Mot-clé - Mystère

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samedi 2 mai 2009

L'INCONNU

(Poème déjà édité
dans la revue Conflent , Prades, N°25, Janvier-Février 1965, p. 31)

Je suis le dieu du bien, je suis le dieu du mal
J'erre, étranger masqué, dans la cohue humaine.
Sous un double rayon d'archange et d'animal,
Un caprice inconnu vers les hauteurs me mène.

anc_l_angelusLe bruit clair de mon pas fait trembler les momies
Dans la sérénité lugubre de leur crypte.
L'astre de mon coeur fend les ombres ennemies
Et mes yeux ont conquis les trésors de l'Égypte.

J'ouvre la porte immense et pâle des aurores
Pour contempler la reine au sourire de sphinx.
L'aigle toujours m'emporte en ses ailes sonores,
Je viole parfois l'antre sacré des lynx.

J'entends vibrer vos voix, ô farouches planètes
Qui dansent dans le rire enivré de l'éther !
Le chant des rossignols et le cri des rainettes
Éveillent en mon front l'écho de Lucifer.

Les univers secrets parlent dans mon silence
Illuminé, qu'effare un reflet du Seigneur.
Devant la sombre mer qui toujours recommence
On voit ma silhouette au faîte d'Elseneur.

Qu'y suis-je, ange ou démon ? magicien ou Mage ?
Le manteau du mystère entoure mon exil.
Et les vents inouïs déchaînent leur orage
Pour me jeter vivant dans l'ineffable Avril.

BROUSSE François, L’Angélus des rêves
Éd. Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1978, page 48-49

ASPIRATION


Par ta torche céleste, ô Dieu, tu m'as brûlé.
Mon esprit, dans le feu, goûta l'intelligence.
Ton mystère de gloire éternelle s'élance
Comme un griffon géant dans le gouffre étoilé.

Ton souffle a descellé ma bouche d'acier noir
Pour en faire jaillir les hymnes de la force,
Ô Roi des majestés, tu plaças dans mon torse,
Comme une lampe bleue les trésors de l'espoir !

Quel astre, quel soleil, quel archange de flamme
Pourrait sans vaciller se tenir devant Toi ?
Tu regardes, rêveur, dans la fumée des toits
Les planètes périr sous les replis de l'âme.

Je monte vers ton coeur comme un parfum errant,
Comme un élan d'oiseaux, comme une flèche folle,
Ouvre, ô prince des dieux, ton palais de corolles,
De nids et de points d'or aux pas de ton enfant.

BROUSSE François, De l’autre Cygne à l’un dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 351

samedi 21 mars 2009

LE DISCIPLE


Photo_de_BouddhaÔ Maître, Bouddha éternel
Devant qui les grands dieux s'inclinent,
Refuge des êtres mortels,
Donne moi la haute doctrine !

Protège ton disciple errant
Dans les ténèbres de la Terre,
Montre-lui ton front fulgurant
Qui déchire tous les mystères.

Pour conquérir le Nirvana
L'homme rêve, pleure et t'implore,
Plus pur que le feu de l'Etna
Dévoile ta face d'aurore...

1er février 1982

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 42

dimanche 21 septembre 2008

L'ESSENTIEL

L'essentiel pour le poète est d'avoir l'appétit de la grandeur ou le trouble du mystère. Le mariage de ces deux forces compose l'escarboucle de Merlin qui brille habituellement au front du génie. Rejetons les petitesses du monde cubique. Nourrissons nous de sublimes pensées et de célestes enthousiasmes. L'inspiration viendra, immense, multicolore, irrésistible, comme la mer, à l'heure de la marée, brise ses portes.

François BROUSSE, La Trinosophie de l’Étoile polaire, Ed. La Licorne Ailée, 1990, page 69

LE MOT

Je m'éveillai. J'étais dans le lieu ténébreux
Des fantômes traînaient le Soleil derrière eux
L'un d'eux me dit : Voici l'épisode suprême
L'inexplicable Esprit nous regarde et nous aime
Il faut auparavant que tu dises le Mot
Que l'Inconnu dessine en ses pâles rameaux.
Et je lui répondis : Sagesse. Non, dit il.
Alors Amour. Non, c'est encore plus subtil
Le Mot est inaudible, on l'entend avec l'âme.
Les plus hauts initiés tissent d'abord sa trame
Il rayonne au delà des bornes de la Terre
Il est le Mot sans forme, on l'appelle Mystère !

12 mars 1995

François BROUSSE, Le Refrain de l’Absolu, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 174

Mentalité magique

Devant les monstrueux mystères de l’univers, qui vont sans cesse s’agrandissant, et auxquels les nouveaux savants apportent de nouvelles ténèbres, la seule mentalité vraiment logique est la mentalité magique. La raison nous sert à pétrir le monde, non à le connaître.

François BROUSSE, , BMP N°90, juin 1991, Pensée divine, éd. La Licorne Ailée