Le temps passé s'enfuit sans trêve
Comme une ombre d'oiseau sur l'eau,
La réalité n'est qu'un rêve,
La lune tremble en son halo.

Je commence mais tout s'achève,
Nous sommes l'algue dans le flot.
Le destin passe avec son glaive,
L'abîme n'est plus qu'un sanglot.

Aux générations nouvelles
Le sombre néant se révèle,
Il nous mène aux sables mouvants.

Ne perds pas courage, ô pilote
Le drapeau du paradis flotte
Dans le plus magique des vents !

10 décembre 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 182