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mercredi 23 février 2011

GUERNESEY


GUERNESEY

J'ai visité à Guernesey
Ta caverne, ô roi des abîmes
J'ai contemplé tes pas intimes,
Sous un ciel d'aurore embrasé.

Les astres ouvraient leurs croisées
Sur les miraculeuses cimes.
Dans les soleils nous nous assîmes,
Nimbés d'une flamme irisée.

J'ai touché la table ô Hugo
Une montagne d'indigo
Me fit détruire l'impossible.

Dévorant l'être et le néant,
Je suis le père des géants.
Dieu est la flèche, Il est la cible.

26 juillet 1990

BROUSSE François, La Rosée des constellations,
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 224

samedi 3 janvier 2009

TRISTESSE

Le temps passé s'enfuit sans trêve
Comme une ombre d'oiseau sur l'eau,
La réalité n'est qu'un rêve,
La lune tremble en son halo.

Je commence mais tout s'achève,
Nous sommes l'algue dans le flot.
Le destin passe avec son glaive,
L'abîme n'est plus qu'un sanglot.

Aux générations nouvelles
Le sombre néant se révèle,
Il nous mène aux sables mouvants.

Ne perds pas courage, ô pilote
Le drapeau du paradis flotte
Dans le plus magique des vents !

10 décembre 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 182

vendredi 7 novembre 2008

GOÛT DU NÉANT

Tu médites, le cœur broyé, pauvre géant !
Et les braises de l'âme attisent leur souffrance
Sur les cendres du rêve immense...
Goût de la nuit, goût de la mort, goût du néant !

Taisez vous, ô clameur des vies originelles !
Pendant des millions d'années, me faudra t il
Sur des planètes d'or traîner mes longs exils ?
Je suis l'oiseau, chassé du royaume des ailes.

Se dissoudre dans le néant délicieux !
Mais le néant n'est pas, il faut lutter sans cesse.
Remets ton diadème, éternelle princesse,
Ô mon âme et partons dans la grandeur des cieux !
17-12-1951

BROUSSE François, Les Pèlerins de la nuit, dans Œuvres poétiques – Tome 1
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, page 195

mercredi 3 septembre 2008

L'évolution universelle

Deux routes s'ouvrent devant l'hypothèse humaine : le retour éternel ou la conquête de l'immortalité. Retour éternel, dogme granitique de Zénon et de Nietzsche, ce qui veut dire souffrir perpétuellement après des alternances de repos, les mêmes souffrances terrestres. On recommencera sans arrêt notre vie. Après la destruction de la Terre, d'inexorables lois reconstruiront, dans quelques millions d'années, une Terre nouvelle, absolument semblable à l'ancienne. Et des flots d'êtres jailliront, à l'image absolue du passé : Socrate reboira la ciguë, Brutus se suicidera, Jésus sera crucifié, Giordano Bruno sera brûlé encore... Nous repasserons par les mêmes angoisses et les mêmes sottises. Eternellement. Sans l'espérance d'un impossible néant. Les Stoïciens et Nietzsche ont pétri le globe avec des feux démoniaques... Heureusement les portes de l'immortalité restent ouvertes. Zoroastre arrêtait dans le futur éternel le cercle insensé des mondes. Mais seuls les bons jouissaient d'un bonheur sans limites. Le néant dévorait les méchants. L'Inde, plus profonde, dessine l'évolution des âmes, qui, de monde en monde, tendent vers la perfection. Tous les êtres seront sauvés, depuis l'atome jusqu’au Soleil. Par le chemin des réincarnations, c'est le salut cosmique. La Rose Croix, enfin, montra le Paradis au bout du tunnel.

François BROUSSE, BMP N° 113-114, juin-juillet 1993
Sub Rosa, éd. La Licorne Ailée

Goût du Néant

Tu médites, le cœur broyé, pauvre géant !
Et les braises de l'âme attisent leur souffrance
Sur les cendres du rêve immense...
Goût de la nuit, goût de la mort, goût du néant !

Taisez vous, ô clameur des vies originelles !
Pendant des millions d'années, me faudra t il
Sur des planètes d'or traîner mes longs exils ?
Je suis l'oiseau, chassé du royaume des ailes.

Se dissoudre dans le néant délicieux !
Mais le néant n'est pas, il faut lutter sans cesse.
Remets ton diadème, éternelle princesse,
Ô mon âme et partons dans la grandeur des cieux !

17 décembre 1951

François BROUSSE , Les Pèlerins de la nuit
Dans Œuvres poétiques – Tome 1, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, page 195

Le néant du néant

Le hasard et le néant
Composent notre univers
Le nain devient le géant
Les axes vont de travers.

Un destin contrariant
Jaillit des astres pervers

L'espérance n'est qu'un rêve
Les lendemains radieux
Ainsi qu'une bulle crèvent
Devant le vide des cieux.

La fosse toujours achève
L'émerveillement des yeux.

Non! mon pas foule la tombe,
Elle me sert de trépied
La joie invincible tombe
Voici les grands cavaliers.

La négation s'efface
Comme l'écume des mers
J'aperçois l'auguste face
Les paradis sont ouverts

30 août 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 245