Mot-clé - Audio

Fil des billets

jeudi 23 avril 2009

Les noms de blasphème



Eh bien, les nouvelles doctrines, nazisme, fascisme, communisme, collectivisme sous toutes ses formes, ont pour résultat immédiat d’enfermer l’âme humaine individuelle dans l’âme collective et de nous faire descendre du plan de l’humanité dans le plan de la Bête qui elle, possède effectivement, une âme collective.

Alors, lorsque vous voulez vous engloutir dans une masse – c’est ce que vous demande à peu près tous les mouvements actuels – eh bien, vous en êtes marqués au front et au cœur par le signe de la Bête, c’est très net. Vous perdez votre indépendance pour obéir à quelque chose qui vous dépasse. Cela vous dépasse en effet. Nous ne devons pas tomber dans l’inconscient mais nous devons monter dans le supraconscient et entre les deux il y a le conscient individuel. Nous sommes sur le pont de l’abîme : derrière nous nous avons la rive ténébreuse, devant nous nous avons la rive de lumière. Il faut aller vers la rive de lumière : le supra conscient, la conscience cosmique et non pas tomber dans la rive inférieure, c'est-à-dire l’infra conscient, c'est-à-dire l’obéissance aveugle et intérieure à une âme collective. C’est cela la marque de la Bête. C’est une des caractéristiques les plus nettes de l’Antéchrist. Le Christ, c’est l’homme individualisé arrivé à la surhumanité. L’Antéchrist, c’est l’animal qui se fond à l’intérieur d’une âme collective.

Et maintenant si nous descendons encore un peu plus. Après le système solaire où sont emprisonnées les âmes – car les planètes ne sont pas autre chose que des prisons –, les âmes vivent dans le Soleil spirituel. Lorsqu’elles commencent à s’incarner – passe encore pour le Soleil matériel – mais lorsqu’elles s’incarnent plus bas, c'est-à-dire dans les planètes, à ce moment-là ce sont des bagnes. Et nous devons nous libérer de tous ces bagnes. Ces bagnes ont comme puissance l’influx astrologique. Nous sommes soumis à l’influence de toutes ces planètes. Nous devons les dépasser. C’est pourquoi le sage domine les astres. Et quelle que soit la période terrifiante dans laquelle nous vivons nous devons normalement atteindre le supra conscient, l’infini, l’absolu et l’éternel. C’est pourquoi nous sommes d’ailleurs sur Terre. Nous devons nous libérer de nos liens planétaires.

À côté de cela, vous avez au-dessous, je vous l’ai dit, le signe de la Bête et l’Église romaine par-dessus le marché. Alors, l’Église romaine est aussi une sorte d’Antéchrist. C’est une partie de cette image gigantesque qui est la femme cosmique. Cette femme est assise sur une bête à sept têtes. Il est très facile de voir quelles sont les sept têtes. Rome est assise effectivement sur sept collines. C’est avec Constantinople peut-être une des rares villes de l’univers qui comprenne sept collines. Les sept collines de Rome sont le signe très net de la bête apocalyptique qui règne sur tous les peuples de la Terre. Nous allons voir d’ailleurs d’autres caractéristiques qui seront extrêmement curieuses. Cela dit, il y avait quand même des noms de blasphème, il y avait des noms de blasphème et quels étaient ces noms de blasphème ? Eh bien, ces noms de blasphème, ce sont les noms des pontifes, des rois et des césars, des dictateurs pour revenir si vous voulez à la Terre. Avant de revenir sur la Terre, montons dans les hauteurs du ciel. Ces noms de blasphème, ce sont les noms des sept planètes. Je laisse de côté le Soleil. Le Soleil étant un peu en dehors de cela et à ce moment-là, les sept planètes ne sont plus le Soleil, la Lune etc., mais à la place du Soleil, il y a Aster ou Héliopolis. Aster ou Héliopolis, c’était la grande planète qui existait entre Mars et Jupiter et qui a éclaté il y a de cela quelques centaines de millions d’années parce que Lucifer avait voulu s’installer sur cette planète et créer une race d’hommes absolument indépendante et qui par conséquent, rejetterait toute suggestion, y compris l’obéissance aux lois cosmiques et divines. Et c’est là, l’erreur !

Lucifer voulait détruire le karma. Il voulait élever son trône au-delà des étoiles du ciel. Il pensait créer une race qui serait une race de Dieu mais libérée du karma, tout en étant une race d’hommes. Elle pourrait faire n’importe quoi, elle pourrait assouvir ses instincts les plus violents et les plus sauvages sans qu’il y ait une loi de retentissement et de justice qui fasse revenir sur l’auteur du crime la pesanteur de sa faute. Eh bien, en réalité, c’est le rêve que font actuellement certains êtres aussi. Ils s’imaginent que l’homme est absolument libre attendu qu’il n’y a pas de dieux et qu’il peut supprimer les conséquences mauvaises de ses actes négatifs et de ses pensées négatives. C’est impossible sauf si l’on fait jouer la pensée positive. Et à ce moment-là nous faisons un travail de magie supérieure et non plus un travail de magie inférieure. Mais sans vouloir faire jouer la pensée positive, Lucifer voulait supprimer tout simplement cette grande loi que Newton a découvert et qui veut dire : « À toute action correspond une réaction égale et de sens contraire. » C’est vrai sur le plan inférieur comme c’est vrai sur le plan supérieur. Eh bien, cette planète a éclaté et les astéroïdes qui sillonnent le ciel entre Mars et Jupiter sont le résultat de son éclatement. Cela explique d’ailleurs toutes les légendes sur la guerre des anges comme sur la guerre des titans contre les dieux. Ces légendes qui se retrouvent à peu près partout.

Ces noms de blasphème sont :

Aster, c'est-à-dire l’astre inférieur éclaté, qui correspond à la dispersion mentale. Nous sommes incapables de concentrer toutes nos forces sur un seul idéal. Et nous aboutissons à une dispersion mentale qui est le reflet si j'ose dire d’Aster, la planète éclatée entre Mars et Jupiter.

Vous avez ensuite la Lune (Luna) ; son nom de blasphème serait qu’elle est unique et qu’elle est le chemin unique pour atteindre l’Absolu. Or, la Lune peut servir de chemin en ce sens qu’elle ouvre la route des visions. Mais la Lune inférieure ouvre la route des illusions. C’est celle des médiums inférieurs qui sont en proie aux basses sollicitations de l’astral inférieur. À ce moment-là, c’est la chimère, c’est l’illusion, c’est surtout l’angoisse et l’épouvante. Alors, d’un côté la dispersion, non seulement dispersion mentale, mais également une dispersion absolue : nous refusons d’être Un avec nos frères les hommes, mais nous consentons quand même à être Un avec une doctrine, une religion ou une nation ; puis ensuite, vous avez la Lune, c'est-à-dire les illusions et les chimères, l’angoisse et l’épouvante.

Vous avez ensuite Mars qui représente d’autres noms de blasphème parce qu’ils représentent la destruction et la guerre. Alors, on a toujours d’excellentes raisons pour faire la guerre : c’est soit au nom de Dieu soit au nom du diable, soit au nom de la pureté, soit au nom de la liberté, soit au nom de l’impureté. Et l’homme sera suffisamment habile pour choisir un nom nouveau lorsque le nom ancien aura perdu de son prestige.

Ensuite, vous avez Mercure. Eh bien, Mercure, c’est encore un nom de blasphème si nous restons sur le plan inférieur des planètes. Les planètes ont toujours trois plans : le plan de l’esprit, le plan de l’âme et le plan du corps. Nous sommes maintenant sur le plan inférieur de l’âme. Parce que le corps a trois plans, l’âme a trois plans et l’esprit a trois plans aussi. Ce qui compose le nombre fatidique et parfait « 9 » qui est en effet le nombre des neuf muses, et qui est le nombre essentiel de la divinité. Nous revenons par conséquent à l’astral inférieur et à ce moment-là, Mars c’est la violence, c’est la domination, c’est la dictature et c’est la guerre des classes, c’est la guerre sainte. Vous le voyez nettement chez Mahomet : il faut faire la guerre aux ennemis de Dieu. Et les ennemis de Dieu sont naturellement ceux qui ne pensent pas comme Mahomet, et qui affirment que Dieu n’est pas Un mais qu’il y a plusieurs dieux. Or, il y a à la fois un Dieu et plusieurs. Ensuite, nous avons la guerre des classes qui prétend qu’on ne pourra faire de progrès qu’à travers une révolution et dans cette révolution on détruira naturellement la classe inférieure, la classe bourgeoise, pour établir le règne de la justice sur la Terre. Vous avez une troisième manière c’est la guerre comment dirais-je, purificatrice. Par exemple, pour les nazis – et pour d’autres d’ailleurs – la guerre darwinienne permet aux individus supérieurs de subsister. Les vaincus sont obligatoirement les faibles et par conséquent, la guerre est une sélection et en même temps, elle purifie l’univers. C’est au nom de doctrines de ce genre-là que le nom de blasphème de Mars s’est répandu sur la Terre.

Nous arrivons à Mercure. Alors, pour Mercure c’est différent. C’est l’intelligence dialectique et alors, nous atteignons ce que nous appelons le péché contre l’esprit. Le péché contre l’esprit, c’est le refus systématique de voir la Vérité. Parce que la vérité nous gène et parce que nous voulons que le monde soit autrement qu’il n’est. Ce péché contre l’esprit plonge dans les profondeurs de notre auto-satisfaction comme de notre ignorance. Le péché contre l’esprit par exemple, sera d’utiliser toutes les ressources d’une dialectique prodigieusement complexe pour essayer de démolir des vérités que l’on sent intérieurement être des vérités. Et on ne veut pas qu’elles existent car elles nous gênent. Par exemple, Sartre qui d’ailleurs est un très grand esprit nous déclarera que Dieu n’existe pas parce que si Dieu existe, l’homme n’est pas entièrement libre, et que Dieu gène la liberté humaine. C’est une très belle explication qui serait, si elle n’était pas aussi profonde – parce qu’il y a quand même une certaine profondeur – qui serait un péché contre l’esprit. Dieu me gène d’une manière générale parce que je veux que l’homme soit le seul Maître de l’univers ! Et je ne veux pas d’un Être transcendant ! C’est une erreur parce qu’on ignore que l’Être transcendant est en même temps l’Être immanent, et que Dieu, s’il repose dans les hauteurs transcendantes du ciel repose également dans le cœur flamboyant des hommes. Il faut le retrouver à la fois en haut de nous et à l’intérieur même de nous-même. Comme le disait saint Paul : « L’homme est le temple de la divinité » et comme disaient les Védas : « Tu portes en toi un ami sublime que tu ne connais pas car Dieu brille et resplendit à l’intérieur de l’âme humaine ».

Après Mercure, l’autre nom de blasphème c’est Jupiter. Jupiter représente l’ordre, la hiérarchie. Alors à ce moment-là, il faut obéir scrupuleusement à tous les degrés hiérarchiques. Mais cela va plus loin. Le monde doit être puissamment fondé sur l’obéissance et tout en haut, il y a un Maître autoritaire qui délègue sa puissance à une multitude d’intermédiaires. Ces intermédiaires s’imposent à toute la Terre. Cette idée de hiérarchie se retrouve effectivement sur tous les plans et elle atteint son maximum par exemple, dans des êtres qui pourtant sont merveilleusement éclairés par certains autres cotés. J’ai parlé de l’A.M.O.R.C et de la Société théosophique par exemple. Dans l’A.M.O.R.C, la puissance sociale est la marque resplendissante de la puissance intellectuelle et spirituelle, ce qui est magnifiquement faux ! C’est l’erreur saducéenne. Les grands maîtres que peuvent-ils faire ? Eh bien, ils n’ont pas où reposer leur tête la plupart du temps. En tout cas ils sont libérés de toute impression de puissance. Dans la théosophie – la société théosophique pardon, ce qui n’est pas la même chose – vous avez quelque chose de curieux que vous retrouvez par exemple, dans un des plus grands voyant de tous les temps pourtant et qui est Leadbeather. Eh bien, on voit que plus on est élevé dans la hiérarchie sociale, plus les âmes qui occupent ce rang sont évoluées. Alors, par exemple, en Angleterre, l’être le plus évolué d’Angleterre, c’est évidemment la reine. Et puis après, c’est le Premier Ministre et après ce sont les ministres et ainsi de suite. Quant aux malheureux ouvriers, aux malheureux mineurs, il ne faut pas en parler : ce sont des âmes tout à fait inférieures. Alors là, c’est encore le péché, le blasphème de Jupiter.

Intervention : Pas besoin d’aller en Angleterre, à Prades c’est comme ça encore…

François Brousse : Ah bon ? (Rire de François Brousse) Je précise malgré tout que c’est Leadbeather qui l’a exprimé le plus clairement. Mais ce phénomène qui est en effet, en Angleterre se retrouve naturellement sur toute la Terre.

Et vous avez à côté de cela Vénus. Alors là, Vénus, c’est essentiellement sur le plan supérieur l’amour qui aboutit à la fusion. Par exemple, c’est l’amour de l’âme humaine et de l’âme divine. Alors, ce sont les noces de l’Éternité. Et on arrive à l’Illumination par ce chemin qui est à la fois parsemé d’étoiles et ponctué de comètes. Mais à côté de cela, vous avez l’amour inférieur qui est simplement l’attraction physique, l’attraction sexuelle, et c’est un des derniers signes de la fin des temps aussi que le débordement des plaisirs uniquement corporels. Comment dirais-je, la montée grandissante de la pornographie qui n’est même plus le plaisir que peuvent goûter deux êtres qui ont à la fois un désir physique et une sympathie réelle l’un pour l’autre. C’est purement et simplement – je parle de la pornographie – purement et simplement l’exaltation égoïste d’une bête personnelle. Là aussi nous sommes dans le cinquième nom de blasphème.

Le sixième nom de blasphème, c’est Saturne. Saturne, je vous l’ai dit, c’est la mort et la destruction. Eh bien, le nom de blasphème de Saturne est simple : il s’appelle le néant. Nous sommes persuadés que nous sommes sortis du néant et que nous rentrerons dans le néant et cela aussi, c’est un nom de blasphème. C’est une erreur, mais c’est une erreur terrible parce que nous sommes persuadés que c’est une vérité en vertu du principe d’autodestruction qui est en nous. Nous voulons détruire notre âme éternelle parce que nous avons un complexe de culpabilité et par conséquent de destruction personnelle. Il faut dépasser ce complexe pour entrer dans la connaissance parfaite de nous. C'est-à-dire nous sommes des êtres éternels et nous vivons éternellement dans l’éternité. Comme disait Moïse à un moment donné : « Avant que les montagnes ne soient dressées, avant que la Terre ne soit créée, ô Yahvé, tu existais éternellement. Et tu existeras éternellement après la destruction de tous les mondes » Ce cantique de Moïse correspond effectivement à une vérité puissante, c’est d’ailleurs pourquoi il appelait Dieu, « l’Éternel ». C'est-à-dire le Maître de l’éternité.

Conférence de François Brousse - Extrait - 04 septembre 1976

dimanche 5 avril 2009

L'Apocalyspe - Conférence du 26 avril 1979 - Extraits


F. Brousse, Commentaires de l’Apocalypse, Chap. 17, Versets 14-15

Le karma


Alors effectivement, les rapports entre l’homme micro-organisme et l’univers macro-organisme sont fondés sur l’Amour, la Sagesse et la Beauté. Ajoutons aussi la Justice puisque la Justice est le propre même du karma et que la connaissance du karma est le commencement de la Sagesse. Lorsque l’on sait par exemple que tout ce que nous faisons aux autres sera rendu non pas avec usure mais sans usure – Dieu n’est pas un usurier – et nous sera rendu intégralement ni plus, ni moins, et bien, on commence par surveiller notre conduite et à essayer de ne plus faire du mal consciemment à qui que ce soit car le mal que l’on commet dans les ténèbres sans doute les hommes ne le voient pas, mais la loi implacable de justice le voit et aussi sûrement que la loi de la gravitation balance les mondes dans l’infini, de la même manière la loi karmique balance les âmes dans l’éternité. Si nous avons fait un mal aux autres, cela nous sera rendu. Je m’empresse de vous dire que la nouvelle doctrine suivant toute probabilité mettra l’accent sur deux choses : sur l’idée de karma et sur l’idée de continuité de l’homme avec l’univers.

L’idée d’unité homme-univers, nous la retrouverons dans cette énorme vérité qui surgira, qui sera de nouveau déployée comme un vaste drapeau multicolore :

Le grand Être humain


c’est que l’homme est uni à l’humanité. Nous en sommes actuellement un peu à la guerre de tous contre tous – chacun a son égoïsme personnel et veut détruire ou bien humilier ou dominer les autres. En réalité nous saurons que chacun de nous est une cellule d’un super organisme appelé l’Humanité qui est étendu dans le temps et dans l’espace et de même que notre organisme total dépasse incommensurablement la vie et la pensée de chaque cellule, de même le grand être humain dépasse considérablement la vie et la pensée de chaque homme individuel.

Ça c’est, je crois, c’est une des idées qui seront à la base de la religion future avec cette seconde idée, qu’il faut se dévouer pour autrui et se sacrifier à l’humanité. Cette idée cette fois-ci ne sera pas fondée sur une simple effusion sentimentale comme à l’époque du Christ mais bien sur la science – au moins sur la philosophie scientifique – lorsque nous aurons découvert tous les liens qui unissent l’homme à l’humanité.

Le pouvoir de la pensée

L’on saura effectivement, nous sommes en train de le découvrir plus ou moins et il est très curieux parce que cela se découvre surtout en URSS qui est un pays matérialiste par excellence, qui a affirmé solennellement son athéisme volontaire et violent mais qui est en train de découvrir qu’il existe d’immenses courants de pensées entre tous les êtres humains – ce qui fait que tous les êtres humains en réalité ne forment qu’une unité, avec naturellement son indépendance personnelle. Ces êtres humains évidemment doivent savoir qu’ils sont Un et qu’ils sont multiples en vertu d’une nouvelle théorie que d’ailleurs on a vue à travers Hegel et qui se retrouve déjà dans Platon et qui se retrouvera en Platon dans Héraclite, c’est-à-dire l’idée de la fusion des contraires. Chaque être est à la fois lui-même et son contraire et en nous il y a nous et le contraire de nous – il y a en quelque sorte l’être et le non-être fondus dans l’Être et c’est à ce moment-là qu’en effet, nous verrons que il y a en nous à la fois une merveilleuse unité : c’est le Moi cosmique et le Moi conscient : c’est l’étincelle divine indestructible, l’atome primordial indestructible aussi et pensant et conscient, je l’appelle l’âme et ce qui n’empêche pas que tous ces atomes soient reliés dans les réseaux du magnétisme universel ; ce qui fait que nos pensées ont une action sur toute la Terre et tout ce qui arrive sur la Terre est le mélange, la combinaison la synthèse de nos pensées. Je vous avais cité cet exemple en 1938 ; je crois, je me souviens qu’un maçon aveugle m’avait dit ceci : – Et bien, maintenant tout le mal triomphe sur la Terre car le dictatures sont partout les maîtresses des peuples, nous avons perdu le sens de l’idéal et le sens de la justice. Il ne restera plus qu’à inventer une bombe et que cette bombe détruise toute l’humanité.

Eh bien, en somme il le pensait et ma foi, elle est en train d’être réalisée ; c’est ce qu’on appelle la bombe du Jugement Dernier, elle est simplement dix mille fois plus puissante qu’une bombe de cent mégatonnes et nous en avons des centaines de bombes de cent mégatonnes, ce qui fait que suivant toute probabilité le clairon du Jugement Dernier a déjà sonné.

Alors, en somme, nous formons une véritable unité, un organisme baigné dans un océan psychique, ce qui explique d’ailleurs par parenthèses pourquoi des idées brusquement se répandent chez les peuples les plus éloignés et qui n’ont entre eux aucun lien.

(...)

L'obéissance

Le propre de la doctrine totalitaire, représenté par la grande Prostituée qui domine tous les rois de la Terre, c’est l’obéissance. Sitôt que l’on parle d’obéissance absolue et de destruction complète de l’individualité du livre ??? et on aboutit à l’Antéchrist, c’est-à-dire au courant noir et destructeur qui combat le courant lumineux et qui mène l’humanité vers l’anarchie, la mort et l’anéantissement et vers le règne de la Bête. C’est ce que Saint Jean appelle le règne de la Bête. Or le règne de la Bête c’es bien l’état d’âme de la Bête, c’est-à-dire l’état d’âme collectif car l’âme de la Bête est surtout une âme collective et en même temps la suppression de toute liberté humaine et de toute grandeur intellectuelle humaine. Selon, mettons Porphyre il faudrait être, pour arriver à l’illumination, il faut être à la fois poète, métaphysicien et en même temps un juste et un être plein d’amour pour l’humanité ; c’est à ce moment-là qu’on aura réunis en soi ces trois soleils resplendissants, que l’on quittera la Terre pour rentrer dans le royaume de l’éternel bonheur et de l’éternelle lumière.

lundi 23 mars 2009

TOUT





Photo_branche_hiver Je porte sur le front la Lune
Je porte un soleil dans mon cœur
Toute ténèbre est importune
Je porte sur le front la Lune.

Je connais le secret des runes,
Je déchiffre les cieux vainqueurs,
Le cromlech pleure sur la dune,
Le merle pousse un cri moqueur.
Je porte sur mon front la Lune
Et tous les soleils dans mon coeur.

29 octobre 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 153

dimanche 8 mars 2009

UN BAISER



Je voudrais un baiser, qui me le donnera ?
Je voudrais un baiser, un baiser sur la bouche,
Mais il faut un coeur vierge à mon désir farouche,
Ce coeur tranquille et pur, qui donc me l'offrira ?

Je suis l'homme énervé qui se tord sur sa couche...
Ce baiser, je l'attends ; s'il vient, il calmera
Mon esprit vif, qui sensitif toujours vibra.
Mon désir fou, hélas ! fuit comme un vol de mouche.

Du seul amour charnel tous les corps sont emplis.
Tremble t il une fleur ? Scintille t-il un lys
Dans l'être merveilleux et noir qu'on nomme femme ?

Je suis le cerf des bois qui cherche un clair ruisseau.
Mon voeu court dans le ciel, tel un frêle cerceau...
Qui me le donnera, ce baiser ? Moi, dit l’âme.

08-07-1928

BROUSSE François, Voltiges et vertiges, dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 80

samedi 7 mars 2009

Conférence du 14 février 1989 - La Sagesse de Pythagore


1988_01_19_La_sagesse_de_Pythagore1988_01_19_La_sagesse_de_Pythagore_DOS



vendredi 6 mars 2009

L'IDÉE DE DIEU



Le matin déployait sur les montagnes roses
Ses ailes d'écarlate aux frissons éclatants,
Et les gouffres environnaient l'aigle titan
De votre orgue effrayant, ô forêts grandioses !

Le fleuve entrelaçait de bleues métamorphoses
Les grands mirages verts qui peuplent le printemps ;
Des fleurs énormes, des calices exultants,
Offraient aux papillons un miel d'apothéose.

Les paons de neige et d'or volaient dans les ravins.
L'Homme sentait l'immense harmonie du Divin
S'abattre sur son coeur du front sacré des cimes,

Et, vibrant avec la Terre ardente, il voyait,
Derrière le soleil dont les yeux flamboyaient,
Un Père Tout Puissant sourire dans l'abîme.

BROUSSE François, Le Poème de la Terre
Dans Œuvres Poétiques – Tome 1, Éd. La Licorne Ailé, Clamart, 1986, page 43

La Mésaventure de Méphistophélès



Méphistophélès

Je suis Satan, l'indestructible ennemi de Dieu, l'antique Foudroyé qui s'écroula des profondeurs du ciel jusqu'aux abîmes de l'Enfer, le formidable Rebelle qui mordit les pieds lumineux de l'Archange Gabriel, le Dragon qui faillit manger la Vierge et le Petit Jésus tremblant comme un lièvre, lui, le Créateur du Monde !

Je suis l'intarissable empoisonnement de la vie, la fureur inextinguible, le volcan d'épouvante et de vengeance. Je m'appelle la Haine, et la haine étincelle dans mes yeux, grince entre mes dents, écume dans ma bouche, rugit dans mon cœur, gronde dans les furieux torrents de mon sang de flamme ! Tous les poils de mon corps vibrent de haine. Scrute ma respiration, tu trouveras de la haine à chacun de ses souffles ! Jésus a donné à ses disciples sa chair d'amour et de lumière ; moi, je donne aux miens mon corps prodigieux et ils en ont la bouche pleine de haine.

Si tu pouvais, fût-ce un moment, comprendre la hauteur, la largeur et la profondeur de cette haine, tu aurais dans ton crâne une intelligence plus formidable que n'en auraient joints en un seul tous les génies qui ont illuminé, qui illuminent et qui illumineront la Terre. Dieu trône dans l'éternité du Paradis, je trône dans l'éternité de l'Enfer. Il a ses archanges qui lui braillent des louanges, j'ai mes démons qui me rugissent un monstrueux amour. Il a quelques pauvres millions d’Élus, moi, j'ai l'immense masse des damnés, l'incommensurable océan des égarés. Comme un vautour qui se repaît d'une brebis, je referme mes ailes infrangibles sur le globe gémissant ; je lui ouvre le ventre, je lui dévore les entrailles, je fais craquer ses os douloureux dans ma gueule triomphante. L'univers est notre champ de bataille. Environné de ses escadrons célestes, Jéhovah essaie de lutter, il roidit ses bras contre l'effrayant Satan ! Mais l'ombre de mon profil éteint le reflet de sa face. Je le poursuis dans la bonté de ses ouvrages, j'empoisonne la source, je souille la fleur, je glace l'oiseau, j'embrase les forêts, je dessèche les mers ; je vomis les crapauds, les vipères et les scorpions, je crache les scolopendres et la limace ; mon souffle est l'ouragan, ma voix le tonnerre, mon cœur les laves de la Terre. Ce pauvre petit Dieu qui m'a terrassé par surprise, je le terrasse, moi, en plein jour, dans son ouvrage de prédilection, dans sa dernière forteresse, l'homme ! Je souffle les obscénités au corps de l'enfant, l'érotisme dans le sang des vierges, j'enfièvre et je débilite l'adolescent j'éveille un effroyable fonds de férocité dans les hommes mûrs, j'abrutis les vieillards, je vous damne tous ! Je m'insinue dans les prêtres et dans les saints, je ris au dessus de Borgia, le pape abject, je ris au dessus de Dominique, le fou furieux. Je tiens dans mes mains l'axe de leur cerveau. C'est moi qui passe dans les hallucinations des Pères du désert, moi qui circule la nuit dans les cloîtres aux cauchemars immondes. Les évêques osent empoisonner l'hostie pour se défaire de leurs ennemis, l'hostie pleine de la présence divine ! Les nonnes sentent mes griffes au fond de leurs entrailles, même quand l'hostie est dans leur bouche, l'hostie où tu demeures, Jésus Christ ! Ainsi donc, j'ai le Dieu vivant sous mon talon ! Je le brise jusque dans le pain où palpite sa vie sacrée Et lorsque je le brise, c'est pour l'éternité ! Il suffit d'un péché mortel à l'agonie d'un juste, pour que ma patte s'abattant sur cette âme, l'emporte aux flamboyants tréfonds de l'Enfer. Et mon triomphe dure toujours ! Dieu est vaincu irrévocablement par le Diable. Ses prêtres disent que, par un effet de son intelligence impénétrable, sa volonté toute puissante se refuse à M'anéantir. Allons donc, qui croira cette sottise ? Si je respire encore, c'est que je suis indestructible. Je t'ai trop outragé, Jéhovah, Dieu féroce, Dieu immonde, Dieu stupide, pour que ta fureur ose m'épargner !

BROUSSE François, Contes du gouffre et de l’infini
" La Mésaventure de Méphistophélès "
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 113-114


les_contes_du_gouffre Altaïr le Mage
Ô Toi, Satan, toi qui terrorises les hommes, toi dont la face ricanante apparaît à chaque coin de rue, toi qui tentes les saints pleins d'horreur, toi qui rôdes dans le cauchemar des mauvais prêtres, toi qui es adoré par les pontifes noirs du chemin oblique, toi qui jettes l'ombre de ta griffe monstrueuse sur toute la Chrétienté, toi qui te crois éternel comme Dieu, tremble, tu mourras !

Tu n'es que la cristallisation vivante des préjugés et des haines, tu n'es que le reflet animique de l'épouvante des foules, tu n'es que l'araignée mangeuse de superstitions, tu n'es que l'éphémère fils des passions d'Adam, tu n'es qu'une ombre et qu'un fantôme !

Tu vis, parce que les croyances torrentielles t'abreuvent ! Tu vis, parce que les peuples ont la sottise et la lâcheté d'offrir à tes sombres dents leur chair sanglante ! Cela durera t il ? As tu la candeur de te croire indéracinable ? Quoi ! les montagnes s'affaissent et tu resterais debout ! Les mondes se fragmentent, et tu resterais entier ! Les soleils s'éteignent, et tu serais inextinguible ! Les imbéciles qui te nourrissent de leur adoration iront pourrir dans le ventre de la terre. D'autres générations surgiront, éprises de raison et de vérité. Elles n'auront pour toi qu'un dédaigneux oubli. Privé de pain et de vin, tu languiras dans les ténèbres grandissantes de l'Éther, tes manifestations deviendront de plus en plus rares, ta force se heurtera au mur énorme toujours épaissi du scepticisme, on entendra agoniser celui qui fut le formidable souverain de l'Univers, et, comme le corps charnel se disperse dans les sombres énergies du tombeau, ton corps éthérique se fondra dans l'implacable sérénité du mystère !

BROUSSE François, Contes du gouffre et de l’infini
" La Mésaventure de Méphistophélès "
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 123-124


Altaïr le Mage

Dieu est la perfection dans l'infini. Sa demeure est donc l'immuable. Il ne peut évoluer vers un degré supérieur, n ayant rien au dessus de lui il ne peut rétrograder, étant la perfection. Il rêve éternellement dans l'inconnu, puisant ses forces intarissables dans sa nature infinie. Les torsions de la fumée de l'homme et de l'univers passent devant cet oeil calme, sans même l'effleurer. Quel être peut le comprendre ? Qui peut mesurer ses grandioses ténèbres ? Quel voyant scrute la profondeur de la lumière de Dieu ? Quel archange, ayant au front un astre énorme, osera dire : j'ai touché le fond de son cœur ? Il ne distingue pas le bouillonnement des mondes, du bouillonnement d'une fourmilière. La sauterelle bondissant dans l'herbe l'intéresse autant que la flamboyante comète qui rugit dans la forêt des étoiles. Son souffle anime le gouffre.
Dieu irrité ? Allons donc ! Il est Parfait. Dieu se vengeant ? Allons donc, il est la Justice ! Dieu ayant en face de lui le Mal éternel ? Allons donc, l'absolu n'est pas deux ! Ce Dieu, qui semble une voûte de flamme inextinguible au dessus de nos âmes, Lui, le formidable seigneur de l'Enigme, le maître immense du mystère, Lui, dont nul être ne peut supporter le rayonnement, Lui, le Maître immense du mystère, lui le Sphinx éblouissant de l'Éternité, comment veux tu que le péché de l'homme l'atteigne ? Comment veux tu qu'une créature de la Terre misérable puisse outrager celui que les vivants du Ciel ne peuvent même comprendre ! Quoi ! Cet embryon né dans la boue et qui se dissoudra dans la poussière, l'homme, ternirait la splendeur de l'Incrée !...
Mais, si le péché de l'homme ne peut atteindre Dieu, pas de péché mortel, pas de vengeance éternelle, pas d'enfer ! La faute de l'homme, être relatif, se déroule dans le relatif, et aura son châtiment dans le relatif. Dieu n'emploie pas l'éternité à torturer l'éphémère. Il ne déchaîne pas l'infini contre notre globe de larmes. Il ne torture pas jusqu'à la fin des temps sans bornes les fils de ses entrailles. Le péché mortel, se noyant dans le gouffre qui sépare l'être relatif de l'être absolu, l'Enfer ne peut exister.

BROUSSE François, Contes du gouffre et de l’infini
" La Mésaventure de Méphistophélès "
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 115-116

vendredi 16 janvier 2009

UNE AUBE


Chant de Brigitte Kashtan - Dawn (Une Aube) - Extrait de son album Elevation


Une rose, un baiser, caressant ses flots lents,
Illuminent la mer interminable et sombre
Et des tisons de pourpre aux chocs étincelants
Commencent à rouler sur sa crinière d'ombre.

Les astres alanguis meurent dans la pénombre...

Les oiseaux, effarés d'amour, volent sanglants
Et, croisant dans l'azur leurs tourbillons sans nombre
Abandonnent au vent marin leurs duvets blancs...

Sous le calme du ciel d'où l'étoile de l'aube
Mouille à l'écume en feu les franges de sa robe
Une lueur grandit, frissonnante d'extase.

Le gouffre des forêts, dans la fraîcheur puissante,
Penche sa chevelure étrange et languissante
Que l'âme du matin de ses larmes embrase.

La source, où la lumière enlace ses mains vives,
Porte à l'océan vaste expirant sur la rive
Le mystère de l'arbre incendié de gazes...

Les transparences du nuage éploient leur flamme,
Sous le prisme des bois le cerf réveillé brame,
Et le pigeon pleure à la nuit son tendre amour.

La fleur de velours s'ouvre aux perles de rosée
Dont la rondeur éclate en graciles fusées,
Cent prunelles zèbrent son coeur tissé de jour.

Les ermites pensifs s'éveillent à l'aurore.

Dardant son envergure étrangement sonore,
Urgelle aux voiles clairs s'envole dans le bleu...
Sous les cheveux subtils de la lumière blonde,

Courbez vous et priez, ô peuples de ce monde,
Car le soleil levant est le regard de Dieu

BROUSSE François De l’autre Cygne à l’un
dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 286

samedi 10 janvier 2009

Poésie et Quatrième Dimension - Conférence à Paris – 5 juin 1983


Texte intégral en PDF - Télécharger

Plusieurs chemins sont donc possibles pour atteindre les hauteurs sublimes qui sont le propre de l'inspiration poétique. Pour Platon, il s'agit surtout de s'abandonner à la puissance divine qui s'empare de nous totalement. Comment y parvenir ? Une ascèse particulière est – je crois – nécessaire, celle de l'être humain lancé à la rencontre du surhumain. Elle se manifeste de trois manières : la purification, la méditation et la contemplation.

La purification. Nous avons en nous le corps, l'âme et l'esprit, pour être plus simple et moins riche que les fabuleuses puissances métaphysiques de l'Inde et de l'Occident. Il faut purifier le corps, comprenant le corps physique et le corps éthérique. Pour cela, il est demandé d'aboutir à une nourriture pure. Il est à peu près impossible d'atteindre et de conquérir l'illumination avec des nourritures fondées sur la violence et la destruction. Nous devons devenir les frères de l'univers animal et non plus leurs exterminateurs. C'est la première purification. À cela s'ajoute la purification de l'âme. Nous avons en nous une multitude de pensées de violence, de colère, de haine, de fureur. En s'abandonnant à ces impulsions purement animales, nous risquons évidemment de dévier et de ne pas connaître l'absolu. Que l'absolu existe est une vérité absolument évidente, car il est impossible que le relatif puisse exister si l'absolu n'existe pas. Certains déclarent comme seule vérité absolue que l'absolu n'existe pas. Cela prouve tout au moins qu'il y a une vérité absolue et qu'il y en a d’autres.


Pour arriver à la connaissance, les Hindous préconisent de suivre le chemin du Vydia : savoir que Dieu est en tout et partout, aussi bien dans la plante que dans l'étoile, dans l'homme que dans la pieuvre, dans l'infini que dans le fini, sentir en nous vivre le cosmos tout entier, tandis que notre cœur se dilate aux dimensions de l'éternité. Cette ascèse doit être suivie rigoureusement et, chaque fois que vous avez des pensées de violence, il convient de les exclure totalement pour aboutir à une vie unanime, sur un plan supérieur.

Après la purification de l'âme vient celle de l'esprit et nous y parvenons par une multitude d'éléments. Les Hindous proposent un élément très simple : le mantra, un mantra qui, par ses vibrations, nous met en communication avec les forces palpitantes du cosmos infini. Comment choisir son mantra ? Le maître, un initiateur qui surgit sur la Terre, est capable précisément de vous donner ce pont vibratoire qui unit votre cœur au cœur de Dieu. Mais il existe d'autres méthodes dont la méditation.

Pour les Occidentaux comme pour les Orientaux, la méditation consiste surtout à faire un excellent usage de notre imagination. L'imagination est la maîtresse de toutes les créations. Tous les savants ou à peu près, savent que les hypothèses sont à la base de toutes les découvertes, et que ces hypothèses sont les fruits transcendants de l'imagination. Sans imagination, il serait impossible d'établir les bases des mathématiques et de la physique, ni les explications historiques et sociologiques. Lorsqu'il s'agit de comprendre l'ampleur du cosmos, ce sont encore les ailes étoilées de l'imagination qui nous emportent vers le point primordial d'où jaillissent en spirales les univers. En s'abandonnant à l'imagination – il faut lui laisser la bride sur le cou – elle s'élance et nous la suivons. Une méthode simple est celle de « l'initiation de l'eau » :

Vous imaginez que vous êtes d'abord un océan avec ses milliards de vagues. De cet océan montent des fumées légères attirées par le Soleil, c'est la vapeur d'eau qui se condense en nuages. Vous êtes l'océan, la vapeur d'eau, les nuages ; ces nuages sont poussés par un vent vertigineux vers les montagnes. Vous voyez se dérouler au-dessous de vous les océans mêmes, les fleuves, les villes, les forêts. Vous arrivez sur une montagne, le nuage se condense et tombe en larmes de neige ; vous êtes la neige qui tombe. Cette neige se condense en névé d'où sortent les glaciers ; de ces glaciers jaillissent les sources. Vous êtes les nuages, la neige, le névé, le glacier, la source, le fleuve ; ce fleuve dévore dans son cours de nombreux affluents, traverse d'immenses cités, d'immenses campagnes, de gigantesques forêts et va enfin de nouveau se noyer dans l'océan.
Cette méditation à elle seule est parfaitement capable de faire vibrer en vous une sorte d'illumination intérieure.

Poésie, langage de l'âmeEnfin existe la contemplation ! D'après les maîtres de l'Inde, Dieu aurait trois visages : Brahmâ, Vishnou et Siva. De Vishnou sont sortis les grands réformateurs religieux : Rama, Krishna, Bouddha, Jésus, Manès, Mahomet, etc., et tous ceux qui sont ici encore et tous ceux qui viendront par la suite. Comme disent les Hindous, les avatars sont aussi nombreux que les vagues de la mer.

Siva représente une autre lignée de géants, les grands métaphysiciens, les philosophes qui montent sur le haut du cosmos et sont capables de tout comprendre, de tout expliquer et de tout approfondir. C'est Spinoza dans un certain sens, Aurobindo Ghose, Bergson dans un autre, Pythagore, Platon, Plotin, tous les néo-alexandrins, tous ceux qui arrivent par leur puissance magique, par l'ampleur de leur esprit, à comprendre les rouages de l'univers. Ceux-là sont des reflets de Siva. Sankaracharya (788-820), le Maître du Monisme dans l'Inde, est d'ailleurs considéré comme une incarnation de Siva. Saï Sathya Baba, un autre prophète hindou, prétend également être l'incarnation de Siva. Siva représente dans un certain sens l'esprit universel.

Le troisième visage est Brahmâ ! Brahmâ, lui, s'incarne dans les artistes et les poètes créateurs. Des noms prestigieux surgissent à travers les âges : Valmiki, Vyasa (1), Homère, Isaïe, Eschyle, Shakespeare, Dante, Hugo et tous ces noms sont en quelque sorte les échos de la bouche de Dieu, les échos de Brahmâ ! Dans le Ramayana, il existe effectivement deux incarnations divines : Rama, l'incarnation de Vishnou, venu sur la Terre pour apporter l'image de la pureté, de la fidélité, de la noblesse d'âme et d'esprit, et l'autre, Valmiki, celui qui l'a chanté et qui était, lui, une incarnation de Brahmâ. Il est également question à cette époque d'une incarnation de Siva qui, plus tard, réapparaîtra sous la forme notamment de Patanjali.

Nous sommes en présence de trois êtres devant lesquels nous devons voir l'image de l'infini, de l'éternité et de l'absolu. Ces trois entités sont les réformateurs religieux, fils de Vishnou, les réformateurs poétiques, fils de Brahmâ et les réformateurs métaphysiciens, fils de Siva. La contemplation consiste à parcourir les œuvres de ces génies immortels. Un excellent moyen d'atteindre l'infini est de méditer sur les grands livres sacrés et de contempler les grandes œuvres créées par ces génies suréminents. Comment y parvenir ? D'abord, de façon très simple, par la puissance de Dieu à travers le monde. Certains ont prétendu que l'univers était uniquement maléfique, mais il ne l'est pas dans sa totalité. C'était la croyance des Cathares. Ils pensaient que le monde avait été créé par le démon et qu'il fallait s'en libérer. Ceci n'est qu'à moitié vrai, parce qu'il y a dans le monde l'alternance de l'ombre et de la lumière. C'est plutôt Zoroastre qui avait raison, lorsqu'il admettait que la moitié de la création émane de Dieu et l'autre moitié, de l'anti-Dieu ; l'une émane d'Ormuz et l'autre d'Ahriman.

Quoi qu'il en soit, dans cet entrelacement vertigineux réside une beauté surnaturelle. La contemplation du monde naturel est l'ouverture du plan super naturel. Il découle d'extraordinaires extases à contempler la beauté des choses. Une autre extase est celle de contempler la beauté des choses à travers les œuvres des grands artistes, des grands poètes et des grands inspirés. On devrait tous les jours lire un grand poème, contempler une grande œuvre et écouter un morceau de musique inspirée. Selon Hugo, il faudrait non seulement contempler : Les grands hommes, mépris du temps qui les vit naître, mais aussi créer soi-même, quoiqu'il ait dit, dans une espèce de grande vision, que celui qui comprend Homère est l'égal d'Homère. Lorsque nous arrivons à comprendre un grand poète ou un grand artiste, nous devenons immédiatement l'égal de ce grand poète et de ce grand artiste, et à travers cette égalité transcendantale, nous sentons vivre et chanter en nous toutes les voix du cosmos. Hugo est actuellement très méconnu ou plus exactement, d'un côté s'érigent des défenseurs ardents et de l'autre côté se rangent des critiques fortement virulents. Hugo est le seul poète à qui il est arrivé cette aventure, ce qui prouve qu'il est sans doute le plus grand. Tous les autres sont confortablement installés dans des niches académiques et vénérés sans trop être lus. Lui, on est obligé de le lire et sitôt qu'on le lit, toujours des vibrations brutales et transfiguratrices s'emparent de nous.

Diatribe

Oui, vous avez le droit de rejeter Hugo
Et moi j'ai bien le droit de vous trouver idiot

Vous avez le loisir de faire grise mine
Au géant que l'aurore insondable illumine ;
Mon rêve, a le plaisir de vous savoir petits
Et de vomir vos noms dans la fange engloutis.

Touchez avec précaution le feu splendide
Car il pourrait brûler vos doigts.
0 crapauds bafouilleurs, rampez dans l'ombre vide,
Ces oies se prennent pour des rois...

Pour comprendre le maître, il faut avoir dans l'âme
L'orchestre des parfums, non une plaie infâme ;
Pleutres, vous admirez les écraseurs d'humains
Lui, n'aime que l'étoile aux radieux chemins !

Vils histrions, léchez l'inconstante vipère
Dans vos antres de fiel
Cela n'empêche pas la mer et le tonnerre
D'adorer l'Éternel.

Dans le bleu de l'abîme on voit songer l'augure
L'âme en chantant les Dieux monte et se transfigure !

BROUSSE François, « Diatribe », Ivresses et Sommeils, Imprimerie Labau, Perpignan, 1980, p. 50

J'ai peut-être été un peu brutal, mais il est parfois nécessaire d'exagérer pour montrer nettement les aspérités ardentes, brillantes et intransigeantes de la vérité. Je pense que tous ceux qui prendront la précaution au moins élémentaire de lire Hugo, s'apercevront qu'il représente l'être le plus inspiré jamais paru sur la Terre. Pour vous le prouver, comparez par exemple n'importe quelle page de la Bible – je dis bien n'importe laquelle – avec un poème de Hugo, j'allai presque dire n'importe lequel, du moins l'un des grands recueils comme Les Contemplations, La Fin de Satan et Dieu, vous verrez l'écrasante différence ! Sans doute les inspirés de la Bible s'élèvent jusqu'au sommet du Mont Blanc, mais Hugo est au moins l'Himalaya et même un super Himalaya ! Cependant, on s'est parfois demandé si le style particulier de Hugo ne se rapprochait pas, tout en le dépassant, de celui de la Bible et du Coran. Je pense qu'il s'agit essentiellement d'un contact avec le Verbe universel. Dans la sphère des Idées, on entend des choses sublimes et on prononce des paroles ineffables. Je vous ai cité saint Paul qui déclare, lui aussi, que dans le septième ciel où il a été transporté planent des paroles ineffables pratiquement impossibles à traduire pour les êtres humains. Il est possible de les traduire et en y parvenant partiellement, de déchaîner dans l'invisible un ouragan de forces créatrices capables de bouleverser les êtres humains, et qui reste comme un réservoir de puissance et de création intarissable.

Je disais à ce sujet qu'il existe sur toute la Terre « Les Frères invisibles », des êtres pris par le tourbillon de ces forces surhumaines. Il suffit d'avoir dans l'âme un appel sincère vers l'infini pour qu'immédiatement cet infini se rapproche de vous. Sur toute la Terre, il existe des êtres purs à la recherche de ce qui est idéal et parfait, et que la tristesse du monde, la grossièreté, l'abrutissement de la matière n'arrivent jamais à satisfaire. Ce sont ces êtres, au-delà du réalisme, au-delà de la réalité tangible, qui sont les têtes brillantes tournées vers l'éternité. D'après une vision donnée fréquemment, les maîtres de l'Himalaya sont en quelque sorte en train de regarder le monde et ils voient, dans un océan de ténèbres, étinceler par-ci, par-là, quelques points lumineux. Ces points lumineux sont les êtres qui, possédés par la soif de l'absolu, veulent absolument quitter les chaînes terrestres. C'est à ces êtres invisibles, à ces Frères inconnus que j'ai dédié un poème que nous allons écouter :

Les Frères invisibles

Ô Frères dont les cœurs se mettent à genoux
À côté de mon cœur dans l'Église ignorée !
Ô Frères dont les mains effleurent mes yeux fous
Qu'enveloppe l'encens aux bleuâtres fumées !

Enlacés par l'ivresse unanime des vers
Venez des tours dorées de Thèbes et de Palmyre,
Venez, vous dont les chants surnaturels gémirent
Le rythme merveilleux dont vibre l'univers !

Pareils aux aigles bleus survolant les pilastres,
Venez du fond sombre des nues,
Ô Rois vaincus du Rêve, inspirés par les astres
De constellations inconnues !

Vous dont le sang jaillit dans les hauteurs glacées
Par un gel éternel et noir,
Venez poser vos mains d'opales condensées,
Sur le front de mon désespoir.

Vous qui viviez recrus par les effluves lourds
De la vie aux splendeurs sauvages,
Imperators du songe, emportez mon amour
Dans la spirale des nuages !

Vos souffles se brisant en convulsions tragiques
Sont devenus un hymne ardent...

Emportez moi vivant dans les palais magiques
Entre la Croix et le Trident !

Prenez mes yeux, prenez mon cœur, prenez mon front
Comme des fleurs de fer dans vos pâles mains blondes
Et leurs corolles redoutables grandiront
Dans l'atmosphère d'or traversée par les mondes.

BROUSSE François, « Les Frères invisibles », Le Rythme d’or
dans Œuvres poétiques – Tome 1, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, p. 174

Les frères inconnus dans toutes les religions et en dehors de toutes les religions, aspirant d'un cœur sincère à leur libération et qui se nourrissent de pensées d'enthousiasme, d'amour et de sagesse, sont très exactement la véritable Église dans le cosmos. On les rencontre ou on les rencontrera, et même si ce n'est pas le cas, toujours s'établira une communication invisible entre le poète, entre l'artiste, entre le mage et tous ces êtres, ces germes de lumière qui n'attendent qu'un moment pour ouvrir leurs ailes et s'élancer vers le Soleil des soleils.

Extrait de Poésie et Quatrième Dimension - Conférence à Paris – 5 juin 1983
Tirée de l'ouvrage Poésie, langage de l’âme
Éd. de la Neuvième Licorne, Vitrolles, 2008, page 47

vendredi 9 janvier 2009

Commentaires de l’Apocalypse, Chap. 17, Versets 14-15 (Extraits)


Texte intégral en PDF - Télécharger


Alors, pour revenir à L’Apocalypse, elle nous annonce que tout est soumis au chiffre « 7 » et que le chiffre 7 doit aboutir à une transformation énorme. Il y a sept périodes dans le monde et nous sommes actuellement dans la septième qui doit se terminer par une énorme culbute. Cette période est dominée par la figure grandiose de la grande Prostituée. Cette grande Prostituée, c’est la grande ville qui règne sur tous les rois de la Terre. Elle est assise sur sept collines et on a compris tout de suite qu’il s’agissait de Rome, pas simplement de la vieille Rome de l’Empire : la Rome non plus physique mais religieuse. Il s’agit d’une doctrine religieuse qui a son siège dans Rome, il s’agit par conséquent du catholicisme. Or le catholicisme est encore un des éléments essentiels de l’activité du monde actuel. Le Pape a un rôle formidable et en même temps un retentissement étonnant.

À côté du Pape, la ville aux sept collines représente tout autre chose que le catholicisme. Elle représente le totalitarisme sous toutes ses formes, le totalitarisme aussi bien de droite que de gauche dans lequel on supprime toute personnalité pour aboutir à se fondre non pas dans l’humanité comme le concevra la religion future mais dans une nation ou dans une race ou même dans une religion. Le propre de la doctrine totalitaire, représentée par la grande Prostituée qui domine tous les rois de la Terre, c’est l’obéissance. Sitôt que l’on parle d’obéissance absolue et de destruction complète de l’individualité, on aboutit à l’Antéchrist, c’est-à-dire au courant noir et destructeur qui combat le courant lumineux et qui mène l’humanité vers l’anarchie, la mort, l’anéantissement et vers le règne de la Bête. C’est ce que saint Jean appelle le règne de la Bête. Or le règne de la Bête est bien l’état d’âme de la bête, l’état d’âme collectif, car l’âme de la bête est surtout une âme collective et en même temps la suppression de toute liberté humaine, de toute grandeur intellectuelle humaine. Selon Porphyre il faudrait pour arriver à l’illumination, il faut être à la fois poète, métaphysicien et en même temps un Juste et un être plein d’amour pour l’humanité ; c’est à ce moment-là, quand on aura réuni en soi ces trois soleils resplendissants, que l’on quittera la Terre pour rentrer dans le royaume de l’éternel bonheur et de l’éternelle lumière.

Il y a donc, dans notre ami Jean, une série de prédictions. Nous sommes actuellement dans le règne de la Bête, la grande Prostituée qui règne sur tous les rois de la Terre. Que va-t-il se produire ? Eh bien, il se produit que les dix nations qui composent actuellement l’humanité vont se dresser contre la Prostituée. Nous allons d’ailleurs voir ceci.

Ils combattront contre l’agneau mais l’agneau les vaincra parce qu’il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois et ceux qui sont avec lui sont les appelés, les élus et les fidèles (Apocalypse, Chap. 17, verset 14)

L’agneau est le Maître absolu de l’univers, c’est le Verbe éternel. L’agneau sur le plan kabbalistique est le même type qu’Agni, Agni le feu universel qui est le feu de l’intelligence comme le feu de la vie, le feu de l’amour sous ses formes les plus hautes. Sous ses formes inférieures, c’est le feu ordinaire avec par exemple l’éclair atmosphérique et plus haut, le feu qui brûle dans les entrailles du Soleil et qui nous donne à tous la vie et l’être. L’agneau, c’est Agni, c’est nettement le feu et c’est aussi la sagesse triomphante. Tous les êtres qui vont essayer de combattre l’agneau seront détruits. On peut en trouver déjà trois. Ce que je dis n’est pas un dogme que l’on pourrait appeler simplement effroyablement manichéen. Il y a de faux prophètes et il y a de vrais prophètes, c’est parfaitement vrai mais à l’intérieur des faux prophètes il y a quand même des étincelles de vrais prophètes.

Alors les trois faux prophètes qui dominent la Terre actuellement sont Marx, Nietzsche et Freud. Tous les trois en quelque sorte sont à la base – ils ont apporté beaucoup de vérités – mais ils sont à la base d’une dégradation prodigieuse de l’humanité. Dans cette dégradation, on peut les appeler ceux qui combattent Agni ou l’agneau. L’agneau, c’est l’amour et vous voyez immédiatement que l’amour ma foi, l’amour universel, la non-violence – ce n’est qu’un des aspects de l’agneau mais c’est un aspect essentiel – ne sont guère respectés par Nietzsche le premier, qui affirme la mort de Dieu et déclare que seule la force et la volonté de puissance doivent régir les rapports entre les êtres humains. Cette doctrine a eu beaucoup de succès, notamment parmi les nazis qui en ont fait une partie de leur évangile. Alors, pour lui il n’y a pas d’âme immortelle, il n’y a pas de Dieu, il a proclamé fréquemment encore une fois la mort de Dieu et la seule loi qui existe, c’est la loi du plus fort. C’est une sorte de darwinisme largement dépassé, qui n’est même plus vrai au point de vue de la science officielle.

À côté de cela, vous avez un autre grave destructeur, c’est Marx. Marx qui plein de générosité s’est penché vers la masse mais qui a écouté beaucoup plus la voix de sa raison inférieure plutôt que de sa générosité supérieure. Il prétend que l’univers tout entier est fondé uniquement sur des causes économiques et que les causes économiques sont à la base même de l’évolution des peuples et qu’elles sont pratiquement les seules. Ce qui est faux car il oublie la puissance des idées, il oublie la puissance des passions, il oublie les grands cycles historiques, il oublie l’action des hommes exceptionnels, il oublie si j'ose dire les trois quarts des grandes causes qui expliquent l’évolution du monde. Mais cela flatte singulièrement l’extraordinaire matérialisme des masses. À ce moment-là elles recherchent uniquement – et elles doivent le rechercher – leur bien-être et rejettent comme des idéologies périmées, toute idée transcendante et métaphysique. On aboutit par conséquent à une espèce d’abaissement effrayant, avec cet axiome : « Tout ce qui sert la Révolution est bon et tout ce qui la contredit est mauvais », à travers lequel nous aboutissons à l’exaltation des massacres, des camps de concentration et des génocides, ce que nous avons constaté non seulement dans la Russie de Staline mais encore dans la Chine de Mao et que nous constatons actuellement au Vietnam et au Cambodge. Il y a eu semble-t-il un effroyable abaissement dû, non pas tellement à Marx – il serait plutôt idéaliste bien qu’il lutte avec violence contre « les socialismes utopiques » comme il les nomme aimablement – mais à travers les germes qu’il a jetés sur la Terre, sont nés des arbres aux fruits de mort et de souffrance. On reconnaîtra l’arbre à ses fruits. Avec en même temps la dictature absolue qui aboutit à la destruction de toute indépendance et de toute liberté. L’engloutissement de l’homme à l’intérieur d’une âme multitudinaire, l’âme d’une nation alors qu’il doit se joindre avec amour à l’âme collective de l’humanité.

Il y a également Freud. Freud est bien, il est admirable et je suis obligé de dire d’ailleurs que tous les trois, les trois faux prophètes, sont des prophètes admirables. Mais ce qu’ils ont apporté, qui était propre au Kali-Yuga, a fait un mal terrible parce que les hommes ont voulu prendre ce qu’il y a de destructeur en eux. Et c’est quand même une des bases essentielles de leur doctrine. Alors pour Freud c’est bien simple, nous sommes entièrement dominés par notre inconscient ; or notre inconscient est composé essentiellement d’agressivité et d’érotisme. C’est un excellent moyen pour s’abandonner béatement à tous nos instincts de violence, d’agressivité et d’érotisme. C’est d’autant plus dangereux qu’il supprime pratiquement le conscient. Nous ne sommes plus que des marionnettes entre les mains de forces obscures. Cette doctrine est vraie partiellement mais elle n’oublie qu’une seule chose, c’est que le conscient si petit soit-il est capable de dominer l’inconscient et qu’il n’y a pas de fatalité, pas plus dans l’inconscient que dans la sociologie.

Marx mettait la fatalité dans la sociologie et Freud la met à l’intérieur de l’inconscient. Marx, avec une naïveté à laquelle je rends hommage prétendait que le jeu normal des forces économiques aboutirait à une société sans classe où l’homme s’épanouirait totalement. Il fallait quand même traverser pour cela la Révolution, la dictature du prolétariat et la suppression complète de la classe bourgeoise. Après quoi ce serait le paradis. Ces visions idylliques et naïves sont contredites hélas par les faits et c’est normal puisqu’elles partaient d’une conception fausse, le matérialisme historique. Il n’y a pas de matérialisme historique, il y a une totalité historique à la fois matérielle et spirituelle.

Autre fait inquiétant, ce n’est pas Freud qui l’a dit mais c’est ce qu’on en tire plus ou moins, c’est qu’il est nécessaire de s’abandonner, de ne pas avoir de complexes ; en fin de compte si on supprime les complexes, nous serons parfaitement heureux. Or comment les supprimer ? Eh bien, justement en supprimant un des deux termes. Lui, il supprime le terme supérieur, on s’abandonne en s’abandonnant à l’érotisme intégralement et totalement ; nous aboutissons à la suppression des complexes. Cela peut à l’extrême rigueur se comprendre et on peut l’admettre. Mais attention à la suite ! En s’abandonnant à l’agressivité, on supprime aussi les complexes ; on supprime les complexes mais en supprimant ses voisins et nous aboutissons à la guerre de tous contre tous. C’est une des erreurs je crois plus ou moins doctrinales de Freud. Il a également dit qu’il n’y avait pas d’instinct de perfection car il a vu l’objection qu’on allait lui faire et il a prétendu doctoralement qu’il n’avait pas rencontré dans ses analyses le fameux instinct de perfection. Or, cet instinct de perfection existe ; il a été plus ou moins découvert par Jung et plus encore de nos jours où l’on voit effectivement qu’il y a derrière la sublimation de l’instinct sexuel, un instinct par exemple, religieux ou un instinct esthétique, il y a une force et c’est cette force, cet élan de perfection qui transforme et bouleverse tout. On le savait depuis Platon qui parlait des instincts idéalistes qui sont au fond de nous et prétendait qu’ils étaient beaucoup plus forts que les instincts inférieurs, érotiques, que les instincts agressifs et que les instincts sociologiques. Au-delà il y avait les tendances idéales qui sont les plus belles et les plus fortes. Freud est contenu tout entier dans Platon qui le dépasse incommensurablement.

Le chiffre de la Bête est « 666 » et 666 c’est l’incomplétude, le chiffre de la perfection étant « 7 ». Le chiffre de l’imperfection est « 6 ». On s’avance vers la perfection mais on n’y parvient pas ! 666, chiffre de l’incomplétude, se retrouve grossièrement dans le fait que le corps n’arrive pas à la perfection. On l’abandonne simplement à la violence et à l’agressivité, c’est le premier « 6 » ; le deuxième « 6 », l’âme, ne parvient pas à la perfection, on l’abandonne au chaos de toutes les passions sans être capable de mettre au centre, une sorte de colonne de feu qui monte vers l’infini. Enfin le troisième « 6 », c’est l’esprit. L’esprit est livré au doute permanent et en même temps à toutes les contradictions possibles et imaginables. C’est très exactement le cas du monde actuel.

Alors, les faux prophètes si vous voulez, et surtout les chefs d’États combattront l’agneau et seront vaincus par lui. Oui, mais cela ne se produira que pour la prochaine race car actuellement on peut croire que l’Agneau, l’Agni, et en même temps la non-violence, la beauté, la sagesse, l’amour et la justice seront momentanément vaincues. Mais comme elles seront vaincues, il y aura sur la Terre uniquement le triomphe de la mort et on aboutira à la destruction de l’humanité. Et après cette humanité détruite viendra une surhumanité où triompheront les puissances de l’agneau.

Maintenant il est question dans cette strophe des « appelés », des « élus » et des « fidèles ». L’agneau appelle à lui les élus, les appelés, les fidèles. Quelle différence y a-t-il entre ces trois termes ? Je crois qu’il faut effectivement les rapprocher de la trinité divine, c’est-à-dire l’Amour, la Sagesse et la Beauté.

Les Fidèles sont ceux qui suivent la voie de l’amour.

Les Appelés sont ceux qui par leur effort personnel et en écoutant la voie mystérieuse du Verbe arrivent à la vérité.

Et les Élus sont les fils de l’inspiration, c’est-à-dire les poètes et les artistes, ceux qui sont en relation avec l’Esprit saint, avec l’Intelligence cosmique et avec la Beauté divine.

C’est à travers ces trois espèces d’êtres que nous pourrons arriver à l’illumination et à la vérité. Voyons maintenant le verset suivant.

Ensuite il me dit :– Les eaux que tu a vues sur lesquelles la Prostituée est assise sont des peuples et une multitude et des nations et des langues.
(Apocalypse, Chap. 17, verset 15)

L’image de l’eau est évidemment un élément fondamental. L’eau représente surtout le plan astral beaucoup plus que le plan physique. Il y a cinq initiations : initiations de la Terre, de l’Eau, de l’Air, du Feu et de l’Éther. Effectivement, il y a à l’intérieur même de ces initiations des images précises.
L’Eau représente l’astral et ne représente pas le point de vue physique. Les eaux représentent surtout les âmes collectives des nations, des langues, etc., sur laquelle la grande Prostituée est assise, autrement dit la puissance totalitaire, la destruction complète de la liberté humaine en même temps que de l’élan humain vers la perfection. La Prostituée est en quelque sorte un mélange sensationnel de freudisme mal compris, de marxisme mal digéré et de nietzschéisme exalté et absolument aberrant. Il y a tout ceci dans le monde actuel et cela aboutit au péché suprême : le péché contre la chair, le péché contre l’âme et le péché contre l’esprit. Quand je parle de péché, il faut s’entendre : ce sont des erreurs. Le péché sous-entend une offense contre la divinité et si Dieu existe comme je le crois parfaitement, il ne peut pas s’offenser des absurdités de ces pauvres créatures que nous appelons les êtres humains. Mais il y a dans cette idée la blessure que peut faire l’homme contre les lois cosmiques, blessures terribles.

Le point de vue physique sera de rejeter complètement toute splendeur astrale ou mentale et de ne trouver le bonheur que dans la recherche physique des plaisirs comme dans la recherche physique de la puissance sociale : volonté de puissance d’un côté, érotisme débridé de l’autre. J’ajoute que sous le signe de la Bête, une des erreurs les plus graves, actuellement très répandue et de plus en plus, est d’aboutir à faire l’amour – je m’excuse de l’expression – avec les animaux. C’est un des signes les plus caractéristiques de la fin d’un âge, du Kali Yuga.
Il y a ensuite le péché contre l’âme. La grande splendeur de l’âme, cette étoile inaltérable, c’est l’Amour universel. Quand on remplace l’amour par la haine, on aboutit effectivement par la violence à une chute absolument verticale.
Enfin, le péché contre l’esprit est de refuser à l’esprit la liberté de rechercher suivant ses propres moyens la vérité absolue. C’est également d’affirmer que la vérité absolue n’existe pas mais c’est surtout ce manque complet de tolérance. On veut imposer à l’esprit une doctrine totale et cette doctrine d’une manière générale, c’est le matérialisme désespéré et en même temps le refus de la transcendance divine.

Voila en quelque sorte les trois erreurs dans lesquelles s’abat et s’ébat la triste et malheureuse humanité. Mais tout ce récit sera transcendé, les eaux seront illuminées et elles seront illuminées par les rayons du soleil spirituel, du soleil de l’esprit et nous aboutirons – mais bien plus tard – à une étonnante floraison sur toute la Terre et l’homme deviendra un demi-dieu, un dieu. Il pratiquera totalement la parole du Christ qui est également la parole des Platoniciens, qui est aussi la parole des Stoïciens : « Nous sommes tous des dieux, nous sommes tous des enfants du Très Haut ». Platon déclarait : « La morale consiste à devenir parfait comme la divinité » et les Chrestoï, c'est-à-dire les Stoïciens, déclaraient que le sage doit être l’égal des dieux. Ils ajoutaient même : « il doit être supérieur aux dieux ! » C’était reconnaître dans le sage – comme ils le disaient d’ailleurs – une étincelle divine et solaire. Et c’est en suivant cette étincelle divine et solaire que le malheur disparaîtrait de la Terre et que le bonheur s’installerait dans le cœur des êtres humains.

BROUSSE François, Conférence « L’Apocalypse », Prades, 26-04-1979 (Extraits)

jeudi 25 décembre 2008

Ce que François Brousse pense des fêtes de Noël

Question: Quel est l’intérêt de fêter Noël ?

François Brousse :
Je crois qu'il n'y en a aucun ! Au moment de Noël, on massacre une multitude d'animaux, notamment les dindes, tout cela pour rien ! On accroît le karma de l'humanité ; il vaudrait mieux supprimer Noël et le remplacer par la Fête des Mages, par exemple. Les mages viennent du ciel ; ils nous apportent les reflets de l'éternité et ils nous obligent à penser vers l'infini. C'est beaucoup mieux que cet effroyable Noël qui, d'ailleurs, j'espère, sera bientôt supprimé. Les mages sont toujours parfaits.

Question : Noël n'est-il pas un idéal pour les enfants ?

François Brousse :
Cela les fait rêver, c'est déjà quelque chose ; mais il suffit de remplacer Noël par la fête des Mages.

Question : Quelle était la fête païenne justement avant Noël ?

François Brousse :
C'était la fête des morts. À l'époque atlante, par exemple, on fêtait les morts, tout simplement en leur offrant le plus de lumière possible. On entassait une quantité de clartés, de lumières et on fêtait ainsi les grands morts, on fêtait ainsi la gloire de Dieu.

Cénacle à Clamart – samedi 17 décembre 1994

mercredi 26 novembre 2008

La Bénédiction bouddhique


Que tous les êtres soient heureux au Nord,
Que tous les êtres soient heureux au Sud,
Que tous les êtres soient heureux à l'Est,
Que tous les êtres soient heureux à l'Ouest,
Que tous les êtres soient heureux au Nadir,
Que tous les êtres soient heureux au Zénith
Et que je sois heureux en mon être primordial et fondamental.

Voir propos de François Brousse à Perpignan, le 12 mars 1974 - Fichier PDF


Brigitte_Kashtan_couverture

Brigitte_Kashtan_dos


The Buddhist Blessing (La bénédiction bouddhique)
Chant de Brigitte Kashtan - Extrait de son album Elevation

Brigitte Kashtan-Jacob est psychologue clinicienne diplômée des universités de Paris, psychothérapeute transpersonnelle, spécialiste des voyages de l'âme, et en particulier des régressions dans les vies antérieures.

Conférencière internationale, co-fondatrice de l'Association Internationale de Psychiatrie Spirituelle, elle est le co-auteur des livres "Psychothérapie et Méditation" et "L'ego, la souffrance, la fin de la souffrance" (éditions Diamantel).

Chanteuse et compositeur, elle a produit 3 CDS : "ELEVATION", "L'ECHELLE de JACOB", et SHIRAT EL" (CHANTS DIVINS).

http://www.brigitte-kashtan.com/song_list.html

Commander cet album

jeudi 20 novembre 2008

PASSEREAU ET PASSERELLE


Un passereau
Aimait une passerelle,
Toute petite, toute frêle,
Riante sous ses longs cheveux d'eau...

Et le soupirant passereau
Lui serinait sa ritournelle
Depuis la perle de l'aube jouvencelle
Jusqu'au couchant couronné de flambeaux.

Je t'adore, ô belle des belles,
Ton image est pour moi le plus doux des fardeaux,
Mais j'ai beau voltiger sur ton dos mirabelle,

Dès le matin, à tire d'aile,
Jusqu'à ce que la nuit me tire son rideau,
Tu n'as pour moi qu'un coeur de bourreau,
Ou plutôt de bourrelle.

Hélas ! un jour le pauvre passereau
Se pencha sur les yeux de la passerelle
Et se noya dans ce beau regard d'eau
Que traverse une flamme cruelle.

Mais avant de mourir le passereau
Connut la joie surnaturelle
De posséder la passerelle.

Et depuis lors les tendres tourtereaux
Disent aux royales tourterelles :
Aimons nous, comme le Passereau,
Jadis, aima la Passerelle...

BROUSSE François, De l’autre Cygne à l’un, Dans Œuvres poétiques – Tome 2, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 305

lundi 10 novembre 2008

Cenacle du 25 avril 1992 (Support Audio)



*** Que pensez vous de Michel Tournier (auteur de Ambroisie, Gaspard, Melchior et Balthasar ...) ?

C'est un écrivain inspiré, extraordinaire, qui recherche la lumière en même temps que la sérénité, il est touché par le doigt de l'inspiration permanente. C'est tout ce que je peux dire pour l'instant sur lui.

*** Comment un psychologue peut il devenir un métaphysicien ?

Il le peut quand il s'aperçoit qu'à l'intérieur de son âme, il y a tous les secrets du cosmos, et, par conséquent, il peut parfaitement comprendre qu'il ne pourra embrasser l'univers que s'il connaît la profondeur même de son âme. Dans son âme infinie, l'univers est enfermé. Sinon il reste dans une banalité ennuyeuse, agaçante, parlant à chaque instant des rapports existant entre lui et les êtres extérieurs et n'ayant pas un seul coup d'aile lui permettant de monter vers l'infini. En somme, un psychologue ne peut devenir métaphysicien que s'il est inspiré par le Verbe infini. Cela peut lui arriver, c'est une aventure qu'il n'a pas cherchée et qui l'attend au coin de la rue. Cette aventure l'emporte plus loin, plus haut et plus profondément qu'il ne l'imaginait.

*** A partir de quand une psychothérapie est elle imprégnée de métaphysique ?

Je dirai qu'on s'aperçoit tout d'abord qu'elle est inutile, pas vraiment inutile mais insuffisante et lorsqu'on l'a compris, on ouvre la porte aux idées métaphysiques. La thérapie n'est jamais qu'une manière, souvent très belle, de s'évader de soi, mais non de sa profondeur, soi même. Quand on comprend que l'évasion de soi n'est qu'un commencement et qu'au delà de l'évasion, il y a l'embrassement de l'infini, à ce moment-là, on quitte la thérapie pour rechercher l'illumination. Mais curieusement, il faut attendre habituellement environ sept ans avant de s'apercevoir que la thérapie ne suffit pas. Au bout de sept ans, elle laisse un goût amer. Il y a quelque chose que l'on n'arrive pas à toucher, et, c'est à ce moment là que se déploient les ailes de la métaphysique. C'est très difficile parce que cela peut même durer plus longtemps. Des êtres peuvent suivre des thérapies pendant une vingtaine d'années, par exemple. Mais au delà de la thérapie, il y a inévitablement l'envol vers l'infini. Cela n'est pas inutile. Cela nous permet d'approfondir graduellement notre être et de gravir les niveaux successifs de notre esprit.

*** Est il possible de faire en même temps thérapie et métaphysique ?

Oui, tout à fait, mais tôt ou tard, ce sera la métaphysique qui l'emportera. Mais enfin la thérapie est extrêmement intéressante. Presque toutes les thérapies ont des résultats remarquables.

*** La recherche de l'âme peut elle être entravée par des obstacles psychologiques ?

Si on croit que la psychologie seule peut nous faire atteindre l'infini, alors évidemment, c'est un obstacle. Mais si on la considère comme une préparation lente, une série d'escaliers qui montent graduellement vers les cieux, ce peut être une aide précieuse qui va permettre à l'âme d'ouvrir toutes ses ailes, elle en a trois cent milliards.

*** Que pensez vous de Louis Pauwels ?

Il y a une chose qui m'a profondément déçu. Au début, il était magnifique, mais maintenant, mon impression personnelle est qu'il s'est englouti dans les marais du passé. Il est terriblement enfermé dans une religion particulière, il est également enfermé dans des doctrines plus ou moins politiques très inférieures, ou tout au moins étroites. C'est inquiétant, parce qu'au début, il paraissait génial. Maintenant, on a l'impression d'un aigle enfermé dans une cage terriblement étroite. Nous espérons qu'il en sortira, mais cela nous fait réfléchir, hélas, à quelque chose d'inquiétant : la fin des grands hommes. Peut-être sont ils beaucoup moins grands à la fin qu'au commencement, et il faut attendre le développement intégral de leur épopée pour porter un jugement sur eux. Pauwels est, pour moi, une grande espérance déçue. Peut-être se relèvera t-il et ira t-il plus loin ? Mais pour l'instant, il me paraît arrêté dans un bourbier.

Comme disait Hugo :

“Qui, tourne autour d'un monde, arrive aux antipodes ”

A force de réfléchir sur une même idée, on finit par trouver le contraire de cette idée. C'est ainsi que le monde avance, surtout actuellement où nous sommes à la fin du Kali-Yuga et, par conséquent, toutes les incohérences et tous les paradoxes peuvent brusquement jaillir.

*** Les complexes psychologiques, les noeuds psychologiques sont ils le reflet de lois métaphysiques ?

D'abord, il y a la loi métaphysique qui domine tout. Puis, si l'on n'arrive pas à comprendre cette loi, on finit par avoir la peur, la crainte, la rancune, la rancoeur, toute une série de barreaux qui rétrécissent de plus en plus la cage dans laquelle nous évoluons. Il faut, je crois, arriver au delà de tous ces complexes qui sont, essentiellement, l'impossibilité de parvenir à la coïncidence entre nous et notre moi divin. Lorsque nous y parviendrons, tout s'effacera. Il faut supprimer le doute, la peur et la haine. Or, je crois qu'on peut arriver à supprimer le doute, ainsi que la haine, quand on connaît la loi qui permet d'envoyer des pensées d'amour après avoir eu des élans de haine.

Quant à la peur, il faut complètement supprimer la peur de la mort, la peur de l'erreur, la peur de la peur,et aboutir à une confiance absolue en la divinité. A ce moment là, tout s'évanouit. Supprimez le doute, la peur et la haine et vous êtes sûr d'abolir tous les complexes possibles et imaginables. C'est difficile, et très simple à la fois, il suffit d'y croire avec suffisamment d'ardeur pour être immédiatement libéré. Croyez que vous êtes Dieu. Si vous savez que vous êtes Dieu, tout sera immédiatement transformé.

*** Quels sont les rapports entre l'art et la métaphysique ?

L'art est le chemin le plus direct pour aller à la métaphysique. On a parlé d'ascèse et de méditation comme autres chemins, oui ! En réalité, c'est par la puissance créatrice de l'art quel qu'il soit, que l'on arrive à l'illumination. C'est le chemin le plus agréable et le plus sûr. Vous voulez créer dans n'importe quel art : immédiatement, vous sentez une flamme s'allumer au fond de votre coeur et cette flamme vous indique que vous êtes sur le chemin de l'impossible et du réel. Vous arriverez toujours par l'art, quel qu'il soit, à l'illumination. C'est le plus court chemin pour atteindre l'éternité, et le plus sûr. Hugo a atteint l'illumination ainsi que Bach. Les grands poètes, les grands musiciens, les grands artistes, les grands architectes, tous doivent atteindre l'illumination. Même les danseurs, car la danse est une merveilleuse manière d'aboutir à la connaissance intégrale par la recherche intrépide de la beauté.

Dieu est à la fois la beauté infinie et l'amour infini. Quand on a la beauté, on a l'amour. Il est impossible, quand on aime, de ne pas connaître la Beauté suprême, et à ce moment là, on est libéré. C'est le chemin le plus merveilleux et le plus simple d'atteindre à l'illumination. On vous dit habituellement qu'il faut traverser des ronces, des horreurs, des tristesses, des souffrances. Pas du tout ! Il faut simplement avoir la joie de créer et consacrer cette joie à la divinité. On sait très bien que c'est Dieu qui parle en nous et qui crée en nous. Nous ne pouvons rien faire sinon nous ouvrir au baiser divin et par la puissance créatrice de l'art et par la puissance de la concentration mentale, nous arriverons à la libération.

*** Que se passe t il pour celui qui contemple l'oeuvre de l'artiste ?

Celui qui contemple l'oeuvre d'un grand artiste finit par devenir lui même un grand artiste. Qui peut comprendre Homère si ce n'est Homère ? Quand on contemple l'oeuvre d'un artiste suprême, immédiatement, on se confond avec lui. On devient un avec lui et on atteint, comme lui, les sphères les plus hautes de l'éternité. Il suffit de se confondre avec l'être prodigieux qui a créé une nouvelle façon de comprendre l'éternité.

*** Existe t il un art supérieur ?

Tous les arts sont supérieurs, mais en ce qui me concerne, je préfère la poésie à tous les autres. La musique fait intervenir l'inconscient et le supra conscient, elle ignore le conscient. La danse peut faire intervenir aussi l'inconscient mais jamais le conscient. Tandis que tout existe dans la poésie : le conscient, l'inconscient et le supra conscient. C'est l'art définitif par excellence. Hugo a déclaré :

"Craignant d'être emporté sur de trop rudes faites,
les poètes ont peur de devenir prophètes."

Et, si l'on contemple quelqu'un, on finit par être ce quelqu'un. Le contemplateur et le contemplé deviennent un. C'est une excellente manière d'arriver à l'éternité.

*** Pourquoi tous les grands maîtres ne font ils pas comme Saint Germain, c'est-à-dire se matérialiser ?

En réalité, tous les grands maîtres le font. A certains moments, ils apparaissent, même Jésus. Dans un évangile inconnu, il est dit que Jésus descend de l'infini sur la terre, ce qui veut dire qu'il s'est réellement matérialisé. Tous les maîtres peuvent se matérialiser, c'est ce qu'on appelle les tulkous. Un maître complètement réalisé, peut être en même temps ici et ailleurs, dans l'Himalaya, en Chine, et, aussi, dans toutes les planètes à la fois. Il a une possibilité infinie de création. A travers les mondes, il est là, il est à la fois un et multiple, comme Dieu. Tous les maîtres sont capables de se matérialiser et d'apparaître même après leur mort. Vous vous rappelez le cas de Yukteswar dans le livre Autobiographie d'un yogi. Yogananda dit voir son maître, il le voit totalement, il l'embrasse, il le touche et pourtant il est mort. Quand on atteint un degré fondamental d'essence divine, on peut apparaître n'importe où. Peut être que certains préfèrent tranquillement inspirer leurs disciples par télépathie, ce qui est d'ailleurs une sorte d'adombrement supérieur. En même temps, ils ont une multitude de reflets télépathiques à travers tous les mondes. C'est également une attitude, et, dans ce domaine là, toutes les attitudes sont permises. Tous les maîtres ont des tulkous.

Cénacle de François Brousse – Paris – Le 25-04-1992
BMP n°158 & 159 – octobre & novembre 1997

vendredi 7 novembre 2008

GOÛT DU NÉANT

Tu médites, le cœur broyé, pauvre géant !
Et les braises de l'âme attisent leur souffrance
Sur les cendres du rêve immense...
Goût de la nuit, goût de la mort, goût du néant !

Taisez vous, ô clameur des vies originelles !
Pendant des millions d'années, me faudra t il
Sur des planètes d'or traîner mes longs exils ?
Je suis l'oiseau, chassé du royaume des ailes.

Se dissoudre dans le néant délicieux !
Mais le néant n'est pas, il faut lutter sans cesse.
Remets ton diadème, éternelle princesse,
Ô mon âme et partons dans la grandeur des cieux !
17-12-1951

BROUSSE François, Les Pèlerins de la nuit, dans Œuvres poétiques – Tome 1
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, page 195

jeudi 6 novembre 2008

SILENCE

À Marguerite Maynard

Autrefois, j'ai rêvé de gloire.
Ce rêve au fond de ma mémoire
N'est que la ruine d'un palais...
Je préfère un secret délire
Qui vole plus haut que la lyre
Dans les silences étoilés !

Qu'importent les mots et les mètres !
Dans la cage des géomètres,
Puis-je enfermer mon sylphe d'or ?
Il plane dans l'inaccessible,
Dans les jardins immarcescibles,
Dépassant l'aigle et le condor !

Abîme grouillant de réponses,
Pour mieux t'étreindre, je renonce
Au tambour du matin vermeil
Je cherche derrière la flamme,
Et j'écoute l'épithalame
De mon âme avec le soleil !

BROUSSE François, Ivresses et sommeils
Imp. Labau, Perpignan, 1980, page 77

mardi 28 octobre 2008

Un matin viendra, ce sera la grande aurore




Un_matin_1
Un matin viendra, ce sera la grande aurore où les hommes posséderont l’amour fraternel, l’intuition cosmique et la vision directe de Dieu.
Alors s’effondreront les chefs. À quoi serviraient-ils dans un monde rempli d’amour ?
Alors s’effaceront les savants. Toutes les âmes liront la science parfaite dans le livre infini.
Alors disparaîtront les prêtres. Sans dogmes, sans superstitions, sans églises, les hommes verront Dieu face à face.

Les temps viendront de la suprême sagesse et de la béatitude.

BROUSSE François , SUB ROSA, éd. La Licorne Ailée, 2ème éd.
B.M.P 113-114 - juin – juillet 1993


Un_matin_1

Les âmes sont des pensées de Dieu
Voilà pourquoi elles sont toutes éternelles,
Voilà pourquoi elles sont toutes infinies.
Voilà pourquoi elles sont toutes différentes,
Voilà pourquoi elles sont toutes semblables.
Statues diverses taillées dans le même marbre de lumière.

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils, éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 89


Mardi 25 octobre 2005, 21 heures, Au Centro Espagnol

Josy LLOP et huit élèves du CNR (Conservatoire national de Région) de Perpignan ont brillamment interprétés des poèmes et des pensées de François BROUSSE, accompagnés par la douce et apaisante guitare de Francisco ORTIZ. Après une heure de véritable enchantement, ils ont été longuement et chaleureusement applaudis par une salle comble et émue de cent cinquante personnes. La magie était palpable, on eut dit que le temps mouvant s’était arrêté. Beauté, fluidité, intensité, rien n’est assez puissant pour décrire le bonheur qui flottait. (T. Harlay)

Un_matin_2

samedi 18 octobre 2008

Le Poème de la Terre

Le_poeme_de_la_terre_72.jpgAU COMMENCEMENT

Des millions de millions d'êtres énormes
Avaient roulé parmi l'abîme, en mugissant.
Leur matrice enfanta des animaux pensants
Avant d'aller où vont les mondes qui s'endorment.

Dans le vide farouche où rien n'avait de forme,
Ni le soleil dardant son front éblouissant,
Ni la lune aux yeux d'or, ni l'azur frémissant,
Le Feu Primordial tordait ses bras difformes.

Dans l'éclaboussement abyssal des rayons
Qui laissaient dans l'éther pendre leurs larges mailles,
Les atomes ardents mêlaient leurs bataillons.

En une formidable et divine bataille
Les flammes emplissaient les firmaments géants
Et l'Esprit du Seigneur flottait sur l'océan.

BROUSSE (F.), Le Poème de la Terre, Imprimerie de Gabelle, Carcassonne



Dans Le Poème de la Terre (1938, 35 sonnets dédiés à la Terre vivante) – premier livre publié de François Brousse par lequel il se fait connaître, sa carte de visite –, il explicite les étapes de la la création énorme et son but ultime avec des sonnets comme « Les réincarnations », « Les génies », « L’idée de Dieu. » L’auteur commente lui-même « Les réincarnations » : « Un tel sonnet renferme les doctrines découvertes par les sages de toutes religions, le minerai pur de la Vérité. Transmigration des âmes, loi du Karma qui courbe les univers, enfin progrès infini de la personnalité indestructible dans la vie sans limites ... » :

e_poeme_de_la_terre_2Quel souffle, pétrissant l'humanité barbare,
L'entraîne malgré tout vers des buts solennels ?
Quelle main remplaça sur les puissants autels
L'âcre sang du taureau par le doux miel des jarres ?

L'âme, éternel flambeau, revêt des corps mortels
Que la tombe dévore et que le nid prépare ;
Quand leurs pas rebellés dans les ombres s'égarent,
Une lance de feu dompte les criminels.

Nos fautes, franchissant le sépulcre difforme
Dans les nouvelles vies nous suivent âprement,
La douleur nous instruit, la pensée nous transforme,

L'Idéal nous remplit de son vin écumant.
Nous allons, à travers de triomphants désastres,
Gravissant pas à pas le dur sentier des astres.

BROUSSE François Œuvres Poétiques – Tome 1, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986

Commander ce livre


Cet ouvrage fera l’objet de présentations renouvelées de la part de critiques éminents appartenant au milieu littéraire local :

Le souffle épique atteint son maximum d'ampleur dans Le Poème de la Terre que d'aucuns ont comparé à De Natura Rerum . Entreprise unique dans l'histoire littéraire de la France ! Chanter la vie du Globe, les âges géologiques, puis, plonger hardiment les yeux dans l'avenir de l'homme et du cosmos ! Programme immense. Il fallait l'aide de la science, de la philosophie, de la poésie. Cette rencontre s’est réalisée. Auparavant, Sully Prud’homme avait bien tenté quelque chose d'analogue, mais il échoua. François Brousse, lui, a réussi. Le fin poète du « Vase Brisé » ne possédait pas l'imagination débordante que l’on trouve dans Le Poème de la Terre. Une autre gageure de ce livre étrange, c'est d'enfermer, dans des sonnets impeccables, tout le bouillonnement des forces universelles, toute la marche de la vie, toute l'apothéose de l'homme. Phénomène de condensation véritablement unique ! Enfin, l'épopée du Globe, vue par François Brousse, fait intervenir l'action des invisibles, des morts, des réincarnations, des naissances divines. L'attrait du mystère enveloppe cette œuvre dont la charpente est solidement scientifique. (Espeut (R), "François Brousse, le poète aux cent visages, 1954")


Que dire encore sur Le Poème de la Terre ? J’entends la voix sonore d’Antoine Orliac qui hier, s’adressant à moi, et posant une main sur l'épaule de François Brousse : « Enfin, voici un vrai poète ! » Et encore, Frédéric Saisset, après avoir lu Le Poème de la Terre me disait également : « François Brousse est surprenant ; si mon regretté ami, J.-H.Rosny vivait, lui qui adorait les livres de préhistoire, serait ravi à la lecture de celui-ci. » Ces appréciations d’écrivains éminents se passent de commentaires. (Janicot (A.), Madeloc, N°37, oct. 1955).

Extrait de la biographie sur F. Brousse par Wenger J.-P., François Brousse l'Enlumineur des mondes, éd. Danicel, 2005
http://www.danicel.com/brousse-biographie/index.htm

Poème_de_la_terre_Avignon

Représentations

. 6 mars 1999 – Création à Montpellier
. 2 octobre 1999 à Pantin
. 16 octobre 1999 à Voisin-le-Bretonneux
. 4 mars 2000 à Saint-Maur – 3ème prix du festival
. 13 mars 1999 à Roinville
. 22 mars 1999 au festival théâtral de Suresnes
. 10 avril 1999 à Saint Maur
. 13 mai 1999 à Maisons-Laffitte
. 24 au 31 juillet 1999 – festival-Off d’Avignon

Dossier de Presse de la Compagnie de l'Etoile

La Mort du Mahatma Gandhi

La Mort du Mahatma GandhiLa lumière du monde est éteinte,
L'astre vient de mourir
Le firmament exhale ses plaintes
Du zénith au nadir.

Car l'homme qui brandissait la flamme
La flamme de l'amour,
L'inspiré, l'apôtre, la Grande Âme,
A quitté notre jour...

Il est mort saintement sur les cimes,
Pour l’Inde et l'Univers,
Abattu par la balle du crime
Sous les grands cieux ouverts.

Et les siècles verront sur la Terre
De sang illuminée,
Se dresser, autre Christ solitaire,
Le Juste assassiné.

Brousse François, La Mort du Mahatma Gandhi, éd. La neuvième licorne, 2008

mardi 14 octobre 2008

Poésie, langage de l'âme

Poésie, langage de l'âmeSelon lui, il y a d’abord une folie qui permet au poète d’être en contact avec le Verbe universel, puis une autre folie qui met les amoureux en contact avec l’Amour universel dont ils sont les émanations et enfin, la folie religieuse où les hommes quittent le plan humain et deviennent semblables aux dieux immortels. Ces trois folies peuvent se retrouver dans la poésie, langage de l’âme, car en elle résident le contact avec les dieux, le contact avec l’Amour universel, le contact avec la folie mystique. Ces trois folies sont mélangées et peuvent former une sorte de triangle. Dans la plupart des antiques ballades, il est fait allusion à des êtres mystérieux ayant trois yeux ; ce sont très probablement les Maîtres qui existaient avant l’apparition des hommes – les hommes ne seraient que des dieux dégradés. Grâce au troisième œil, ces êtres pouvaient pénétrer jusqu’aux arcanes les plus secrets, les plus profonds et les plus intimes de l’univers.

Extrait de la conférence Poésie, langage de l'âme Paris, le 22 nov. 1991