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mercredi 6 août 2014

SI


Si vous avez un coeur, offrez le tendrement
À votre bien aimée qu'environne l'aurore.
Elle est comme une source à l'eau fraîche et sonore
Où se reflète la clarté du firmament.

Si vous avez une âme offrez la comme un rêve
De paradis dans la lumière de l'éveil.
Elle respirera cette fleur de soleil
Dont jamais l'exaltant souvenir ne s'achève.

Si vous avez un esprit fier, offrez le Lui
Car son aspiration va plus haut que l'espace.
Que l'univers s'effondre ou que le ciel trépasse
N'importe sur nos fronts l'inconcevable a lui !

22 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 101

mercredi 9 mars 2011

SOUVENIRS


SOUVENIRS

1978_04_L_ANGELUS_DES_REVES_FaceJe prends dans mes bras Diane aux prunelles vertes et aux ailes d'extase.
Ô fille du Soleil, te souviens-tu de nos amours avant de naître ?
Te souviens-tu de nos étreintes angéliques, dans la lumière antérieure ?
Nous ne formions qu’un dieu dans le parfum des fleurs astrales.
Tes yeux étaient les miens, ton cœur battait au fond de mon cœur.
Puis l’androgyne se fendait en deux tendresses face à face...
Comme nous contemplions, ivres de rêve, notre double unité !
Je caressais tes formes de femme-feu, corolles, colombes, brûlante neige, mer aux rythmes hallucinés.

1989_06_L_ANGELUS_DES_REVES Tu posais, sur mes cheveux altiers, ta main, comme l'aurore sur les cimes.
Te souviens-tu des séraphins admirateurs, ces abeilles autour de nos royales fleurs ?
Dans l’harmonie de leurs psaltérions, glissait la douce molécule de tristesse.
Hé quoi ! Laisser nos célestes amis pour un séjour sur la planète Terre ?
Nous n’avons rien perdu, car je te berce, entre mes bras saints et purs.
Ô paradis vivant, éden ressuscité, jouissance plus forte que les seuils de lumière et l’au-delà d’azur,
Ô jubilation de fontaines heureuses que soulève le chant des mondes et qu’illumine l’éternelle magie...



BROUSSE François, L’Angélus des rêves
Éd. Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1978, page 50-51
2e éd., La Licorne Ailée, Clamart, p. 50-51

lundi 14 février 2011

Après avoir prié le vrai Dieu...


Après avoir prié le vrai Dieu, nos douleurs
Nous reviennent parées et couronnées de fleurs
Et la sérénité des étoiles descend
Comme une pluie d'été du ciel adolescent.
La plume des azurs connaît bien la syntaxe
L'immortel vient parler à l'infini des axes.

10 mai 1992

BROUSSE François, Le Baiser de l’archange,
éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, p.155

mercredi 9 février 2011

Elle dort...


– XI –

(…)

Une vierge est couchée au fond de cette tombe.
Elle dort. Ses grands yeux fermés dans la Douleur
Laissent de leurs longs cils couler un vague pleur...
Et l'âme aux plumes de colombe
S'agenouille, accablée, et contemple en rêvant...
La dalle, impénétrable aux yeux de tout vivant
Sous son regard est transparente ;
Au dessus du sépulcre, elle chante une plainte
Qui coule et cesse, au loin, dans la profondeur sainte,
Comme une fontaine mourante... »


FANTAISIES_P_216_6cm – XII –

De même, le génie
Aime souvent pleurer
Et la brise infinie,
Glissant sur la Forêt
Sa dolente harmonie,
Dit : « Soupirez ! »

Je suis agenouillé,
Devant la Poésie,
Sur le gazon mouillé
Qui, de jasmins d'Asie
À corolle choisie,
Est émaillé.


BROUSSE François, Fantaisies, Huitième Livre,
La Poésie Aurorienne, « Aurorienne ou Chez ma Fée », XI et XII,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2000, p. 218- 219
(Dessin de jeunesse de François Brousse)

dimanche 23 janvier 2011

ULTIMA


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ULTIMA

Les ultimes années
D'un Maître sont toujours
D'épreuves couronnées
Par l'énigme des jours.

Le terrible séjour
Parmi les fleurs fanées
Lui donne le bonjour
Des fauves destinées.

Les sinistres périls
Où les yeux se morfondent
Environnent l'exil
Du conducteur des mondes.

Mais rien ne pourra clore
La fabuleuse flore
Du pur révélateur
Debout dans la Hauteur.

4 novembre 1994






BROUSSE François, L’idéale Métamorphose,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, page 159

jeudi 11 novembre 2010

CANTILÈNE


Je veux jouir d'une lumière incomparable
Et la verser, cette lumière, à l'univers
Les éons s'aiment dans l'érable
Floréal caresse l'hiver.

Pas d'enfer éternel ! Pas de maux incurables,
L'esprit saisit le corps et rayonne au travers.
Un sculpteur incommensurable
Remodèle tous les pervers.

Le père méditant des étoiles attire
Même le criminel et même le satyre.
Le magnifique Soliman
Transforme le drame en roman
Faisons de son heureuse haleine
L'épousaille des morts et de la cantilène.

4 avril 1992

BROUSSE François
Le Baiser de l’archange, éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, page 94

lundi 8 novembre 2010

NATIVITÉ



NATIVITÉ

Sur la terre au coeur froid succombent les espoirs
Mais l'aurore, comme un oiseau de feu, s'envole.
L'homme passe en pleurant, plus sombre que les soirs,
Pourtant sur son front luit l'éclatante auréole.

Des milliers d'arcs en ciel illuminent le pôle
Les escadrons du rêve assaillent les manoirs
Où la face des morts sourit dans les miroirs,
Et la fleur de l'abîme entrouvre sa corolle.

L'Amour viendra. L'Amour inévitablement
Haussera sur les monts le soleil diamant ;
Fantômes et démons rentreront dans leur antre.

Les dieux disparaîtront devant le feu vivant !
Jéhovah comme Allah s'effacent dans le vent.
Dieu frappe à notre porte et je réponds Qu’Il entre »

2 novembre 1986

BROUSSE François
Le Graal d’or aux mille soleils, éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 41

vendredi 29 octobre 2010

VATES


VATES

Je m'enfonce dans le lointain
Avec la divine imprudence
Des conquérants du ciel latin
Envoyés par la providence
Pour briser les sceptres hautains
Et ressusciter l'espérance.

Je ramasse sans y penser
Des bijoux à l'éclat barbare
Que les Atlantes effacés
Laissèrent choir de leur tiare.
Les lions s'enfuient hérissés
Devant les chants de ma cithare.

La quatrième dimension
M'ouvre ses couleurs inconnues
Je dépasse par intuition
Le fronton rugissant des nues
Et d'étranges révélations
M'offrent en riant leurs cornues.

Alchimiste transcendantal
Je fabrique des fleurs nouvelles
Dans mon délire zénithal
Je guide d'âpres caravelles
Mais le soleil occidental
M'a forgé soixante dix ailes.

Leur ombre couvre l'ignoré,
Elle dépasse les comètes,
Je savoure le miel doré
Qu'Athéna sur le mont Hymette
Distille pour les effarés.
Mais devant Dieu, joyeux prophète
Ma gloire tombe et disparaît.

BROUSSE François
La Rosée des constellations, éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 256.

mardi 28 avril 2009

Ton cœur et ton cerveau

Ton cœur et ton cerveau sont une harpe d’or,
La jonquille dans ton regard veille et s'endort,
Un parfum d'astre t'environne,
Le soleil sur ton front a posé sa couronne
Et nous explorerons ses divins corridors.

23 mars 1986

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 22

dimanche 15 mars 2009

LIBERTÉ


Dans les lis et les mirabelles,
Sous le gouffre bleu de l'été,
Les âmes brodent d'étincelles
La robe de l'immensité.

Par les lueurs surnaturelles
Qui tombent d'un ciel enchanté,
Je veux redéployer tes ailes,
Ô grand archange, ô Liberté !

Bonheur, Amour, Intelligence,
Ta main royale les condense,
En une montagne de feu !

Jardin aux éternelles pommes,
Liberté, fier regard des hommes,
Œil irrésistible de Dieu !

BROUSSE François, « Liberté », dans De l’autre Cygne à l’un
Œuvres poétiques – Tome 2, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 373

dimanche 8 mars 2009

UN BAISER



Je voudrais un baiser, qui me le donnera ?
Je voudrais un baiser, un baiser sur la bouche,
Mais il faut un coeur vierge à mon désir farouche,
Ce coeur tranquille et pur, qui donc me l'offrira ?

Je suis l'homme énervé qui se tord sur sa couche...
Ce baiser, je l'attends ; s'il vient, il calmera
Mon esprit vif, qui sensitif toujours vibra.
Mon désir fou, hélas ! fuit comme un vol de mouche.

Du seul amour charnel tous les corps sont emplis.
Tremble t il une fleur ? Scintille t-il un lys
Dans l'être merveilleux et noir qu'on nomme femme ?

Je suis le cerf des bois qui cherche un clair ruisseau.
Mon voeu court dans le ciel, tel un frêle cerceau...
Qui me le donnera, ce baiser ? Moi, dit l’âme.

08-07-1928

BROUSSE François, Voltiges et vertiges, dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 80

vendredi 6 mars 2009

L'IDÉE DE DIEU



Le matin déployait sur les montagnes roses
Ses ailes d'écarlate aux frissons éclatants,
Et les gouffres environnaient l'aigle titan
De votre orgue effrayant, ô forêts grandioses !

Le fleuve entrelaçait de bleues métamorphoses
Les grands mirages verts qui peuplent le printemps ;
Des fleurs énormes, des calices exultants,
Offraient aux papillons un miel d'apothéose.

Les paons de neige et d'or volaient dans les ravins.
L'Homme sentait l'immense harmonie du Divin
S'abattre sur son coeur du front sacré des cimes,

Et, vibrant avec la Terre ardente, il voyait,
Derrière le soleil dont les yeux flamboyaient,
Un Père Tout Puissant sourire dans l'abîme.

BROUSSE François, Le Poème de la Terre
Dans Œuvres Poétiques – Tome 1, Éd. La Licorne Ailé, Clamart, 1986, page 43

vendredi 27 février 2009

Je résiste et je pleure à travers la tourmente

Je résiste et je pleure à travers la tourmente,
Arbre aux marges des mers
Et l'ombre chevauchant ses cavales démentes
Tord mes cheveux amers.

Uranus qui se meut sous des cercles farouches
Tente de m'enlacer,
Mais le sombre fantôme aux millions de bouches
S'enfuit, vite effacé.

Sous son chapeau de fleurs une petite fille
Pieds nus, robe en haillons
Me désigne en riant l'étoile qui scintille
Dans son nid de rayons.

Les temps mystérieux qui rythment les empires
Fleurissent mon jardin
Tandis que la Nuit morne, entourée de vampires,
Adore le Matin.

18 octobre 1979

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 134

samedi 14 février 2009

C'est la Saint Valentin

C'est la Saint Valentin
Le ciel est de satin,
Nos âmes de lumière ;
Et nos amoureux chants
De l'aurore au couchant
Tremblent comme des lierres.

Les oiseaux de saphir
Dans les joyeux zéphirs
Sont des baisers qui passent.
Le parfum de ces fleurs
Jette l'amour vainqueur,
Plus vaste que l'espace.

Petit saint adoré
Prend nos rêves dorés
Que la pourpre entrelace
Et porte-les, tremblants,
Jusqu'au seuil fulgurant
De l'éternelle grâce.

14 février 1983
Saint Valentin

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 61

SAINT VALENTIN

Valentin, mage fulgurant,
Valentin, saint des amoureux
Poudre d'or et de diamant,
T'apportent mes plus tendres voeux,
En attendant de te serrer
Entre mes bras émerveillés,
Mes pensers, divine princesse,
Vers toi se dirigent sans cesse
Ainsi que les aigles des mers
Autour d'un phare aux yeux d'éclairs
Les grands cèdres métaphysiques
Et les résédas immortels
Dans une magique musique
Viennent fleurir tes doux autels
Car mon amour monte plus fort
Que la tempête et que la mort...
Parfums d'encens, parfums de roses,
En toi mon âme se transpose.

14 février 1990

BROUSSE François, Le Sourire de l’astre
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, page 43

vendredi 16 janvier 2009

UNE AUBE


Chant de Brigitte Kashtan - Dawn (Une Aube) - Extrait de son album Elevation


Une rose, un baiser, caressant ses flots lents,
Illuminent la mer interminable et sombre
Et des tisons de pourpre aux chocs étincelants
Commencent à rouler sur sa crinière d'ombre.

Les astres alanguis meurent dans la pénombre...

Les oiseaux, effarés d'amour, volent sanglants
Et, croisant dans l'azur leurs tourbillons sans nombre
Abandonnent au vent marin leurs duvets blancs...

Sous le calme du ciel d'où l'étoile de l'aube
Mouille à l'écume en feu les franges de sa robe
Une lueur grandit, frissonnante d'extase.

Le gouffre des forêts, dans la fraîcheur puissante,
Penche sa chevelure étrange et languissante
Que l'âme du matin de ses larmes embrase.

La source, où la lumière enlace ses mains vives,
Porte à l'océan vaste expirant sur la rive
Le mystère de l'arbre incendié de gazes...

Les transparences du nuage éploient leur flamme,
Sous le prisme des bois le cerf réveillé brame,
Et le pigeon pleure à la nuit son tendre amour.

La fleur de velours s'ouvre aux perles de rosée
Dont la rondeur éclate en graciles fusées,
Cent prunelles zèbrent son coeur tissé de jour.

Les ermites pensifs s'éveillent à l'aurore.

Dardant son envergure étrangement sonore,
Urgelle aux voiles clairs s'envole dans le bleu...
Sous les cheveux subtils de la lumière blonde,

Courbez vous et priez, ô peuples de ce monde,
Car le soleil levant est le regard de Dieu

BROUSSE François De l’autre Cygne à l’un
dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 286

vendredi 12 septembre 2008

SILENCE

La rose du silenceLa rose du silence
Effeuille ses pétales,
Et mon esprit s'élance
Vers la flamme idéale.

Quand on se tait la nuit
On touche les soleils,
Ils volent éblouis
Vers l'Être sans pareil

Mais les pétales d'or
Nous transportent là haut
Plus loin que les griots
Plus loin que les essors.

Je ne veux plus entendre
Que les choses muettes
Dont les frissons si tendres
Réveillent les prophètes.

Je me couche, rêveur,
Sur un lit de mutisme
Tandis que ma ferveur
Berçant les magnétismes,
Caresse les charismes.

31 octobre 1993

François BROUSSE, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 403

SUAVITÉ

J'admire ta courbe divine
Ô rose, chef d'oeuvre du ciel,
Ton clair parfum d'ambre et de miel
Est une errance cristalline.

Dieu pour se faire pardonner
Les dictateurs et les pontifes
A composé l'hiéroglyphe
De ton mystère illuminé.

Si tu verses ton âme chaste
Au fond des bois vertigineux,
L'ouragan de l'amour dévaste
Tous les bocages épineux

Quand tu approches de nos lèvres
La joie infinie nous étreint,
Un tournoi d'amoureuse fièvre
Fait étinceler notre écrin

Puis tu m'offres ta douce gerbe
Faite d'un tremblement d'émaux
Quand je veux inventer des mots
Plus fascinateurs que le Verbe...

Ô rose, toi la fleur parfaite,
Composée de suavité,
Tu mets ton feu sur les prophètes
Et les pleurs dans l'éternité.

31 octobre 1993

François BROUSSE, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 402