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dimanche 1 mars 2009

À MALIN, MALIN ET DEMI


Si Lucifer est le malin
Le grand Être l'est plus que lui
Le bond fantasque du félin
Dans les commencements reluit.

Parmi les vitraux hyalins
On entend le chant de la pluie,
Elle emplit d’un rire câlin
Le maître qui toujours l'essuie ;

Les blanches cavales numides
Escaladent les pyramides
Mais le pouvoir de Dieu grandit...

Sa vieille logique se casse,
L'éternité de l'Être embrasse
Cet Autre qui est plus que lui

8 juillet 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 105

jeudi 19 février 2009

ÉVEIL

Tu songes loin de moi, je rêve loin de toi,
Nous vivons solitaires.
Quand viendra le soleil, éblouissant les toits,
Emerveillant la Terre ?

Je suis comme un désert foudroyé par le feu,
Comme un arbre sans sève.
Printemps irrésistible ouvre ton regard bleu
Dans les prunelles d'Ève.

La matière s'efface ainsi qu'un sombre rêve !
Ailés, nous monterons, dans le rire de Dieu.

10 mars 1986

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 21

vendredi 16 janvier 2009

LA SONDE

J’ai traversé le drap des morts
Et la plainte insensée des mondes
Les cités de naguère et les rondes
M’ont dévoilé tous leurs essors.

J’ai brisé le piège des sorts
Les énigmes brunes et blondes
Les cathédrales où l’on dort
Les paradigmes que l’on fonde,

La planète disparaîtra
Dans la mélodie de Mithra...

Je demeure et tout se déforme
Je suis le paradoxe énorme
Le témoin que Dieu pénétra
Je suis l’indestructible sonde.

2 septembre 1995

BROUSSE François, Le Pas des songes
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 159

UNE AUBE


Chant de Brigitte Kashtan - Dawn (Une Aube) - Extrait de son album Elevation


Une rose, un baiser, caressant ses flots lents,
Illuminent la mer interminable et sombre
Et des tisons de pourpre aux chocs étincelants
Commencent à rouler sur sa crinière d'ombre.

Les astres alanguis meurent dans la pénombre...

Les oiseaux, effarés d'amour, volent sanglants
Et, croisant dans l'azur leurs tourbillons sans nombre
Abandonnent au vent marin leurs duvets blancs...

Sous le calme du ciel d'où l'étoile de l'aube
Mouille à l'écume en feu les franges de sa robe
Une lueur grandit, frissonnante d'extase.

Le gouffre des forêts, dans la fraîcheur puissante,
Penche sa chevelure étrange et languissante
Que l'âme du matin de ses larmes embrase.

La source, où la lumière enlace ses mains vives,
Porte à l'océan vaste expirant sur la rive
Le mystère de l'arbre incendié de gazes...

Les transparences du nuage éploient leur flamme,
Sous le prisme des bois le cerf réveillé brame,
Et le pigeon pleure à la nuit son tendre amour.

La fleur de velours s'ouvre aux perles de rosée
Dont la rondeur éclate en graciles fusées,
Cent prunelles zèbrent son coeur tissé de jour.

Les ermites pensifs s'éveillent à l'aurore.

Dardant son envergure étrangement sonore,
Urgelle aux voiles clairs s'envole dans le bleu...
Sous les cheveux subtils de la lumière blonde,

Courbez vous et priez, ô peuples de ce monde,
Car le soleil levant est le regard de Dieu

BROUSSE François De l’autre Cygne à l’un
dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 286

mardi 13 janvier 2009

Spectacle théâtral et poétique - Gandhi l'Astre des Sages


Affiche du spectacle à Avignon OFF 2008

Gandhi l'astre des sages - Dossier de Presse

Texte intégral du spectacle


Gandhi_Portrait_15Voici ce que je pense :
Pendant qu’autour de moi, tout évolue sans arrêt, tout meurt sans arrêt,
il existe sous tout ce changement un pouvoir vivant,
qui est immuable, qui maintient l’unité de tout,
qui crée, qui dissout et qui recrée.
Ce pouvoir ou cet esprit créateur est Dieu.
Je le vois comme pure bienveillance car je peux constater
o qu’au milieu de la mort, la vie persiste,
o qu'au milieu du mensonge, la vérité persiste
o Et qu’au coeur de l’obscurité, la lumière persiste.

C’est pourquoi j’ai compris que Dieu est vie, vérité et lumière.
Il est Amour. Il est le Bien suprême.

Mahatma GANDHI
Générique de fin du film documentaire "La Grande Âme de Gandhi"
Chroniques du XXème siècle



Ce film documentaire Gandhi la Grande Âme avec pour sous-titre « La vie de l'apôtre de la non-violence – Sa lutte pour l'indépendance de l'Inde » – appartient à une cassette VHS intitulée «Chroniques filmées du XXème siècle»


Le Jeûne

Le JEÛNE apporté par Gandhi est une arme révolutionnaire de premier ordre. On jeûne jusqu’à ce que l’adversaire comprenne qu’il a tort. S’il le faut, on jeûne jusqu’à la mort .

En 1947, au moment de l'Indépendance de l'Inde, l'Hindoustan et le Pakistan ont brisé l'immense pays qui avait gardé son unité sous la domination anglaise.

D'un côté, les Musulmans, de l'autre côté, les Hindous, et des haines qui hurlaient depuis Tamerlan se sont immédiatement déchainées.

Des centaines de milliers de morts s'entassèrent : les Hindous massacraient les Musulmans, les Musulmans massacraient les Hindous.

Alors, que fît Gandhi ?

Il proclama que, puisque ses frères étaient saisis par le néant et la tuerie, lui, il allait jeûner jusqu'à ce que mort s'en suive.

Il a donc commencé un jeûne absolu, déclarant que tant que les armes ne seraient pas tombées des mains sanglantes des combattants, il continuerait son jeûne.

Alors, on assista à un spectacle unique dans l'histoire du monde, et aucune légende dorée ne relate pareil miracle.

Les chefs hindous et les chefs musulmans se réconcilièrent et ils vinrent autour du lit de Gandhi, le suppliant avec pleurs d'arrêter son jeûne avant que la mort ne le prenne dans sa griffe.

C'est peut être le prodige le plus extraordinaire qui soit.

Extrait de la conférence de F. BROUSSE
dans Le Livre des révélations – Tome II
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, p. 21

CONFÉRENCE de F. Brousse du 02 octobre 1979 sur Gandhi


lundi 12 janvier 2009

L'AMI


L’humain qui s’unit à lui-même
Peut résoudre tous les problèmes

Les pontifes s’effaceront
Devant la flûte d’Obéron !

Les oiseaux, vols métaphysiques,
Suscitent de vastes musiques

L’idylle de l’ombre et du jour
Emplit l’impondérable tour,

Le double triangle s’enlace
Car l’infini change de place

L’orbe indestructible frémit
Dieu sera toujours notre ami...

20 juin 1995

BROUSSE François, Le Pas des songes
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 88

jeudi 18 décembre 2008

LE TROUBADOUR


Toutes les choses sont possibles
Et notamment les impossibles,
Le souffle du destin
M'emmène au ciel lointain.

Mon âme veut éclore
Dans la nouvelle flore,
Le vent de Dieu m'implore
Et je m'évanouis
Comme un Maître ébloui.

Soyons au cœur du feu
Les vrais témoins de Dieu,
Le père irrémissible
Nous montrera la cible.

Il faut expirer dignement
Dans le fabuleux firmament
Par la porte semée d'étoiles
Il aspire à la gloire idéale
Nous entrerons, chaste clarté
Dans le noir monde illimité.

Ma mémoire aux mille détours
Comme un serpent me joue des tours.
De la lumière sans contour
Je suis l'éternel troubadour.

30 janvier 1994

BROUSSE François, Rencontre avec l’Être
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 196

mardi 2 décembre 2008

L'illusion de l'illusion

Le monde est le sourire de Maya, l'illusion divine

Voilà ce que chantaient les antiques Rishis, sous leur voûte de feuilles, au bord du Gange harmonieux dont l'immensité de lumière s'élançait vers l'océan sans borne. Mais, quand les étoiles ouvraient leurs prunelles dans le violet de ces nuits vertigineusement arquées sur l'Inde, les Sages murmuraient aussi :

Maya, l'illusion, est l'épouse de Brahma, l'esprit éternel et indestructible.

Dualité plus vaste que les cieux ! Elle tient la clef de l'homme et du cosmos. Ce monde, pierres, montagnes, arbres, qui paraît si solide au poing du matérialiste, s'efface devant le regard clair de la science. Prenons un caillou, immobile et plein. C'est en réalité un vertigineux assemblage d'atomes, dont chacun forme un système solaire comblé de mouvements.

Au centre, le noyau positif, autour de lui la danse insensée des électrons négatifs. Entre le noyau et les électrons s'étendent des espaces aussi grands, relativement, que les abîmes séparant le Soleil des planètes. Le caillou, en apparence immobile et plein, est un composé de vide et de tourbillonnante énergie. Un voile d'illusion enveloppe le monde de ses plis bariolés.

Quant aux particules intra atomiques, un problème fondamental se lève. Sont elles divisibles, c'est à dire mortelles, ou indivisibles, c'est à dire immortelles ? L'immortalité suppose l'indivisibilité, et l'indivisibilité suppose une existence en dehors de l'espace. Car l'espace est naturellement divisible à l'infini.

Si les particules intra atomiques sont indivisibles, elles vivent donc en dehors de l'espace. Elles unissent la non spatialité à la non destructibilité. Autrement dit, elles planent au delà de l'espace et du temps. Mais une particule au delà de l'espace et du temps peut elle se concevoir dans l'ordre de la matière ? Non.

La matière, telle que nous la connaissons, change perpétuellement, s'éparpille en corps multiples, qui naissent, se développent et meurent. Tout évolue, tout se métamorphose, tout se détruit, tout occupe un fragment d'espace. Tout, sauf l'esprit. Donc, les particules primordiales de la matière sont faites d'esprit. La matière Maya, et l'esprit Brahma, forment le mariage de l'illusion et de l'éternité.

La même dualité qui embrasse l'univers embrasse l'être humain. De la naissance à la mort, nous restons nous mêmes, une essence originale, différente de tous les autres vivants. Et pourtant nous habitons un tourbillon perpétuel. L'ouragan des passions, le cyclone des idées, le simoun des instincts passent en nous, Mais nous subsistons dans notre personne inaltérée. Un centre indivisible rayonne au fond du mystère humain. Ce moi immuable, en dehors du temps, de l'espace, de la causalité, ce reflet éternel de Dieu, constitue notre être véritable. Faut-il voir en lui une sublime étincelle, irrémédiablement séparée de l'absolu ou l'absolu total ? Dans le premier cas, nous sommes des dieux, dans le second cas nous sommes Dieu.

Supposons maintenant que la substance universelle soit divisible à l'infini, qu'on ne trouve jamais de fin à la fragmentation des atomes. Les électrons seraient alors de véritables planètes, avec une atmosphère, des continents, des molécules, des atomes et des électrons planètes, et tout recommencerait sans cesse. Dans chaque monde, on trouverait un monde chaîne effrayant sans commencement ni fin. L'atome est un système solaire, le système solaire est un atome. Ce grain de poussière qui vole dans ce rayon comprend en réalité des milliards de nébuleuses où flamboient des étoiles, où tournoient des globes, où souffrent des vivants, où rêvent des amants, où méditent des sages. Ni grandeur, ni petitesse, un infini d'infinis se déploie dans tous les sens !

Notre voie lactée n'est peut être qu'une molécule de parfum, émanée d'une corolle aux dimensions inconcevables dans un jardin démesuré...

La fantasia d'images tournoie devant notre conscience, miroir pensif. L'illusion universelle implique une réalité percevant cette illusion. Réalité qui se nomme l'esprit. En face de l'océan des choses s'érige, phare indestructible, le moi supérieur.

Toutes les techniques yogiques consistent à prendre conscience de ce moi divin qui brille au-dessus de notre moi humain, comme le Soleil surplombant la Terre. Alors on s'aperçoit que le temps, l'espace, la causalité passent comme des bulles d'illusion autour de notre être éternel. Mais l'illusion universelle a une sorte de réalité inférieure, sans quoi elle ne serait pas perçue par notre conscience. Maya n'est pas un pur néant, elle est la création de l'esprit dans les cadres de l'espace-temps, cadres eux-mêmes créés par l'esprit. Ce que l'esprit a créé, il peut le détruire.

Dans la plupart des cas de nombreuses existences, des transmigrations et des transmutations seront nécessaires à ce travail immense. Dans certains cas, il se fera dans une seule existence, par l'illumination spirituelle, non par un éclair d'extase, mais la force et la joie et l'amour et la sagesse permanents. État suprême atteint par Krishna, Bouddha, le Christ, pour ne citer que les plus grands. Il consiste à remplacer notre moi humain par notre Surmoi divin. Il ne s'agit pas de répéter sur le plan intellectuel (avec un doute informulé) : – Je suis Lui. SOHAM !

Il s'agit d'obtenir sentimentalement, intuitivement, dans les moindres fibres matérielles, astrales, mentales, de notre personne, cette transfiguration. Alors, et alors seulement, nous serons délivrés du poids des réincarnations qui nous promènent de monde en monde. Citons les magnifiques paroles de la Baghavad Gita :

''Tu portes en toi même un ami sublime que tu ne connais pas. Car Dieu réside dans l'intérieur de tout homme, mais peu savent le trouver. L'homme qui fait le sacrifice de ses désirs et de ses oeuvres à l'Être d'où procèdent les principes de toute chose et par qui l'univers a été formé, obtient par ce sacrifice la perfection. Car celui qui trouve en lui même son bonheur, sa joie, et en lui même aussi, sa lumière, est UN avec Dieu. Or, saches-le, l'âme qui a trouvé Dieu est délivrée de la renaissance et de la mort, de la vieillesse et de la douleur, et boit l'eau de l'immortalité.''

Brousse François, BMP N°67 – mai 1989

mardi 28 octobre 2008

Un matin viendra, ce sera la grande aurore




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Un matin viendra, ce sera la grande aurore où les hommes posséderont l’amour fraternel, l’intuition cosmique et la vision directe de Dieu.
Alors s’effondreront les chefs. À quoi serviraient-ils dans un monde rempli d’amour ?
Alors s’effaceront les savants. Toutes les âmes liront la science parfaite dans le livre infini.
Alors disparaîtront les prêtres. Sans dogmes, sans superstitions, sans églises, les hommes verront Dieu face à face.

Les temps viendront de la suprême sagesse et de la béatitude.

BROUSSE François , SUB ROSA, éd. La Licorne Ailée, 2ème éd.
B.M.P 113-114 - juin – juillet 1993


Un_matin_1

Les âmes sont des pensées de Dieu
Voilà pourquoi elles sont toutes éternelles,
Voilà pourquoi elles sont toutes infinies.
Voilà pourquoi elles sont toutes différentes,
Voilà pourquoi elles sont toutes semblables.
Statues diverses taillées dans le même marbre de lumière.

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils, éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 89


Mardi 25 octobre 2005, 21 heures, Au Centro Espagnol

Josy LLOP et huit élèves du CNR (Conservatoire national de Région) de Perpignan ont brillamment interprétés des poèmes et des pensées de François BROUSSE, accompagnés par la douce et apaisante guitare de Francisco ORTIZ. Après une heure de véritable enchantement, ils ont été longuement et chaleureusement applaudis par une salle comble et émue de cent cinquante personnes. La magie était palpable, on eut dit que le temps mouvant s’était arrêté. Beauté, fluidité, intensité, rien n’est assez puissant pour décrire le bonheur qui flottait. (T. Harlay)

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