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mercredi 4 mai 2011

FEMME ET DIEU


FEMME ET DIEU

La femme qui n'a plus de clarté sur son casque
Est la maîtresse irrésistible des bourrasques.
Ô lumière de Dieu, je t'arrache ton masque.
Le phénix a chassé l'infernale tarasque.

La pythonisse de l'idéal te sourit.
Monte dans le soleil sur l'aile des houris.
L'Inde t'offre en riant le suprême Hari.
Le fruit de l'Absolu dans l'aurore a mûri.

Prenons gourde et bourdon vers l'ordre Compostelle
Imprimons nos baisers sur les lèvres d'Estelle.
La vérité divine où donc habite t elle ?

Ecarte avec dédain le doute injurieux.
Dieu brille par delà le nuage des dieux
Epoux de l'infini lève toi radieux.

François BROUSSE, La rosée des constellations,
Ed. La Licorne Ailée – 1991, p. 168

mercredi 9 mars 2011

SOUVENIRS


SOUVENIRS

1978_04_L_ANGELUS_DES_REVES_FaceJe prends dans mes bras Diane aux prunelles vertes et aux ailes d'extase.
Ô fille du Soleil, te souviens-tu de nos amours avant de naître ?
Te souviens-tu de nos étreintes angéliques, dans la lumière antérieure ?
Nous ne formions qu’un dieu dans le parfum des fleurs astrales.
Tes yeux étaient les miens, ton cœur battait au fond de mon cœur.
Puis l’androgyne se fendait en deux tendresses face à face...
Comme nous contemplions, ivres de rêve, notre double unité !
Je caressais tes formes de femme-feu, corolles, colombes, brûlante neige, mer aux rythmes hallucinés.

1989_06_L_ANGELUS_DES_REVES Tu posais, sur mes cheveux altiers, ta main, comme l'aurore sur les cimes.
Te souviens-tu des séraphins admirateurs, ces abeilles autour de nos royales fleurs ?
Dans l’harmonie de leurs psaltérions, glissait la douce molécule de tristesse.
Hé quoi ! Laisser nos célestes amis pour un séjour sur la planète Terre ?
Nous n’avons rien perdu, car je te berce, entre mes bras saints et purs.
Ô paradis vivant, éden ressuscité, jouissance plus forte que les seuils de lumière et l’au-delà d’azur,
Ô jubilation de fontaines heureuses que soulève le chant des mondes et qu’illumine l’éternelle magie...



BROUSSE François, L’Angélus des rêves
Éd. Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1978, page 50-51
2e éd., La Licorne Ailée, Clamart, p. 50-51

samedi 1 janvier 2011

CANON


Le coq, dressé sur l'ergot,
Brave la nuit colossale,
La femme est le fandango
Qui fait tressaillir l'étoile ...

L'aube portant le fagot
Pour brûler la cathédrale
Pose le puissant argot
Des langues primordiales...

Ma fantaisie conquérante
Sourit aux robes errantes
Qui claquent dans le jasmin

Ma chanson incantatoire
Change le flot de l'Histoire
Pour semer l'Art surhumain...

2 novembre 1994


CANON

Il a perdu le nom
De sa première amante
Comme un coup de canon
Sur la mer écumante,

La flamboyante mante
Chasse l'impur démon
Un brigand se lamente
Sur le sein de Ninon.

L'ombre de la falaise
Affole les mélèzes
Mais charme les géants.

Je brise le néant
Dans l'étau de mes strophes,

Je suis le théosophe
De l'au delà géant.

2 novembre 1994

BROUSSE François, L’idéale Métamorphose
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, page 150 et 151

dimanche 8 mars 2009

UN BAISER



Je voudrais un baiser, qui me le donnera ?
Je voudrais un baiser, un baiser sur la bouche,
Mais il faut un coeur vierge à mon désir farouche,
Ce coeur tranquille et pur, qui donc me l'offrira ?

Je suis l'homme énervé qui se tord sur sa couche...
Ce baiser, je l'attends ; s'il vient, il calmera
Mon esprit vif, qui sensitif toujours vibra.
Mon désir fou, hélas ! fuit comme un vol de mouche.

Du seul amour charnel tous les corps sont emplis.
Tremble t il une fleur ? Scintille t-il un lys
Dans l'être merveilleux et noir qu'on nomme femme ?

Je suis le cerf des bois qui cherche un clair ruisseau.
Mon voeu court dans le ciel, tel un frêle cerceau...
Qui me le donnera, ce baiser ? Moi, dit l’âme.

08-07-1928

BROUSSE François, Voltiges et vertiges, dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 80