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dimanche 11 janvier 2015

CHANT DE MAI


Nous allons dans le soleil,
Millions de femmes, millions d'hommes,
Nous allons dans le soleil
Et vers l'avenir vermeil

Nous voulons ressusciter,
Millions d'hommes, millions de femmes,
Nous voulons ressusciter
Le géant Fraternité !

La lumière chante en nous,
Millions de femmes, millions d'hommes,
La lumière chante en nous,
L'éclair brûle nos yeux fous.

La guerre au visage lourd,
Millions d'hommes, millions de femmes,
La guerre au visage lourd,
S'enfuira devant l'amour.

Les frontières des États,
Millions de femmes, millions d'hommes,
Les frontières des États
Disparaîtront sous nos pas.

L'imagination sacrée,
Millions d'hommes, millions de femmes,
L'imagination sacrée
Nous emporte et nous recrée.

Nous méprisons ce confort,
Millions de femmes, millions d'hommes,
Nous méprisons ce confort
Où l'esprit trouve la mort.

Nous sommes les feux follets
Millions d'hommes, millions de femmes,
Nous sommes les feux follets
Des grands espoirs étoilés.

Nous saurons mourir aussi,
Millions de femmes, millions d'hommes,
Nous saurons mourir aussi
Pour tuer votre souci !

Vivre libres nous voulons,
Millions d'hommes, millions de femmes,
Vivre libres nous voulons
Malgré les noirs aquilons.

La fureur des tyrannies,
Millions de femmes, millions d'hommes,
La fureur des tyrannies
N'abat point nos clairs génies.

Le réalisme infernal,
Millions d'hommes, millions de femmes,
Le réalisme infernal
Éteindra son vil fanal.

L'idéal prodigieux,
Millions de femmes, millions d'hommes
L'idéal prodigieux
Ouvre l'infini des cieux...

Nous sommes l'élan français,
Millions d'hommes, millions de femmes,
Nous sommes l'élan français
Des Bara recommencés

Nous sommes le genre humain,
Millions de femmes, millions d'hommes,
Nous sommes le genre humain
Qui s'ouvre un nouveau chemin

BROUSSE François, De l’autre Cygne à l’un
dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 384-386

vendredi 15 avril 2011

JE PRÉFÈRE TES YEUX


MATIN

La Lune s'est noyée dans la splendeur de l'air
Sous l'aube qu'à longs traits de flamme je déguste,
Je contemple, paré d'un diadème clair,
L'ombre d'or du Soleil sur les chênes augustes.

Et je pense à tes yeux, que traverse un éclair,
À ta bouche, pareille aux coupes de Locuste,
Ta bouche, où je savoure un immortel éther,
Sous l'aube qu'à longs traits de flamme je déguste...

Avril 1942

Brousse François
BMP N°260-261, novembre-décembre 2006


JE PRÉFÈRE TES YEUX

Ils meurent dans l'éclat sublime des batailles,
Dans les cris du clairon, dans les bonds du tambour ;
Les corbeaux affamés planent sur leurs entrailles...
Mais moi, je meurs d'amour.

Alexandre, sous son galop foulant la Terre,
Défie le vaste ciel vibrant d'éternité ;
Mais moi, je veux, couché sur des peaux de panthère,
Mourir de volupté.

Qu'importe l'héroïsme et qu'importe la gloire !
Dans ce tas de héros grouillent des assassins.
Je préfère tes yeux pleins d'une douce moire,
Et je veux m'endormir dans le creux de tes seins.

11 octobre 1942

Brousse François
BMP N°260-261, novembre-décembre 2006


mercredi 9 mars 2011

SOUVENIRS


SOUVENIRS

1978_04_L_ANGELUS_DES_REVES_FaceJe prends dans mes bras Diane aux prunelles vertes et aux ailes d'extase.
Ô fille du Soleil, te souviens-tu de nos amours avant de naître ?
Te souviens-tu de nos étreintes angéliques, dans la lumière antérieure ?
Nous ne formions qu’un dieu dans le parfum des fleurs astrales.
Tes yeux étaient les miens, ton cœur battait au fond de mon cœur.
Puis l’androgyne se fendait en deux tendresses face à face...
Comme nous contemplions, ivres de rêve, notre double unité !
Je caressais tes formes de femme-feu, corolles, colombes, brûlante neige, mer aux rythmes hallucinés.

1989_06_L_ANGELUS_DES_REVES Tu posais, sur mes cheveux altiers, ta main, comme l'aurore sur les cimes.
Te souviens-tu des séraphins admirateurs, ces abeilles autour de nos royales fleurs ?
Dans l’harmonie de leurs psaltérions, glissait la douce molécule de tristesse.
Hé quoi ! Laisser nos célestes amis pour un séjour sur la planète Terre ?
Nous n’avons rien perdu, car je te berce, entre mes bras saints et purs.
Ô paradis vivant, éden ressuscité, jouissance plus forte que les seuils de lumière et l’au-delà d’azur,
Ô jubilation de fontaines heureuses que soulève le chant des mondes et qu’illumine l’éternelle magie...



BROUSSE François, L’Angélus des rêves
Éd. Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1978, page 50-51
2e éd., La Licorne Ailée, Clamart, p. 50-51

lundi 21 février 2011

BANJOS


BANJOS

Jésus Christ, fils de Dieu,
A perdu son enjeu ;
Il nous captive peu.

Son enfer nous fait rire
Nous réservons nos lyres
Orphée ou Pythagore
Hermès qu'un feu colore
Et les deux Isidore,
Bouddha rempli d'aurore

Nous émerveillent mieux.
Les nostalgiques flûtes
Qui l'amour répercutent
Font flamboyer nos yeux.

Les maîtres qui vont naître
Posent sur nos fenêtres
Que l'indompté pénètre
Les triomphants banjos.

N'oublions pas Akhenaton
Aux incomparables dictons
Ni Salomon le magnifique
Avec qui l'inconnu trafique ;

Ni Apollonius de Tyane
Forêt aux fécondes lianes
Ni le fantastique Julien
Chlamyde aux innombrables liens.

Ils remplirent l'esprit des mages
De leurs bénéfiques images
Ils dominent les Apennins
Près d'eux les Césars sont des nains.

Tourbillon de condors farouches
Le Verbe flamboie en leurs bouches
Ils posent un tantrique doigt
Dans la lumière qui ondoie.

Grâce à leur haleine, le monde
Continue sa magique ronde
Et tous les êtres entreront
Dans le royaume d'Obéron.

1er avril 1993

BROUSSE François, Les Miroitements de l’Infini,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1994, p. 239-240

jeudi 17 février 2011

TRIBUNAL


TRIBUNAL

Vais je écrire une diatribe
Contre les rimailleurs du jour ?
Des vérités je suis le scribe
Je brandis le glaive si lourd...

La mer qui chante près d'Antibes
Viendra sans doute à mon secours
Elle me répand son amour
Le soleil flamboyant m'exhibe.

Devant cet énorme travail
Je fais rire mes dents d'émail
Car la difficulté m'absorbe.

Serai je un nouveau Juvénal ?
Je siège dans le tribunal
Au son magique d'un théorbe.

13 juin 1992

BROUSSE François, Le Baiser de l’archange,
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, p. 239


vendredi 21 janvier 2011

L'AVATAR

L'AVATAR

à Aurélie Saint Noël

L'Avatar est parfait. Il dompte la panthère,
Il console le monde, il trace le chemin.
Même quand il est homme il pense en surhumain
Son âme luit, saphir que nulle ombre n'altère.

Des planètes du gouffre aux jardins de Cythère,
Son rêve est une flamme et son verbe une main
Il montre aux malheureux l'éternel parchemin
D'où le mot Paradis illumine la Terre.

Des millions de dieux bouillonnent dans son cœur,
Sur les sept infernaux il se dresse vainqueur ;
La sagesse et l'amour s'épousent sur son faîte.

Quand on le crucifie il meurt en souriant.
Il porte aux affamés d'Occident et d'Orient
Le fruit d'éternité rêvé par les Prophètes.

21-05-1984

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 176

PILIER AKBAR

lundi 8 novembre 2010

NATIVITÉ



NATIVITÉ

Sur la terre au coeur froid succombent les espoirs
Mais l'aurore, comme un oiseau de feu, s'envole.
L'homme passe en pleurant, plus sombre que les soirs,
Pourtant sur son front luit l'éclatante auréole.

Des milliers d'arcs en ciel illuminent le pôle
Les escadrons du rêve assaillent les manoirs
Où la face des morts sourit dans les miroirs,
Et la fleur de l'abîme entrouvre sa corolle.

L'Amour viendra. L'Amour inévitablement
Haussera sur les monts le soleil diamant ;
Fantômes et démons rentreront dans leur antre.

Les dieux disparaîtront devant le feu vivant !
Jéhovah comme Allah s'effacent dans le vent.
Dieu frappe à notre porte et je réponds Qu’Il entre »

2 novembre 1986

BROUSSE François
Le Graal d’or aux mille soleils, éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 41

vendredi 1 mai 2009

RETRAITE


Marguerite

RETRAITE

Je serais une âme discrète
Dans une montagne secrète
Jusqu'à ce que le grand milan
M'emporte au coeur du firmament.

Laissons la Terre épouvantable
Se vautrer sous l'immonde table
Ô poésie, ô saint Amour,
Toi seule boit l'éternel jour.

Les Avatars et les Prophètes
Illuminent nos sombres faîtes
Montons, dans l'immortel moment,
A l'ultime ravissement !

3 juillet 1988

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 86

XIX. Le Grand Soleil - QUITOLATH

19_lameCe hiéroglyphe = 19 = S.
Il exprime dans le Monde Divin : le Ciel Suprême, le ciel de feu ; dans le Monde intellectuel, les vérités sacrées ; dans le Monde Physique : le bonheur.

Un immense soleil éclaire de ses rayons bienfaisants les deux enfants nus, fille et garçon, qui se prennent par la main et se sourient tendrement. Ils se tiennent debout au centre d'un triple cercle de fleurs éclatantes, rouge à la périphérie, puis bleu, puis de couleur d'or. A droite un cygne resplendissant plane dans le ciel ; à gauche, c'est un rossignol géant, aux yeux de perle.

Cette lame est en rapport avec le Soleil que regarde le génie Mikhaël. Son reflet multiple étincelle dans I'hellénisme de Julien l'Apostat, la religion divine de l'empereur Akbar, et la doctrine du Comte de Saint-Germain.

Résumons la métaphysique Solaire. Dieu, l'absolu, l'éternité, l'infini, la perfection, ne peut-être représenté par aucune image sensible. Néanmoins les soleils contiennent le plus d'essence archangélique, ils sont les visages éblouissants de l'Être Inconnaissable. Dans ces tabernacles de feu vivent les âmes libérées qui ne veulent plus avoir de contact avec la matière, et les âmes libératrices qui s'incarnent périodiquement pour apporter aux habitants planétaires la lumière de la vérité.

Parmi les soleils, deux nous intéressent fondamentalement: l'astre du jour, dont l'esprit se confond avec le Verbe, et le grand soleil central de la Galaxie, qui renferme dans sa sphère grandiose toute la quantité de Dieu susceptible d'être incorporée.

Par le végétarisme, l'amour universel, le respect des choses éternelles, par la contemplation des vérités métaphysiques (le Cygne), par la création d'une oeuvre d'art (le Rossignol), l'âme humaine finit par retrouver en soi l'Etincelle Solaire. Alors l'enfant du Soleil revient à sa patrie incorruptible.

Sur le plan historique, les dates dont l'addition théosophique marque 19 soulignent habituellement la paix. Elles ont des radiations surprenantes, mais bénéfiques. Par exemple, au XXe siècle, en 1909, le pôle Nord est atteint ; en 1918, c'est l'Armistice ; en 1936, c'est le Front Populaire, qui transforme socialement la France ; en 1945, c'est la reddition inconditionnelle de l'Allemagne et du japon ; en 1954, c'est la solution du problème indochinois ; en 1963, c'est le rapprochement entre les géants ennemis : l'U.R.S.S. et l'Amérique. Espérons pour 1981 et 1990 un nouveau soleil de concorde.

Sens horoscopique :
Tu seras heureux parmi les rayons de la paix et de l'harmonie, si tu sais renfermer le bonheur dans le secret de ton âme.

Extrait du livre La Trinosophie de l'Etoile Polaire, éd. La Licorne Ailée, 2ème éd., 1990, p. 186-188

jeudi 16 avril 2009

ÉVEIL

Tu songes loin de moi, je rêve loin de toi,
Nous vivons solitaires.
Quand viendra le soleil, éblouissant les toits,
Emerveillant la Terre ?

Je suis comme un désert foudroyé par le feu,
Comme un arbre sans sève.
Printemps irrésistible ouvre ton regard bleu
Dans les prunelles d'Ève.

La matière s'efface ainsi qu'un sombre rêve !
Ailés, nous monterons, dans le rire de Dieu.

10 mars 1986

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 21

lundi 6 avril 2009

Péhadrita parmi les étoiles (Extrait)


Roman fantastique de François Brousse

Péhadrita voguait de révélation en révélation. Le séjour parmi les hommes oiseaux lui plaisait infiniment. Ils se pressaient autour d'elle avec une curiosité amicale, les petits bondissant, les adultes et les vieillards pleins de sourire. Ce peuple unissait à un sens aigu de l'humour une bienveillance inaltérable. Eor, le cicerone de Péhadrita, lui montra les enclos où l'on cultivait le blé vénusien, la nourriture sacrée. De très hauts plateaux qui s'étendaient pendant des lieues et que recouvrait une carapace de matière transparente. Sous cette carapace, à l'abri des orages démesurés, foisonnaient vertigineusement des épis immenses, gros comme des pommes terrestres. L'homme oiseau et la Myrrhaenne, tels de bizarres insectes, vinrent s'abattre sur une vitre, Péhadrita ne pouvait se lasser de contempler l’océan roux, immobile, des blés géants, sous l'écran de cristal. Eor expliqua comment ces puissantes céréales provenaient d'une sélection intensive, dirigée pendant des siècles par l'intelligence des Vénusiens.

pehadrita_faceLes hommes oiseaux, dit Eor, possèdent un avantage inappréciable sur les autres règnes de la planète : ils se nourrissent uniquement de graines. Tandis que les dinosauriens dévorent la chair palpitante qui écrase leur cerveau, nous savourons des aliments purs. Ainsi notre destinée n'a pas à supporter le poids des souffrances animales, que la Justice Absolue renvoie sur leurs auteurs. Plus tard, dans quelques milliers d'années, nous pourrons tirer directement des radiations solaires les forces nécessaires à la vie. En attendant, nous nous délectons avec gourmandise de nos épis au goût délicieux.

– Les Myrrhaens, fit observer Péhadrita, ont atteint déjà le stade où l'on puise les énergies vibrantes de l'espace.

– Oui, dit en méditant Eor, votre race au point de vue matériel dépasse la nôtre. Votre corps paraît intermédiaire entre la matière pesante et l'éther subtil. Mais peut être possédons-nous une connaissance plus grande des secrets divins.

Péhadrita sut plus tard comment les hommes-oiseaux avaient découvert les plus hautes réalisations techniques, fabriqué des astronefs capables de les conduire jusqu'aux frontières du système solaire, et donné à leurs organismes une santé parfaite. Cependant la technique les intéressait médiocrement. Ils préféraient cultiver leur vie intérieure, s'adonner au mystère le plus échevelé, à la métaphysique ardente, et surtout à l'extase divine de l'Art. Chez eux, pullulaient musiciens, peintres, sculpteurs, poètes. Comme disait Eor, au lieu de perdre leur temps à détruire des planètes par explosions atomiques, ils aimaient mieux chercher dans leur coeur le point vital où l'âme individuelle rejoint l'âme universelle. Ils avaient pour la vie un respect total, an point de ne jamais tuer même un insecte. Comme les Myrrhaéens, les hommes oiseaux admettaient une évolution incessante allant de la pierre à Dieu, et faisant de tous les êtres les maillons d'une chaîne fraternelle.

(...)

Eor et Péhadrita aimaient se promener ensemble dans la pure atmosphère, tandis que la voûte des nuages moutonnait lumineusement au dessous d'eux. Entre l'homme oiseau et l'étrangère de Myrrha des liens pleins de douceur se tissaient chaque jour. Aucune union charnelle n'était possible entre deux créatures aussi dissemblables. Mais la délicieuse corde sentimentale vibrait mélodieusement, comme la fibre tendue d'un violon de songe. Une amitié amoureuse, d'ordre platonique, enveloppait de ses mailles blondes ces deux âmes d'élite.

Péhadrita disait les souvenirs de sa planète merveilleuse, les cinq soleils multicolores dans la gloire des cieux, les forêts de fleurs larges abandonnant aux brises leurs vertiges, les voyages aériens des Myrrhaennes... Elle conta son égarement, et sa lutte contre les monstres de l'espace, et sa rencontre avec l'homme papillon, et les prodiges entrevus sur Mercure. Eor, durant tous ces récits, demeurait pensif.

– Je ne comprends pas, lui dit-il un jour, la prophétie de l'homme papillon. La clef de ton retour se trouverait sur la Terre ? Or, cette planète n'a pas les connaissances de Mercure, ni de Mars, ni de Vénus. C'est un astronef émané de Vénus qui apporta aux hommes singes de la Terre, il y a quelques millions d'années, les rudiments de l'éternelle Sagesse. Seules, une lignée d'initiés terriens a compris le message et se transmet le divin flambeau. Des lois aussi évidentes que la Réincarnation restent ignorées de la masse des humains, dont la folie va d'un matérialisme grossier à des religions absurdes. La formule de l'Amour universel demeure lettre morte pour ces malheureux. Quand les maîtres vénusiens débarquèrent sur la Terre, ils apportaient des grains de notre nourriture sacrée, le blé. Grâce à Vénus, les Terriens mangent du froment, mais la plante supérieure a dégénéré dans leurs mains. Elle a perdu la grandeur et la splendeur qui la décorent ici ! Les Terriens viennent à peine de désintégrer, partiellement l'atome, et l'on craint que leurs passions belliqueuses ne fassent de cette découverte inouïe l'instrument de leur suicide.

BROUSSE François, Péhadrita parmi les étoiles
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1983, page 24-26

dimanche 15 mars 2009

LIBERTÉ


Dans les lis et les mirabelles,
Sous le gouffre bleu de l'été,
Les âmes brodent d'étincelles
La robe de l'immensité.

Par les lueurs surnaturelles
Qui tombent d'un ciel enchanté,
Je veux redéployer tes ailes,
Ô grand archange, ô Liberté !

Bonheur, Amour, Intelligence,
Ta main royale les condense,
En une montagne de feu !

Jardin aux éternelles pommes,
Liberté, fier regard des hommes,
Œil irrésistible de Dieu !

BROUSSE François, « Liberté », dans De l’autre Cygne à l’un
Œuvres poétiques – Tome 2, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 373

dimanche 8 mars 2009

UN BAISER



Je voudrais un baiser, qui me le donnera ?
Je voudrais un baiser, un baiser sur la bouche,
Mais il faut un coeur vierge à mon désir farouche,
Ce coeur tranquille et pur, qui donc me l'offrira ?

Je suis l'homme énervé qui se tord sur sa couche...
Ce baiser, je l'attends ; s'il vient, il calmera
Mon esprit vif, qui sensitif toujours vibra.
Mon désir fou, hélas ! fuit comme un vol de mouche.

Du seul amour charnel tous les corps sont emplis.
Tremble t il une fleur ? Scintille t-il un lys
Dans l'être merveilleux et noir qu'on nomme femme ?

Je suis le cerf des bois qui cherche un clair ruisseau.
Mon voeu court dans le ciel, tel un frêle cerceau...
Qui me le donnera, ce baiser ? Moi, dit l’âme.

08-07-1928

BROUSSE François, Voltiges et vertiges, dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 80

samedi 14 février 2009

C'est la Saint Valentin

C'est la Saint Valentin
Le ciel est de satin,
Nos âmes de lumière ;
Et nos amoureux chants
De l'aurore au couchant
Tremblent comme des lierres.

Les oiseaux de saphir
Dans les joyeux zéphirs
Sont des baisers qui passent.
Le parfum de ces fleurs
Jette l'amour vainqueur,
Plus vaste que l'espace.

Petit saint adoré
Prend nos rêves dorés
Que la pourpre entrelace
Et porte-les, tremblants,
Jusqu'au seuil fulgurant
De l'éternelle grâce.

14 février 1983
Saint Valentin

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 61

SAINT VALENTIN

Valentin, mage fulgurant,
Valentin, saint des amoureux
Poudre d'or et de diamant,
T'apportent mes plus tendres voeux,
En attendant de te serrer
Entre mes bras émerveillés,
Mes pensers, divine princesse,
Vers toi se dirigent sans cesse
Ainsi que les aigles des mers
Autour d'un phare aux yeux d'éclairs
Les grands cèdres métaphysiques
Et les résédas immortels
Dans une magique musique
Viennent fleurir tes doux autels
Car mon amour monte plus fort
Que la tempête et que la mort...
Parfums d'encens, parfums de roses,
En toi mon âme se transpose.

14 février 1990

BROUSSE François, Le Sourire de l’astre
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, page 43

jeudi 8 janvier 2009

On voit partout beaucoup de violence, comment faire régner l'amour ?

Je crois qu'on pourra faire venir l'amour lorsqu'on donnera une explication rationnelle à tous les maux qui existent sur la Terre. Évidemment, on se demande pourquoi autant d'horreurs sur notre planète, mais si vous faites intervenir les vieilles doctrines sur le péché originel ou même sur le hasard des éléments, vous n'avez aucune espèce de réponse. Par contre, si vous faites intervenir les notions de régénération et de réincarnation, vous savez que tous les maux qui existent sont le résultat des erreurs que nous avons commises dans nos vies passées. On peut dire aussi que la Terre, actuellement, est soumise à la violence pour trois raisons :

Premièrement le karma de nos existences antérieures.

Deuxièmement, le karma actuel que nous accumulons en détruisant les animaux, en les faisant souffrir, et en les torturant sous le prétexte de vivisection. Chaque fois que vous détruisez et que vous faites souffrir des animaux, vous créez des destructions humaines et des souffrances sur la Terre. Voilà deux causes essentielles.

La troisième provient de nos pensées. La pensée est une des forces fondamentales de l'univers, c'est une force terrifiante. L'univers n'existe qu'à travers la pensée de l'homme et la pensée de Dieu. Et si vous créez des pensées négatives, des pensées de haine, de vengeance, de colère, de fureur, elles vont se condenser tôt ou tard sous forme de guerres, d'épidémies, de terrorisme. Si nous avions la connaissance précise de ces trois causes de la violence, je pense que naturellement et normalement cette violence disparaîtrait.

« Le commencement de toute connaissance, a dit Salomon, c'est la crainte du Seigneur », c'est-à-dire la crainte du Seigneur du karma ; si vous saviez que ce que vous faites aux autres vous sera rendu intégralement, je ne pense pas que la violence puisse continuer sur la Terre, car elle serait repoussée uniquement par intérêt, mais c'est un travail de très longue haleine et il faudra persuader la quasi totalité de l'humanité que ce que je viens de dire est la vérité absolue.

BMP N°110 – avril 1993
Entretien avec François Brousse – Paris – Le 23-02-1983

lundi 5 janvier 2009

ÉTINCELLE

Quand l'amour nous conduit,
L'erreur n'a plus de cible.
La nuée irascible
S'efface dans la nuit.

Un espoir invincible,
Torche de gloire, luit.
Comme un enfant, il suit
La splendeur impossible.

Il s'avance à travers
L'horreur des cieux pervers.
La rose universelle,

S'ouvrant magiquement,
Jette, à son jeune amant,
L'immortelle étincelle.

3 août 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 141

dimanche 4 janvier 2009

ARMISTICES

D'innombrables armées
S'envolent en fumée,
Les canons monstrueux
Se dévorent entre eux,

Les avions farouches
Tombent dès qu'on les touche,
Victoires et revers
Torturent l'univers.

Quand donc cesserez vous
Humains d'être des fous ?
L'épouvante consacre
Le rythme des massacres.

Il suffirait pourtant
D'aimer l'azur constant,
Et de porter nos flammes
Vers le soleil des âmes.

La paix au front joyeux
Rénovera les cieux !

11 novembre 1993

BROUSSE François, Rencontre avec l’Être
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 14

mercredi 26 novembre 2008

La Bénédiction bouddhique


Que tous les êtres soient heureux au Nord,
Que tous les êtres soient heureux au Sud,
Que tous les êtres soient heureux à l'Est,
Que tous les êtres soient heureux à l'Ouest,
Que tous les êtres soient heureux au Nadir,
Que tous les êtres soient heureux au Zénith
Et que je sois heureux en mon être primordial et fondamental.

Voir propos de François Brousse à Perpignan, le 12 mars 1974 - Fichier PDF


Brigitte_Kashtan_couverture

Brigitte_Kashtan_dos


The Buddhist Blessing (La bénédiction bouddhique)
Chant de Brigitte Kashtan - Extrait de son album Elevation

Brigitte Kashtan-Jacob est psychologue clinicienne diplômée des universités de Paris, psychothérapeute transpersonnelle, spécialiste des voyages de l'âme, et en particulier des régressions dans les vies antérieures.

Conférencière internationale, co-fondatrice de l'Association Internationale de Psychiatrie Spirituelle, elle est le co-auteur des livres "Psychothérapie et Méditation" et "L'ego, la souffrance, la fin de la souffrance" (éditions Diamantel).

Chanteuse et compositeur, elle a produit 3 CDS : "ELEVATION", "L'ECHELLE de JACOB", et SHIRAT EL" (CHANTS DIVINS).

http://www.brigitte-kashtan.com/song_list.html

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jeudi 20 novembre 2008

PASSEREAU ET PASSERELLE


Un passereau
Aimait une passerelle,
Toute petite, toute frêle,
Riante sous ses longs cheveux d'eau...

Et le soupirant passereau
Lui serinait sa ritournelle
Depuis la perle de l'aube jouvencelle
Jusqu'au couchant couronné de flambeaux.

Je t'adore, ô belle des belles,
Ton image est pour moi le plus doux des fardeaux,
Mais j'ai beau voltiger sur ton dos mirabelle,

Dès le matin, à tire d'aile,
Jusqu'à ce que la nuit me tire son rideau,
Tu n'as pour moi qu'un coeur de bourreau,
Ou plutôt de bourrelle.

Hélas ! un jour le pauvre passereau
Se pencha sur les yeux de la passerelle
Et se noya dans ce beau regard d'eau
Que traverse une flamme cruelle.

Mais avant de mourir le passereau
Connut la joie surnaturelle
De posséder la passerelle.

Et depuis lors les tendres tourtereaux
Disent aux royales tourterelles :
Aimons nous, comme le Passereau,
Jadis, aima la Passerelle...

BROUSSE François, De l’autre Cygne à l’un, Dans Œuvres poétiques – Tome 2, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 305

mardi 4 novembre 2008

ESPACE

La torche de l'amour s'échevèle sur toi,
Un astre t'accompagne,
Je suis le bleu ramier qui, sur le bord d'un toit,
Appelle sa compagne.

Aux tambours de l’An Neuf je mêle ma chanson,
Un clocher me réveille.
La cloche et le tambour me répètent ton nom,
Sous l'abeille et la treille.

Je suis l'arbre d'azur, le cheval, le soleil,
Tu remplis les étoiles ;
Nous monterons tous deux dans l'espace vermeil
Où la face de l'Être Inconnu se dévoile.

28 décembre 1985

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 19

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