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samedi 2 mai 2009

APOLLONIOS


La pourpre romaine couvrait le monde, comme un immense velarium aux éclairs terribles ; les peuples restaient pâles et calmes pareils à l’océan sur lequel l’aube va resplendir ; et la Terre frémissait, lorsque Dieu suscita une grande flamme sereine dans la petite ville de Tyane.

Cette flamme sortit du front et des prunelles profondes du jeune Apollonios.

À peine les lauriers roses s’étaient-ils effeuillés douze fois autour des blanches colonnes où venaient se reposer les colombes, que déjà une grâce mystérieuse, une majesté souriante et pure aimantait ce crâne fatidique.

Un fluide d’harmonie baignait cet enfant extraordinaire ; son lumineux visage, élargi vers le haut, semblait une torche de cire dont les boucles d’or figuraient les flammes tordues ; ses membres, divinement proportionnés, rayonnaient une blancheur éclatante ; ses yeux, trop vastes, effrayaient par leur intelligence bleue et infinie ; et lorsqu’il souriait, c’était une ouverture des cieux écarlates.

Jamais on ne le vit rire ; parfois il s’adossait à une colonne d’albâtre, croisait ses bras et songeait lugubrement ; alors une formidable souffrance, pareille aux ténèbres sacrées des branchages assombrissait ses regards splendides.

Il aimait le Soleil au-dessus de toutes choses ; il restait des heures dans le flamboiement de l’astre qui allumait un incendie d’or parmi sa chevelure.

Sa mère, effarée par cette symphonie vivante, ce dieu enfant, songeait souvent à l’étrange naissance d’Apollonios, et se demandait dans son angoisse si elle n’avait pas jeté à la lumière le successeur prédestiné des Douze Dominateurs de l’Univers.

Car il était né avant terme, comme un aiglon impatient de briser sa coquille, et voici de quelle manière bizarre.

Un jour, dans la splendeur de l’après-midi brûlante, la jeune femme enceinte se promena dans une prairie déserte, aux environs de Tyane, sous le dôme d’un azur incandescent.

L’herbe, sauvage, verte et douce, offrait un tapis de gloire à ses pieds délicats ; les cyprès calmes comme des dieux familiers lui souriaient de loin ; l’eurythmie des lignes transparentes s’amplifiait jusqu’à la mer lointaine dont le maléfique murmure s’emprisonnait dans les cheveux pleins de brises…

La promeneuse, lassée par la chaleur et son fardeau vivant, se coucha à l’ombre d’un arbre, et s’endormit dans le flottement de la maille noire et vermeille.

Or, tandis qu’elle dort, voici que des ailes violemment blanches flamboient à l’horizon ; les cygnes sauvages aux yeux solaires, à l’envergure hiératique, viennent des lointains indéfinis.

Ils s’approchent de la dormeuse, comme fascinés par un magnétisme surnaturel ; et leurs cris rauques, clairs et vrillants, et le tumulte inextinguible de leurs ailes réveillent en sursaut la femme sacrée qui, dans une clameur d’épouvante, crache avec la bouche de son ventre fendu, parmi le sang et les contorsions celui qui sera plus tard le céleste Apollonios.

Les oiseaux magnifiques saluaient ainsi le futur cygne de l’intelligence, le splendide errant de l’esprit, le vagabond royal de l’âme !

Les grands êtres de l’abîme qui se tiennent debout auprès du trône de Dieu semblaient presque visibles en cet enfant. Or, son père le voyant croître comme un palmier que baigne tous les matins la bénédiction des cieux, l’envoya compléter ses études à la ville de Tarse.

Un vent de voluptés et de parfums soufflait sur cette ville. Les étudiants aux chlamydes immaculées, aux cheveux ceints de pourpre, après avoir contemplé la splendeur de la pensée dans Pythagore et Platon, adoraient la douceur de la chair dans les corps impudiques des jeunes femmes. Le soir, quand le sourire nocturne épanchait son charme transparent sur les orangers pleins dune immense senteur, le long du Cydnus gorgé d’étoiles, marchaient les adolescents pensifs donnant la main aux lascives adolescentes, vêtues de robes fendues sur le côté et couronnées, comme d’un astre d’ambre, par les hauts peignes triangulaires. Les ailes de la chaleur couvaient Tarse, oeuf de corruption, et leurs ongles terminaux excitaient les nerfs, les muscles, les ventres. Des traits de feu jaillissaient de la pointe des seins tendus, des éclairs sillonnaient les croupes palpitantes, un poison de braises brûlait les bouches sanglantes comme un taureau égorgé. Et, sur l’énorme bûcher des membres convulsifs qui flambaient épouvantablement, le vin, le vin perfide, versait sa coupe forcenée, son fleuve d’escarboucles fumantes ! Ce foyer de vie colossale vomissait, hélas ! parmi les fécondes étincelles, des vastes tourbillons d’ombre au ciel muet.

Le bûcher de ces corps effrontés fut un phare pour le jeune mage ; cette flamme violente lui illumina les gouffres carnivores qui serpentent autour de la sensualité, soit qu’il vit périr dans d’horribles convulsions quelques malheureux camarades abreuvés trop souvent à la coupe d’impudicité ; soit que le Daïmon supérieur, dont les ailes se croisaient en armure protectrice sur la poitrine d’Apollonios, l’ait châtié de ses déviations.

Apollonios traversa donc ce fleuve de soufre passionné, aux flots pleins de sirènes et de mort, comme un aigle traverse l’embrasement des cieux d’aurore, sans s’y brûler. Cette victoire ajouta une couronne de lumière à sa splendeur, car l’être dont les yeux n’aiment que les pensées profondes, dont l’âme ne veut que la beauté des astres ; celui qui force les tigres de ses sens à soutenir la base de son trône, celui qui respire l’harmonie du monde invisible, celui là porte au fond de son coeur une flamme qui rayonne parmi sa chair transparente.

Le prophète naissant comprit cette vérité sereine en comparant le rayon de son visage divin et les gueules ou les groins des hommes qu’enveniment le matérialisme, la débauche. Et il voulut conserver sa face resplendissante ; le rang qu’il avait devant la bonté de Dieu.

Et il réfléchit sur le corps, miroir de l’âme.

Ses parents lui avaient donné comme maître le philosophe Euxène, dont la réputation était grande parmi les Hellènes. Euxène ne croyait pas aux Dieux ; il aimait le vaste esprit d’Epicure, mais il ignorait l’austère vie de ce géant.

Un jour Apollonios demanda à son maître de lui expliquer la création du monde, le jaillissement de la chaîne des êtres, comment l’univers creva l’oeuf informe du Chaos pour se déployer dans l’ordre lumineux, de quelles mains aveugles ou intelligentes tomba l’immense tissu des choses.

Euxène lui répondit en ces termes :

Les êtres multiples qui se meuvent sous tes yeux, la matière morte, comme la substance vivante, sont constitués par d’éphémères agglomérations de points animés : les atomes. À l’origine, ces atomes tombaient, tombaient toujours dans l’immensité du néant, du vide, de la mort immuable, infinie. Ils tombèrent ainsi, pendant une période incommensurable, et leurs tourbillons emplissaient la nuit comme d’effrayants moustiques. Enfin, à une époque que seuls les Olympiens – s’ils existaient – pourraient peut être déterminer, quelques atomes, au lieu de tomber verticalement, obliquèrent, s’amalgamant ainsi aux atomes voisins. Ce mouvement spontané, absolument sans cause, propagea un trouble immense à la pluie des atomes qui se mêlèrent, s’embrassèrent, se fondirent dans un orage inattendu. Leur innombrable coït forma les mondes qui rôdent dans ce qui n’a pas de limites, et parmi ces mondes : la Terre. La Terre ouvrit ses puissantes matrices et les animaux, les plantes et les hommes furent jetés à la lumière. Mais les animaux, les plantes, les hommes, les mondes sont des bulles qui doivent crever ; l’assemblage des atomes qui constituent leur vie ne dure qu’un temps ; après quoi la chaîne vitale se rompt, et les atomes rentrent dans le calme. C’est pour cela que les êtres meurent tous. Et la Terre elle même, qui nous semble indestructible, entrera dans l’universel charnier. Seulement, comme elle est plus grosse, sa vie est plus longue, et bien des générations auront exhalé leur dernier soupir avant que la première ride atteigne sa face auguste. C’est tout le secret de la création.

Mais, dit Apollonios, qui a créé ces atomes ?

Personne ; ils sont éternels, indestructibles. Avant le monde, ils étaient ; ils seront après le monde. Le mouvement spontané qui les pétrît en êtres vivants est une simple qualité inhérente à leur substance. Cette qualité se retrouve et se développe dans leurs progénitures d’organismes pour aboutir à la liberté humaine. La diversité des races se comprend par la diversité des combinaisons ; et les différences entre les vivants d’une même race ont leur secret dans l’hétérogénéité des atomes, dont pas un ne ressemble complètement à un autre.

Mais, ô Euxène ! dit Apollonios, ces atomes qui produisent des êtres intelligents et sensibles sont donc eux mêmes intelligents et sensibles, sans cela ils ne pourraient enfanter des vivants d’une autre nature que la leur, pas plus qu’une autruche ne pourrait pondre un palmier.

Il suffit, répondit Euxène après avoir réfléchi, que l’intelligence et la sensibilité sommeillent au fond de ces atomes, comme l’incendie sommeille dans une forêt jusqu’à ce que des circonstances extérieures l’y réveillent. Les circonstances seraient ici les diverses combinaisons que forment ces atomes. C’est d’ailleurs par hasard que certains mariages d’atomes engendrent l’intelligence et la sensibilité, et c’est par une suite de hasards que les atomes continuent à donner les mêmes résultats.

Il est bien difficile d’admettre tant de hasards, dit Apollonios en souriant. Et puisque rien ne vient de rien, il faut à toute force que ces atomes possèdent un peu d’intelligence pour organiser en s’additionnant une plus grande intelligence ; de même pour la sensibilité. Sinon, il n’y a qu’à admettre que les mondes jaillirent d’un bloc du néant, car un mouvement sans cause d’un atome vaut bien la création sans cause, d’un univers. Les deux phénomènes sont aussi incompréhensibles l’un que l’autre. Donc, certains atomes sont intelligents et sensibles. Il existe une infinité d’atomes ; comme l’infini contient tous les infinis, il y a par suite une infinité d’atomes intelligents et sensibles. Mais alors puisque moi intelligent et sensible je suis un ensemble d’atomes, pourquoi l’ensemble de l’infini des atomes ne formerait il pas un Dieu dont l’intelligence et la sensibilité n’auraient pas plus de limites que son corps ? Je sais qu’il peut exister aussi une infinité d’atomes inertes, mais, puisqu’ils sont inertes, ils n’auraient pas de mouvement propre, pas de vie, donc ils n’existeraient pas, étant à la fois invisibles, inactifs, inconscients. Même en supposant qu’ils existent, ils ne pourraient former un immense principe opposé au premier, car ce principe constitué par une synthèse d’inconsciences ne serait qu’une inconscience sans bornes, incapable de personnalité, donc soumis en tout à l’Éternel Moi de l’Abîme.

Et Apollonios continua dans un enthousiasme serein.

Je crois en Dieu Absolu. Tout me le prouve. Le flamboiement du soleil n’est qu’un lointain reflet de son visage, c’est dans son vaste coeur que sanglotent les fleuves, dans son cerveau mystérieux que se lèvent les astres ; la nuit, les mondes épars dans le gouffre font entendre à mon âme une harmonie sublime, un hymne à la gloire de l’Incréé. Les créations vivent perpétuellement de son souffle et, Lui ôté, ô Euxène, rien ne serait plus et rien n’aurait jamais été !

En ce temps là, Euxène et Apollonios allèrent à la ville d’Egées, que dominait un temple grandiose, dans les entrailles duquel se passaient des mystères plus grandioses encore. Car ces prêtres étaient des Sages.

Certains coins du monde sont pleins d’un souffle extraordinaire. L’ouragan de l’Esprit bouleverse leurs cieux étranges. Des êtres inouïs chevauchent leurs nuages, on sent des palpitations d’ailes dans leurs rayons, des fantômes agitent des torches au fond de leurs crépuscules. On voit distinctement la porte de l’Au delà qui s’entrebâille. Leurs paysages s’illuminent d’un reflet de vertige et de tombe. Des voix passent dans l’air échevelé. Ce fluide de miracle baignait le temple. Il suffisait aux prêtres d’avoir une vie pure, le front plein de contemplations étoilées, pour acquérir un immense pouvoir sur la foule des estropiés et des malades qui tendait ses mains douloureuses vers le dieu. De là des prodiges, des guérisons étonnantes dans la flamme sans cesse renouvelée des désirs créateurs, de la volonté thaumaturge ; car le Prêtre, adossé au sépulcre, avait les âmes des morts dans sa chevelure prophétique.

Ce temple surnaturel fut la caverne d’Apollonios. Le jeune lion, instruit par une méditation et par une ambiance de sagesse, renonça dès lors à se nourrir d’aucun animal. Il laissa librement croître et ruisseler l’or de sa chevelure. Il repoussa le vin farouche, où brûle une phosphorescence infernale. Le lin, innocent de tout massacre, vêtit son corps pur ; et ce fut les pieds nus qu’il marcha au milieu d’une apothéose de douceur. L’aurore de la Divinité illuminait cette âme ; la bénédiction tombait de son sourire, l’amour rayonnait de ses yeux.

Sa seule présence guérissait les malades. Il imposait ses mains radieuses sur leurs plaies qui se fermaient aussitôt. Sa pensée profonde et calme chassait les forces mauvaises qui bourdonnent sur les hommes comme des guêpes attirées par les sanies. Il occupait le centre d’un monde consolant, d’une sphère de résurrection. C’était le messager de la bonté des astres. Quand il levait la main, des dieux semblaient sortir de ses doigts.

Pendant quatre ans il ne prononça pas une seule parole, selon la règle du divin Pythagore qui voulait faire de toutes les énergies du sage une muette armée de sculpteurs, perpétuellement occupés à tailler l’âme informe, le marbre intérieur, suivant le profil des Dieux. Ce fut une chose étrange de voir, quatre ans de suite, ce sublime silencieux marcher comme un pâle ressuscité, encore ivre des merveilles de l’autre monde.

Lorsque le temps eut descellé les lèvres mystiques d’Apollonios, son maître Euxène, qui s’épouvantait de son étrange croissance, tenta de ramener ses regards de l’égarement des cieux à la réalité de la terre.

Ils eurent ce dialogue ; un jour que le cristal bleu des lointains tremblait dans une fièvre de plaisir et de transparence sereine ; tandis que les arbres penchaient sur leurs cheveux la fraîcheur éblouissante de leurs palmes vertes, et qu’un vol de cygnes emplissait les azurs de son tumulte de neiges hallucinées.

Apollonios ! tu es pâle à rendre jalouse la Reine des ténèbres éternelles. Tu accomplis des miracles, tu guéris les malades, tu rends joyeux ceux qui sont en bonne santé. Bref, tu es un vrai prophète. Mais crois tu atteindre le bonheur par cette méthode ? Tu ne dors presque plus, tu ne manges presque plus et jamais de la nourriture vivante, tu vis dans la prière, tu te conserves pur de corps et d’âme. Veux tu mon opinion, tu es trop sage, tes sacrifices sont inutiles. L’homme ne peut atteindre qu’à une vertu moyenne, ta vertu à toi est la vertu des dieux !

Tu te trompes, Euxène, l’homme vit dans le cœur des grands dieux, et son rôle c’est de se purifier jusqu’à se rendre digne de la substance divine qu’il habite. Il est comme le Phoenix (phénix) immortel, à qui la foudre avait cassé les ailes et qui était tombé au fond de la mer. Il gémissait parmi le fourmillement des monstres de l’ombre, mais chaque fois qu’il levait les yeux vers le jour pâle et sublime qui transperçait le haut de sa prison étouffante, l’indestructible oiseau sentait les forces lui revenir, les chairs reprendre à son aile cassée, l’espoir l’éblouir ; mais chaque fois que ses yeux retombaient dans la boue, le dégoût, la douleur, la nuit lui remontaient au coeur. L’homme, c’est le Phoenix foudroyé. Il doit tendre à l’évanouissement dans l’aurore libre, et non pas trébucher gauchement entre le gouffre d’en haut et l’enfer d’en bas, comme une sorte de monstre aveugle qui ne sait ce qu’il veut. L’homme, c’est le foyer de douleurs où se blanchit la robe du dieu tombé dans la matière, qu’il reste calme sur son trône de flamme, et il s’assiéra au front des cieux. Le sang de l’homme, vois tu, c’est l’immonde élixir qui redonne la lumière à celui qui l’a perdue. Le Destin, immense et voilé, frappe l’homme, et des plaies de l’homme s’écoule une eau purificatrice – la souffrance – qui le libère et le lave peu à peu ; et ainsi, de la chrysalide du corps physique, jaillit, à l’instant de la mort, l’esprit ailé de flammes qui va butiner les augustes corolles de Dieu. Sache, ô Euxène, que c’est toi même, de ton marteau et sur ton enclume, qui forges ta vie future.

La Justice éternelle est debout sur la création. Toutes les actions de l’homme, toutes ses pensées, tous ses désirs, rien ne tombe dans le néant. L’homme libre se meut librement entre le Mal et le Bien ; il peut choisir entre la fange et l’ambroisie. Mais, ce qu’il fait, l’Éternel, de sa grande plume, l’inscrit sur son livre. Et, à l’heure de la mort, l’homme voit s’ouvrir le Livre de Dieu.

Les êtres forment une chaîne immense qui part de plus bas que le minéral pour aboutir à plus haut que l’Olympien. Les plus heureux sont ceux qui se rapprochent le plus du Cœur’ universel, ceux qui reçoivent le plus de soleil et d’amour, les voisins de l’Etre infini. Les malheureux sont ceux qui se tordent dans l’ombre loin de Dieu. L’âme humaine, arrachée à son corps, s’incarne, si elle s’est mal conduite, dans un organisme inférieur, animal ou végétal. Dans cette prison de fibres elle souffre de la soif de Dieu. Mais cette souffrance n’est pas éternelle. Quelle monstruosité que d’écraser la faute éphémère sous un châtiment éternel.

L’âme, lavée par la douleur, s’évade de son bagne, brise son carcan, et remonte à l’homme. Là, de nouveau libre, elle agit ; et, selon ses actes, la Mort, géant formidable dont les ailes touchent aux astres, prenant l’esprit dans ses poings grandioses, le rejette dans les ténèbres ou le précipite plus près du rayonnement du Centre inouï. Les ouragans de l’extase l’attendent alors, et elle peut indéfiniment gravir les métempsycoses de lumière, ou choir de nouveau dans le gouffre humain. Voilà l’immense loi qui traverse le monde, le réseau nerveux qui parcourt le Grand Tout. Comprends tu maintenant pourquoi je vis comme un dieu ? C’est que je veux prendre place dans leur divine assemblée, que je veux m’abreuver à la coupe d’amour que tend le Dieu des dieux aux Fils de la Lumière. Je veux être une des flammes vivantes qui forment la couronne du Grand Invisible. Je veux m’irradier dans la gloire de l’Infini. Je veux me fondre au brasier de l’Éternel.

BMP N°171 – décembre 1998

lundi 16 février 2009

Platon et la sagesse éternelle

Conférence de François BROUSSE (1913-1995)
Platon et la sagesse eternelle (Extrait)
Le 23 mars 1990 - Paris