miroitements de l’infini
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1994, page 378

mercredi 9 février 2011

Elle dort...


– XI –

(…)

Une vierge est couchée au fond de cette tombe.
Elle dort. Ses grands yeux fermés dans la Douleur
Laissent de leurs longs cils couler un vague pleur...
Et l'âme aux plumes de colombe
S'agenouille, accablée, et contemple en rêvant...
La dalle, impénétrable aux yeux de tout vivant
Sous son regard est transparente ;
Au dessus du sépulcre, elle chante une plainte
Qui coule et cesse, au loin, dans la profondeur sainte,
Comme une fontaine mourante... »


FANTAISIES_P_216_6cm – XII –

De même, le génie
Aime souvent pleurer
Et la brise infinie,
Glissant sur la Forêt
Sa dolente harmonie,
Dit : « Soupirez ! »

Je suis agenouillé,
Devant la Poésie,
Sur le gazon mouillé
Qui, de jasmins d'Asie
À corolle choisie,
Est émaillé.


BROUSSE François, Fantaisies, Huitième Livre,
La Poésie Aurorienne, « Aurorienne ou Chez ma Fée », XI et XII,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2000, p. 218- 219
(Dessin de jeunesse de François Brousse)

vendredi 21 janvier 2011

L'AVATAR

L'AVATAR

à Aurélie Saint Noël

L'Avatar est parfait. Il dompte la panthère,
Il console le monde, il trace le chemin.
Même quand il est homme il pense en surhumain
Son âme luit, saphir que nulle ombre n'altère.

Des planètes du gouffre aux jardins de Cythère,
Son rêve est une flamme et son verbe une main
Il montre aux malheureux l'éternel parchemin
D'où le mot Paradis illumine la Terre.

Des millions de dieux bouillonnent dans son cœur,
Sur les sept infernaux il se dresse vainqueur ;
La sagesse et l'amour s'épousent sur son faîte.

Quand on le crucifie il meurt en souriant.
Il porte aux affamés d'Occident et d'Orient
Le fruit d'éternité rêvé par les Prophètes.

21-05-1984

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 176

PILIER AKBAR

vendredi 1 mai 2009

RETRAITE


Marguerite

RETRAITE

Je serais une âme discrète
Dans une montagne secrète
Jusqu'à ce que le grand milan
M'emporte au coeur du firmament.

Laissons la Terre épouvantable
Se vautrer sous l'immonde table
Ô poésie, ô saint Amour,
Toi seule boit l'éternel jour.

Les Avatars et les Prophètes
Illuminent nos sombres faîtes
Montons, dans l'immortel moment,
A l'ultime ravissement !

3 juillet 1988

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 86

XIX. Le Grand Soleil - QUITOLATH

19_lameCe hiéroglyphe = 19 = S.
Il exprime dans le Monde Divin : le Ciel Suprême, le ciel de feu ; dans le Monde intellectuel, les vérités sacrées ; dans le Monde Physique : le bonheur.

Un immense soleil éclaire de ses rayons bienfaisants les deux enfants nus, fille et garçon, qui se prennent par la main et se sourient tendrement. Ils se tiennent debout au centre d'un triple cercle de fleurs éclatantes, rouge à la périphérie, puis bleu, puis de couleur d'or. A droite un cygne resplendissant plane dans le ciel ; à gauche, c'est un rossignol géant, aux yeux de perle.

Cette lame est en rapport avec le Soleil que regarde le génie Mikhaël. Son reflet multiple étincelle dans I'hellénisme de Julien l'Apostat, la religion divine de l'empereur Akbar, et la doctrine du Comte de Saint-Germain.

Résumons la métaphysique Solaire. Dieu, l'absolu, l'éternité, l'infini, la perfection, ne peut-être représenté par aucune image sensible. Néanmoins les soleils contiennent le plus d'essence archangélique, ils sont les visages éblouissants de l'Être Inconnaissable. Dans ces tabernacles de feu vivent les âmes libérées qui ne veulent plus avoir de contact avec la matière, et les âmes libératrices qui s'incarnent périodiquement pour apporter aux habitants planétaires la lumière de la vérité.

Parmi les soleils, deux nous intéressent fondamentalement: l'astre du jour, dont l'esprit se confond avec le Verbe, et le grand soleil central de la Galaxie, qui renferme dans sa sphère grandiose toute la quantité de Dieu susceptible d'être incorporée.

Par le végétarisme, l'amour universel, le respect des choses éternelles, par la contemplation des vérités métaphysiques (le Cygne), par la création d'une oeuvre d'art (le Rossignol), l'âme humaine finit par retrouver en soi l'Etincelle Solaire. Alors l'enfant du Soleil revient à sa patrie incorruptible.

Sur le plan historique, les dates dont l'addition théosophique marque 19 soulignent habituellement la paix. Elles ont des radiations surprenantes, mais bénéfiques. Par exemple, au XXe siècle, en 1909, le pôle Nord est atteint ; en 1918, c'est l'Armistice ; en 1936, c'est le Front Populaire, qui transforme socialement la France ; en 1945, c'est la reddition inconditionnelle de l'Allemagne et du japon ; en 1954, c'est la solution du problème indochinois ; en 1963, c'est le rapprochement entre les géants ennemis : l'U.R.S.S. et l'Amérique. Espérons pour 1981 et 1990 un nouveau soleil de concorde.

Sens horoscopique :
Tu seras heureux parmi les rayons de la paix et de l'harmonie, si tu sais renfermer le bonheur dans le secret de ton âme.

Extrait du livre La Trinosophie de l'Etoile Polaire, éd. La Licorne Ailée, 2ème éd., 1990, p. 186-188

mardi 21 avril 2009

DIATRIBE


Oui, vous avez le droit de rejeter Hugo
Et moi j'ai bien le droit de vous trouver idiot !

Vous avez le loisir de faire grise mine
Au géant que l'aurore insondable illumine ;
Mon rêve a le plaisir de vous savoir petits
Et de vomir vos noms dans la fange engloutis.

Touchez avec précaution le feu splendide
Car il pourrait brûler vos doigts.
Ô crapauds bafouilleurs, rampez dans l'ombre vide,
Ces oies se prennent pour des rois...

Pour comprendre le maître, il faut avoir dans l'âme
L'orchestre des parfums, non une plaie infâme ;
Pleutres, vous admirez les écraseurs d'humains
Lui, n'aime que l'étoile aux radieux chemins !

Vils histrions, léchez l'inconstante vipère
Dans vos antres de fiel
Cela n'empêche pas la mer et le tonnerre
D'adorer l'Éternel.

Dans le bleu de l'abîme on voit songer l'augure
L'âme en chantant les Dieux monte et se transfigure.

BROUSSE François, Ivresses et Sommeils
Imprimerie Labau, Perpignan, 1980, page 50

dimanche 15 mars 2009

LIBERTÉ


Dans les lis et les mirabelles,
Sous le gouffre bleu de l'été,
Les âmes brodent d'étincelles
La robe de l'immensité.

Par les lueurs surnaturelles
Qui tombent d'un ciel enchanté,
Je veux redéployer tes ailes,
Ô grand archange, ô Liberté !

Bonheur, Amour, Intelligence,
Ta main royale les condense,
En une montagne de feu !

Jardin aux éternelles pommes,
Liberté, fier regard des hommes,
Œil irrésistible de Dieu !

BROUSSE François, « Liberté », dans De l’autre Cygne à l’un
Œuvres poétiques – Tome 2, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 373

dimanche 8 mars 2009

UN BAISER



Je voudrais un baiser, qui me le donnera ?
Je voudrais un baiser, un baiser sur la bouche,
Mais il faut un coeur vierge à mon désir farouche,
Ce coeur tranquille et pur, qui donc me l'offrira ?

Je suis l'homme énervé qui se tord sur sa couche...
Ce baiser, je l'attends ; s'il vient, il calmera
Mon esprit vif, qui sensitif toujours vibra.
Mon désir fou, hélas ! fuit comme un vol de mouche.

Du seul amour charnel tous les corps sont emplis.
Tremble t il une fleur ? Scintille t-il un lys
Dans l'être merveilleux et noir qu'on nomme femme ?

Je suis le cerf des bois qui cherche un clair ruisseau.
Mon voeu court dans le ciel, tel un frêle cerceau...
Qui me le donnera, ce baiser ? Moi, dit l’âme.

08-07-1928

BROUSSE François, Voltiges et vertiges, dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 80

lundi 16 février 2009

L'âme vitale

Ramakrishna vous dira : « L’essentiel, c'est de prendre conscience du Moi divin qui est en nous ». Nous avons immédiatement une image de plusieurs « moi » qui sont en nous et qui correspondent effectivement à la réalité. Nous sommes composés non pas d’une âme, mais de quatre âmes. Pour cela Platon, et avant lui les philosophes hindous et chinois, l’avaient déjà dit. Il y a l’âme instinctive, l'âme éthérique, l'âme vitale, qui fait que nous sommes différents non pas des animaux mais des minéraux. Entre un minéral qui est soumis à la fatalité des lois physico-chimiques et la plante et l’être vivant et l’homme à fortiori, il y a une différence, une différence énorme qui est en quelque sorte expliquée par la finalité biologique ; il y a en nous une finalité qui permet aux milliards de cellules de travailler pour le développement, pour la défense et pour la reproduction de l’ensemble de l’organisme. Il y a en nous des phénomènes de direction qui font que le germe d’un chêne donnera naissance à un chêne, et non pas à un cèdre, et que la semence d’un chien donnera naissance à un chien, et non pas à un hippopotame.
Il y a, semble-t-il, toute une série de lois, un développement dans l’embryon qui est très exactement un devenir lancé vers une finalité ; il y a une finalité à l’intérieur de l’embryon, il y a une finalité dans les échanges. Par exemple, vous prenez n’importe quel aliment, c’est une synthèse, vous l’absorbez, elle est détruite, ensuite elle est recomposée à une nouvelle substance, une nouvelle synthèse qui est la chair et le sang, c’est-à-dire la substance même de nos cellules. Il y a dans un phénomène d’alchimie intérieure une sorte de finalité absolument grandiose. Dans la propagation des êtres réside également une finalité. Nous avons en nous un être qui est l’âme mettons instinctive ou l'âme vitale qui donne une forme à tout notre corps.

(...)

La purification de l’âme vitale. Elle est très simple. Nous avons en nous une âme vitale qui est à la base de notre appétit, de nos instincts de reproduction comme de l’épanouissement de notre être matériel ; or cette âme vitale se traduit par notre nourriture. C’est le commencement dans tous les Védas comme dans tous les Upanishads et aussi dans les doctrines secrètes de la Grèce antique, avec Pythagore, Apollonius de Tyane et Plotin. Eh bien, si vous voulez commencer sur le sentier de la vérité comme du bonheur, vous devez commencer par supprimer toutes les nourritures impures, c’est-à-dire la nourriture carnée. Il n’y a aucune raison pour que nous fassions souffrir des millions d’êtres et que nous les immolions pour notre gourmandise ou notre satisfaction puisque nous pouvons fort bien vivre justement sans massacrer des animaux innocents, d’autant plus qu’il y a un équilibre. J’aime rappeler la phrase d’Isaïe qui est un prophète un peu brutal et qui déclare : « La vie d’un bœuf vaut la vie d’un homme ». Je pense qu’il exagère, mais il y a quand même un équilibre entre la vie des animaux et la vie des êtres humains. En réalité, si nous souffrons tant et si nous avons tant de meurtres et de crimes, c’est parce que, tous les jours, nous causons par notre nourriture le massacre d’une multitude d’animaux infortunés et qui souffrent. Il semble que ce soit une des bases de la dialectique de la sagesse éternelle.

Brousse François, conférence, Prades, le 17 mars 1978
LES DIFFÉRENTES ÂMES (Extrait)

samedi 14 février 2009

C'est la Saint Valentin

C'est la Saint Valentin
Le ciel est de satin,
Nos âmes de lumière ;
Et nos amoureux chants
De l'aurore au couchant
Tremblent comme des lierres.

Les oiseaux de saphir
Dans les joyeux zéphirs
Sont des baisers qui passent.
Le parfum de ces fleurs
Jette l'amour vainqueur,
Plus vaste que l'espace.

Petit saint adoré
Prend nos rêves dorés
Que la pourpre entrelace
Et porte-les, tremblants,
Jusqu'au seuil fulgurant
De l'éternelle grâce.

14 février 1983
Saint Valentin

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 61

SAINT VALENTIN

Valentin, mage fulgurant,
Valentin, saint des amoureux
Poudre d'or et de diamant,
T'apportent mes plus tendres voeux,
En attendant de te serrer
Entre mes bras émerveillés,
Mes pensers, divine princesse,
Vers toi se dirigent sans cesse
Ainsi que les aigles des mers
Autour d'un phare aux yeux d'éclairs
Les grands cèdres métaphysiques
Et les résédas immortels
Dans une magique musique
Viennent fleurir tes doux autels
Car mon amour monte plus fort
Que la tempête et que la mort...
Parfums d'encens, parfums de roses,
En toi mon âme se transpose.

14 février 1990

BROUSSE François, Le Sourire de l’astre
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, page 43

vendredi 16 janvier 2009

UNE AUBE


Chant de Brigitte Kashtan - Dawn (Une Aube) - Extrait de son album Elevation


Une rose, un baiser, caressant ses flots lents,
Illuminent la mer interminable et sombre
Et des tisons de pourpre aux chocs étincelants
Commencent à rouler sur sa crinière d'ombre.

Les astres alanguis meurent dans la pénombre...

Les oiseaux, effarés d'amour, volent sanglants
Et, croisant dans l'azur leurs tourbillons sans nombre
Abandonnent au vent marin leurs duvets blancs...

Sous le calme du ciel d'où l'étoile de l'aube
Mouille à l'écume en feu les franges de sa robe
Une lueur grandit, frissonnante d'extase.

Le gouffre des forêts, dans la fraîcheur puissante,
Penche sa chevelure étrange et languissante
Que l'âme du matin de ses larmes embrase.

La source, où la lumière enlace ses mains vives,
Porte à l'océan vaste expirant sur la rive
Le mystère de l'arbre incendié de gazes...

Les transparences du nuage éploient leur flamme,
Sous le prisme des bois le cerf réveillé brame,
Et le pigeon pleure à la nuit son tendre amour.

La fleur de velours s'ouvre aux perles de rosée
Dont la rondeur éclate en graciles fusées,
Cent prunelles zèbrent son coeur tissé de jour.

Les ermites pensifs s'éveillent à l'aurore.

Dardant son envergure étrangement sonore,
Urgelle aux voiles clairs s'envole dans le bleu...
Sous les cheveux subtils de la lumière blonde,

Courbez vous et priez, ô peuples de ce monde,
Car le soleil levant est le regard de Dieu

BROUSSE François De l’autre Cygne à l’un
dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 286

jeudi 18 décembre 2008

LE TROUBADOUR


Toutes les choses sont possibles
Et notamment les impossibles,
Le souffle du destin
M'emmène au ciel lointain.

Mon âme veut éclore
Dans la nouvelle flore,
Le vent de Dieu m'implore
Et je m'évanouis
Comme un Maître ébloui.

Soyons au cœur du feu
Les vrais témoins de Dieu,
Le père irrémissible
Nous montrera la cible.

Il faut expirer dignement
Dans le fabuleux firmament
Par la porte semée d'étoiles
Il aspire à la gloire idéale
Nous entrerons, chaste clarté
Dans le noir monde illimité.

Ma mémoire aux mille détours
Comme un serpent me joue des tours.
De la lumière sans contour
Je suis l'éternel troubadour.

30 janvier 1994

BROUSSE François, Rencontre avec l’Être
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 196

dimanche 14 décembre 2008

SI

Si vous avez un coeur, offrez le tendrement
À votre bien aimée qu'environne l'aurore.
Elle est comme une source à l'eau fraîche et sonore
Où se reflète la clarté du firmament.

Si vous avez une âme offrez la comme un rêve
De paradis dans la lumière de l'éveil.
Elle respirera cette fleur de soleil
Dont jamais l'exaltant souvenir ne s'achève.

Si vous avez un esprit fier, offrez le Lui
Car son aspiration va plus haut que l'espace.
Que l'univers s'effondre ou que le ciel trépasse
N'importe sur nos fronts l'inconcevable a lui !

22 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 101

dimanche 7 décembre 2008

Qu'est-ce que l'Âme ?

Notre âme est incorporelle, car elle se situe hors de l'espace. Affirmation gratuite, direz-vous. Non ; simple constatation, due aux rigueurs de l'analyse.
En effet notre pensée ne possède ni hauteur, ni largeur, ni épaisseur. Quand je regarde un axiome, quand j'éprouve un esthétique ravissement, quand je désire l'absolu, mon regard, mon extase, mon désir n'occupent aucun lieu. Ils sont un, indécomposables, car ils n'offrent aucune spatialité. Nos habitudes mentales, alourdies de matérialisme, abêties de réalisme, comprennent difficilement cette pure substance. Elles ont perdu la gloire des altitudes, la respiration sublime des montagnes. Pourtant, nous sommes un principe non spatial, qui veut qui pense, qui aime, qui jouit et souffre, un point géométrique vivant. C'est ce que je nomme l'âme. Étant incorporelle, immatérielle, indissoluble, elle se couronne normalement d'immortalité.

L'hindouisme vishnouïte, le judaïsme kabbaliste, le bouddhisme mahayaniste, le christianisme rosicrucien, l'islam soufi sont d'accord avec l'analyse psychologique, et proclament la pérennité du principe spirituel.

Nous ne sommes pas un corps-âme, un monstre hybride, nous sommes une âme enfermée dans un corps, un prisonnier. En prenant conscience de notre prison, nous pourrons en sortir. Nous connaîtrons alors le soleil de la liberté, la Jérusalem céleste, le Nirvâna, le Ciel idéal. Tombent les chaînes de nos incarnations, et les murailles de notre bagne ! C'est pour nous apporter la clef de notre geôle que sont venus les Messagers de l'éternité, Rama, Krishna, Hermès, Zoroastre, Bouddha, Jésus, Manès, Nanak, Hugo, Gandhi et d'autres encore. Le Maître du Feu et du Pôle se devait d'apporter une gnose de Délivrance cosmique. La voici. Ce sont les Huit Méthodes, dont la pratique peut nous conduire, en une seule existence, à la Vie éternelle.

BROUSSE François, La Trinosophie de l’étoile polaire, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1990, page 305-306

vendredi 7 novembre 2008

GOÛT DU NÉANT

Tu médites, le cœur broyé, pauvre géant !
Et les braises de l'âme attisent leur souffrance
Sur les cendres du rêve immense...
Goût de la nuit, goût de la mort, goût du néant !

Taisez vous, ô clameur des vies originelles !
Pendant des millions d'années, me faudra t il
Sur des planètes d'or traîner mes longs exils ?
Je suis l'oiseau, chassé du royaume des ailes.

Se dissoudre dans le néant délicieux !
Mais le néant n'est pas, il faut lutter sans cesse.
Remets ton diadème, éternelle princesse,
Ô mon âme et partons dans la grandeur des cieux !
17-12-1951

BROUSSE François, Les Pèlerins de la nuit, dans Œuvres poétiques – Tome 1
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, page 195