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samedi 5 mars 2011

DOUTE


DOUTE

1994_07_LES_MIROITEMENTS_DE_L_INFINI Le doute m'a rongé
Comme un sinistre acide
Suis je un grand Messager
Ou un fakir candide ?

Mon front découragé
Se multiplie en rides.

L'ouragan dans mes voiles
Gronde sinistrement
Il remplit de crotales
L'effrayant firmament.

Les harmonies mentales
S'effacent tristement.

Je suis la sombre enclume
Où tape un forgeron
Mon oeil terne s'allume
Quand sonne le clairon.

Je tombe dans l'écume
De l'avare Achéron.

Cependant je m'assume
Les folies crouleront
Et les cieux chanteront !

20 mai 1993

BROUSSE François, Les Miroitements de l’infini,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1994, page 375

samedi 26 février 2011

SÉRÉNITÉ


SÉRÉNITÉ

Dans la sérénité de Dieu,
Vers les immensités altières
Plongeons la tête la première,
Dans la sérénité de Dieu.

Les étoiles, roses trémières,
Parfument le jardin de feu
Comme une princesse en colère.
L'éternité remplit les cieux.
Ô les baisers délicieux
Dans les souveraines lumières
On transmute tous les milieux.
L'illumination est l'enjeu
De cette fête aventurière
Dans la sérénité de Dieu
Vers les perfections premières.

27 juin 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 94

samedi 12 février 2011

LA GRANDEUR DE L'HOMME


LA GRANDEUR DE L'HOMME

Oui, l'homme passe sur la Terre,
Comme un reflet plaintif sur l'eau !
Le souvenir se désaltère
Dans la fontaine des sanglots !

La splendeur des grands temples tombe,
La perle des plaisirs s'éteint
La croix terrible de la tombe
Luit dans l'implacable lointain.

Avant d'être une pourriture
Toute grouillante de fourmis
Son coeur morne s'offre en pâture
Aux dents des vices ennemis.

Il héberge, avant qu'on le couche
Au lit de l'éternel hiver,
La douleur, ce serpent farouche,
L'infamie, ce livide ver,

Mais qu'importe ! Un esprit sublime
Palpite sous son crâne en feu
Sur les prodigieuses cimes
La foudre embrase ses cheveux

Il resplendit, torche vivante,
Parmi les profondeurs du soir !
Les étoiles qui s'épouvantent
Baisent ses pieds de granit noir

Il se dresse, plein de colère,
Dans le grand silence des cieux,
Contre les portes séculaires
Contre le sphinx mystérieux,

Et il dérobe, fou d'audace,
Malgré les clameurs de la nuit,
Malgré la flamme qui terrasse
Ses yeux brusquement éblouis,

Pour transformer le crépuscule
En un grand triomphe vermeil,
L'étincelle immense qui brûle
À la roue du char des soleils !


BROUSSE François, Chants dans le ciel, dans Œuvres poétiques – Tome 1,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, p. 132-133

samedi 1 janvier 2011

CANON


Le coq, dressé sur l'ergot,
Brave la nuit colossale,
La femme est le fandango
Qui fait tressaillir l'étoile ...

L'aube portant le fagot
Pour brûler la cathédrale
Pose le puissant argot
Des langues primordiales...

Ma fantaisie conquérante
Sourit aux robes errantes
Qui claquent dans le jasmin

Ma chanson incantatoire
Change le flot de l'Histoire
Pour semer l'Art surhumain...

2 novembre 1994


CANON

Il a perdu le nom
De sa première amante
Comme un coup de canon
Sur la mer écumante,

La flamboyante mante
Chasse l'impur démon
Un brigand se lamente
Sur le sein de Ninon.

L'ombre de la falaise
Affole les mélèzes
Mais charme les géants.

Je brise le néant
Dans l'étau de mes strophes,

Je suis le théosophe
De l'au delà géant.

2 novembre 1994

BROUSSE François, L’idéale Métamorphose
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, page 150 et 151

jeudi 11 novembre 2010

CANTILÈNE


Je veux jouir d'une lumière incomparable
Et la verser, cette lumière, à l'univers
Les éons s'aiment dans l'érable
Floréal caresse l'hiver.

Pas d'enfer éternel ! Pas de maux incurables,
L'esprit saisit le corps et rayonne au travers.
Un sculpteur incommensurable
Remodèle tous les pervers.

Le père méditant des étoiles attire
Même le criminel et même le satyre.
Le magnifique Soliman
Transforme le drame en roman
Faisons de son heureuse haleine
L'épousaille des morts et de la cantilène.

4 avril 1992

BROUSSE François
Le Baiser de l’archange, éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, page 94

samedi 2 mai 2009

ASPIRATION


Par ta torche céleste, ô Dieu, tu m'as brûlé.
Mon esprit, dans le feu, goûta l'intelligence.
Ton mystère de gloire éternelle s'élance
Comme un griffon géant dans le gouffre étoilé.

Ton souffle a descellé ma bouche d'acier noir
Pour en faire jaillir les hymnes de la force,
Ô Roi des majestés, tu plaças dans mon torse,
Comme une lampe bleue les trésors de l'espoir !

Quel astre, quel soleil, quel archange de flamme
Pourrait sans vaciller se tenir devant Toi ?
Tu regardes, rêveur, dans la fumée des toits
Les planètes périr sous les replis de l'âme.

Je monte vers ton coeur comme un parfum errant,
Comme un élan d'oiseaux, comme une flèche folle,
Ouvre, ô prince des dieux, ton palais de corolles,
De nids et de points d'or aux pas de ton enfant.

BROUSSE François, De l’autre Cygne à l’un dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 351

vendredi 1 mai 2009

RETRAITE


Marguerite

RETRAITE

Je serais une âme discrète
Dans une montagne secrète
Jusqu'à ce que le grand milan
M'emporte au coeur du firmament.

Laissons la Terre épouvantable
Se vautrer sous l'immonde table
Ô poésie, ô saint Amour,
Toi seule boit l'éternel jour.

Les Avatars et les Prophètes
Illuminent nos sombres faîtes
Montons, dans l'immortel moment,
A l'ultime ravissement !

3 juillet 1988

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 86

mardi 28 avril 2009

Ton cœur et ton cerveau

Ton cœur et ton cerveau sont une harpe d’or,
La jonquille dans ton regard veille et s'endort,
Un parfum d'astre t'environne,
Le soleil sur ton front a posé sa couronne
Et nous explorerons ses divins corridors.

23 mars 1986

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 22

mardi 21 avril 2009

DIATRIBE


Oui, vous avez le droit de rejeter Hugo
Et moi j'ai bien le droit de vous trouver idiot !

Vous avez le loisir de faire grise mine
Au géant que l'aurore insondable illumine ;
Mon rêve a le plaisir de vous savoir petits
Et de vomir vos noms dans la fange engloutis.

Touchez avec précaution le feu splendide
Car il pourrait brûler vos doigts.
Ô crapauds bafouilleurs, rampez dans l'ombre vide,
Ces oies se prennent pour des rois...

Pour comprendre le maître, il faut avoir dans l'âme
L'orchestre des parfums, non une plaie infâme ;
Pleutres, vous admirez les écraseurs d'humains
Lui, n'aime que l'étoile aux radieux chemins !

Vils histrions, léchez l'inconstante vipère
Dans vos antres de fiel
Cela n'empêche pas la mer et le tonnerre
D'adorer l'Éternel.

Dans le bleu de l'abîme on voit songer l'augure
L'âme en chantant les Dieux monte et se transfigure.

BROUSSE François, Ivresses et Sommeils
Imprimerie Labau, Perpignan, 1980, page 50

vendredi 27 février 2009

Je résiste et je pleure à travers la tourmente

Je résiste et je pleure à travers la tourmente,
Arbre aux marges des mers
Et l'ombre chevauchant ses cavales démentes
Tord mes cheveux amers.

Uranus qui se meut sous des cercles farouches
Tente de m'enlacer,
Mais le sombre fantôme aux millions de bouches
S'enfuit, vite effacé.

Sous son chapeau de fleurs une petite fille
Pieds nus, robe en haillons
Me désigne en riant l'étoile qui scintille
Dans son nid de rayons.

Les temps mystérieux qui rythment les empires
Fleurissent mon jardin
Tandis que la Nuit morne, entourée de vampires,
Adore le Matin.

18 octobre 1979

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 134

samedi 24 janvier 2009

LOTUS

J'aime la rosée du lotus,
Celle qui tombe des étoiles,
Ô souffle divin de l'Indus
J'aime la rosée du lotus.

Enfant de Viviane et d'Horus,
J'ouvre mes fantastiques voiles
Vers l'île où rougeoient les crocus
Un feu pur circule en mes moelles...
J'aime les larmes du lotus,
Ces baisers des chastes étoiles.

21 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 100

vendredi 16 janvier 2009

UNE AUBE


Chant de Brigitte Kashtan - Dawn (Une Aube) - Extrait de son album Elevation


Une rose, un baiser, caressant ses flots lents,
Illuminent la mer interminable et sombre
Et des tisons de pourpre aux chocs étincelants
Commencent à rouler sur sa crinière d'ombre.

Les astres alanguis meurent dans la pénombre...

Les oiseaux, effarés d'amour, volent sanglants
Et, croisant dans l'azur leurs tourbillons sans nombre
Abandonnent au vent marin leurs duvets blancs...

Sous le calme du ciel d'où l'étoile de l'aube
Mouille à l'écume en feu les franges de sa robe
Une lueur grandit, frissonnante d'extase.

Le gouffre des forêts, dans la fraîcheur puissante,
Penche sa chevelure étrange et languissante
Que l'âme du matin de ses larmes embrase.

La source, où la lumière enlace ses mains vives,
Porte à l'océan vaste expirant sur la rive
Le mystère de l'arbre incendié de gazes...

Les transparences du nuage éploient leur flamme,
Sous le prisme des bois le cerf réveillé brame,
Et le pigeon pleure à la nuit son tendre amour.

La fleur de velours s'ouvre aux perles de rosée
Dont la rondeur éclate en graciles fusées,
Cent prunelles zèbrent son coeur tissé de jour.

Les ermites pensifs s'éveillent à l'aurore.

Dardant son envergure étrangement sonore,
Urgelle aux voiles clairs s'envole dans le bleu...
Sous les cheveux subtils de la lumière blonde,

Courbez vous et priez, ô peuples de ce monde,
Car le soleil levant est le regard de Dieu

BROUSSE François De l’autre Cygne à l’un
dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 286