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jeudi 5 mars 2009

DÉSENCHANTEMENT


le_refrain_de_l_absoluJ'ai promené mes noirs chagrins
Par les tragiques boulingrins
J'ai mené ma mélancolie
Sous les étoiles de Kali,

Je sème un désenchantement
Dans le délire des amants,
L'homme actuel est moins rapide
Que les archaïques gépides.

L'athée, éternel ignorant
N'est qu'un onagre délirant
Ô genre humain, je désespère
De trouver en toi la lumière.

Heureusement les grands mystiques
M'apportent la splendeur unique !

12 mars 1995

BROUSSE François, Le Refrain de l’absolu
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 173

dimanche 1 mars 2009

À MALIN, MALIN ET DEMI


Si Lucifer est le malin
Le grand Être l'est plus que lui
Le bond fantasque du félin
Dans les commencements reluit.

Parmi les vitraux hyalins
On entend le chant de la pluie,
Elle emplit d’un rire câlin
Le maître qui toujours l'essuie ;

Les blanches cavales numides
Escaladent les pyramides
Mais le pouvoir de Dieu grandit...

Sa vieille logique se casse,
L'éternité de l'Être embrasse
Cet Autre qui est plus que lui

8 juillet 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 105

L’ENCENS

Une lueur grandit
Là bas dans le lointain,
Navigateur hardi
Lève tes yeux hautains,
L'homme t'a fait crédit
Honore ton destin !

Suis je l'écho du Verbe ?
Le coq blanc de Socrate ?
Mon rêve se dilate
En fastueuse gerbe,
L'éclat noir de l'agate
Rôde au parfum des herbes.

Avec les clairs pavots
L'angélus gris descend
Courbant les fronts dévots
Sous le ponant en sang.

Un astre palissant
Conduit les noirs chevaux,
Sur les sentiers nouveaux
Brûle tes grains d'encens.

6 juillet 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 98

vendredi 27 février 2009

Je résiste et je pleure à travers la tourmente

Je résiste et je pleure à travers la tourmente,
Arbre aux marges des mers
Et l'ombre chevauchant ses cavales démentes
Tord mes cheveux amers.

Uranus qui se meut sous des cercles farouches
Tente de m'enlacer,
Mais le sombre fantôme aux millions de bouches
S'enfuit, vite effacé.

Sous son chapeau de fleurs une petite fille
Pieds nus, robe en haillons
Me désigne en riant l'étoile qui scintille
Dans son nid de rayons.

Les temps mystérieux qui rythment les empires
Fleurissent mon jardin
Tandis que la Nuit morne, entourée de vampires,
Adore le Matin.

18 octobre 1979

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 134

jeudi 19 février 2009

ÉVEIL

Tu songes loin de moi, je rêve loin de toi,
Nous vivons solitaires.
Quand viendra le soleil, éblouissant les toits,
Emerveillant la Terre ?

Je suis comme un désert foudroyé par le feu,
Comme un arbre sans sève.
Printemps irrésistible ouvre ton regard bleu
Dans les prunelles d'Ève.

La matière s'efface ainsi qu'un sombre rêve !
Ailés, nous monterons, dans le rire de Dieu.

10 mars 1986

BROUSSE François, Le Graal d’or aux mille soleils
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1989, page 21

samedi 14 février 2009

C'est la Saint Valentin

C'est la Saint Valentin
Le ciel est de satin,
Nos âmes de lumière ;
Et nos amoureux chants
De l'aurore au couchant
Tremblent comme des lierres.

Les oiseaux de saphir
Dans les joyeux zéphirs
Sont des baisers qui passent.
Le parfum de ces fleurs
Jette l'amour vainqueur,
Plus vaste que l'espace.

Petit saint adoré
Prend nos rêves dorés
Que la pourpre entrelace
Et porte-les, tremblants,
Jusqu'au seuil fulgurant
De l'éternelle grâce.

14 février 1983
Saint Valentin

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 61

SAINT VALENTIN

Valentin, mage fulgurant,
Valentin, saint des amoureux
Poudre d'or et de diamant,
T'apportent mes plus tendres voeux,
En attendant de te serrer
Entre mes bras émerveillés,
Mes pensers, divine princesse,
Vers toi se dirigent sans cesse
Ainsi que les aigles des mers
Autour d'un phare aux yeux d'éclairs
Les grands cèdres métaphysiques
Et les résédas immortels
Dans une magique musique
Viennent fleurir tes doux autels
Car mon amour monte plus fort
Que la tempête et que la mort...
Parfums d'encens, parfums de roses,
En toi mon âme se transpose.

14 février 1990

BROUSSE François, Le Sourire de l’astre
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1998, page 43

samedi 24 janvier 2009

LOTUS

J'aime la rosée du lotus,
Celle qui tombe des étoiles,
Ô souffle divin de l'Indus
J'aime la rosée du lotus.

Enfant de Viviane et d'Horus,
J'ouvre mes fantastiques voiles
Vers l'île où rougeoient les crocus
Un feu pur circule en mes moelles...
J'aime les larmes du lotus,
Ces baisers des chastes étoiles.

21 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 100

vendredi 23 janvier 2009

RYTHME

Je veux trouver le Rythme,
Celui qui chante avant l'éclosion des mondes,
Celui qui danse sur les cendres de l'univers,

Je veux trouver le Rythme,
Celui qui tient dans une main le flux des mers
Et dans l'autre l'équilibre des constellations,

Je veux trouver le Rythme,
Celui qui a condensé le prisme des pyramides,
Qui gonfle les cathédrales comme des bulles de verre,

Je veux trouver le Rythme,
Celui qui entrelace le col des cigognes,
Qui rapproche la bouche en feu des amants,

Je veux trouver le Rythme !
Sa source impénétrable murmure
Au lointain de l'espace, dans l'étoile des morts...

BROUSSE François, La Harpe aux cordes de lune
dans Œuvres poétiques – Tome 1
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1986, page 392

mardi 20 janvier 2009

SAINT GRAAL

Tu es parti, ô chevalier,
Pour retrouver le saint Graal
Un éblouissant idéal
À ton aventure est lié !

Tu dois franchir d’affreux décombres,
Traverser des zones sans fin
Deviner les énigmes sombres
Qui font pâlir les séraphins !

Ne doutes jamais de ton maître !
Il brandit le glaive soleil !
Tu dois à chaque instant renaître
Les aubes craignent son orteil !

Tu seras l’aigle et le lion
Car pour dominer les étoiles
Tu déchireras tous les voiles
Dans l’unique religion !

1er juillet 1995

BROUSSE François, Le Pas des songes
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 122

dimanche 18 janvier 2009

L’ARRIVÉE

Les oracles venus
Des mondes inconnus
Portent dans nos poitrines
Des danses purpurines

Le Principe sans Cause
Avec les anges cause
Il naît de nulle part
La force est son rempart.

Les effrayants messages
Que nous offrent les sages
Sont-ils vraiment compris ?
Ils couronnent Cypris.

Le glaive des victoires
Brille au cœur de l’Histoire
Il marque l’arrivée
D’Isis et de Iévé.

21 juin 1995

BROUSSE François, Le Pas des songes
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 89

vendredi 16 janvier 2009

LA SONDE

J’ai traversé le drap des morts
Et la plainte insensée des mondes
Les cités de naguère et les rondes
M’ont dévoilé tous leurs essors.

J’ai brisé le piège des sorts
Les énigmes brunes et blondes
Les cathédrales où l’on dort
Les paradigmes que l’on fonde,

La planète disparaîtra
Dans la mélodie de Mithra...

Je demeure et tout se déforme
Je suis le paradoxe énorme
Le témoin que Dieu pénétra
Je suis l’indestructible sonde.

2 septembre 1995

BROUSSE François, Le Pas des songes
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 159

UNE AUBE


Chant de Brigitte Kashtan - Dawn (Une Aube) - Extrait de son album Elevation


Une rose, un baiser, caressant ses flots lents,
Illuminent la mer interminable et sombre
Et des tisons de pourpre aux chocs étincelants
Commencent à rouler sur sa crinière d'ombre.

Les astres alanguis meurent dans la pénombre...

Les oiseaux, effarés d'amour, volent sanglants
Et, croisant dans l'azur leurs tourbillons sans nombre
Abandonnent au vent marin leurs duvets blancs...

Sous le calme du ciel d'où l'étoile de l'aube
Mouille à l'écume en feu les franges de sa robe
Une lueur grandit, frissonnante d'extase.

Le gouffre des forêts, dans la fraîcheur puissante,
Penche sa chevelure étrange et languissante
Que l'âme du matin de ses larmes embrase.

La source, où la lumière enlace ses mains vives,
Porte à l'océan vaste expirant sur la rive
Le mystère de l'arbre incendié de gazes...

Les transparences du nuage éploient leur flamme,
Sous le prisme des bois le cerf réveillé brame,
Et le pigeon pleure à la nuit son tendre amour.

La fleur de velours s'ouvre aux perles de rosée
Dont la rondeur éclate en graciles fusées,
Cent prunelles zèbrent son coeur tissé de jour.

Les ermites pensifs s'éveillent à l'aurore.

Dardant son envergure étrangement sonore,
Urgelle aux voiles clairs s'envole dans le bleu...
Sous les cheveux subtils de la lumière blonde,

Courbez vous et priez, ô peuples de ce monde,
Car le soleil levant est le regard de Dieu

BROUSSE François De l’autre Cygne à l’un
dans Œuvres poétiques – Tome 2
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1988, page 286

SYMPHONIE

le_pas_des_songesUne chanson s’élève
Vers les hauteurs du Rêve,
Elle évoque la vie
Multiforme et ravie,

Les oiseaux dans les branches
Pour mieux nous voir se penchent,
La ville aux toits vermeils
Caresse le sommeil,

Les paisibles collines
En phrases sibyllines
Délivrent leur plaisir,
L’Air commence à rosir

La sombre violette
Nous offre sa palette,
Le dansant écureuil
Étale son orgueil,

La symphonie immense
Dans nos cœurs recommence.

26 juin 1995

BROUSSE François, Le Pas des songes
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 112

lundi 12 janvier 2009

L'AMI


L’humain qui s’unit à lui-même
Peut résoudre tous les problèmes

Les pontifes s’effaceront
Devant la flûte d’Obéron !

Les oiseaux, vols métaphysiques,
Suscitent de vastes musiques

L’idylle de l’ombre et du jour
Emplit l’impondérable tour,

Le double triangle s’enlace
Car l’infini change de place

L’orbe indestructible frémit
Dieu sera toujours notre ami...

20 juin 1995

BROUSSE François, Le Pas des songes
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2001, page 88

jeudi 8 janvier 2009

Parsifal a vaincu le ciel illimité

Des chevaux noirs par des sorcières montés,
Galopaient à travers les sommets grandioses.
La mort jetait en vain ses glaciales roses.
Car toute la montagne en ses gouffres chantait.
Parsifal a vaincu le ciel illimité.

27 novembre 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 260

mardi 6 janvier 2009

ARRIVÉE

L'œil des étoiles observe
Les grillons sur le pavé
Aussi puissant que Minerve
Mon songe au ciel est rivé.

Le géant des nuits levé
Tient la lumière en réserve.
L'âme ne reste plus serve.
On rejette les mauvais.

Vers l'incorporel, je vais.
Le Moyen Age s'énerve !
Le fleuve sort du névé.

L'œil des étoiles observe
Avec le soleil Minerve,
Le miracle est arrivé.

11 octobre 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 215

lundi 5 janvier 2009

ÉTINCELLE

Quand l'amour nous conduit,
L'erreur n'a plus de cible.
La nuée irascible
S'efface dans la nuit.

Un espoir invincible,
Torche de gloire, luit.
Comme un enfant, il suit
La splendeur impossible.

Il s'avance à travers
L'horreur des cieux pervers.
La rose universelle,

S'ouvrant magiquement,
Jette, à son jeune amant,
L'immortelle étincelle.

3 août 1991

BROUSSE François, Les Transfigurations
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1992, page 141

samedi 3 janvier 2009

TRISTESSE

Le temps passé s'enfuit sans trêve
Comme une ombre d'oiseau sur l'eau,
La réalité n'est qu'un rêve,
La lune tremble en son halo.

Je commence mais tout s'achève,
Nous sommes l'algue dans le flot.
Le destin passe avec son glaive,
L'abîme n'est plus qu'un sanglot.

Aux générations nouvelles
Le sombre néant se révèle,
Il nous mène aux sables mouvants.

Ne perds pas courage, ô pilote
Le drapeau du paradis flotte
Dans le plus magique des vents !

10 décembre 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 182

jeudi 18 décembre 2008

LE TROUBADOUR


Toutes les choses sont possibles
Et notamment les impossibles,
Le souffle du destin
M'emmène au ciel lointain.

Mon âme veut éclore
Dans la nouvelle flore,
Le vent de Dieu m'implore
Et je m'évanouis
Comme un Maître ébloui.

Soyons au cœur du feu
Les vrais témoins de Dieu,
Le père irrémissible
Nous montrera la cible.

Il faut expirer dignement
Dans le fabuleux firmament
Par la porte semée d'étoiles
Il aspire à la gloire idéale
Nous entrerons, chaste clarté
Dans le noir monde illimité.

Ma mémoire aux mille détours
Comme un serpent me joue des tours.
De la lumière sans contour
Je suis l'éternel troubadour.

30 janvier 1994

BROUSSE François, Rencontre avec l’Être
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 196

dimanche 14 décembre 2008

SI

Si vous avez un coeur, offrez le tendrement
À votre bien aimée qu'environne l'aurore.
Elle est comme une source à l'eau fraîche et sonore
Où se reflète la clarté du firmament.

Si vous avez une âme offrez la comme un rêve
De paradis dans la lumière de l'éveil.
Elle respirera cette fleur de soleil
Dont jamais l'exaltant souvenir ne s'achève.

Si vous avez un esprit fier, offrez le Lui
Car son aspiration va plus haut que l'espace.
Que l'univers s'effondre ou que le ciel trépasse
N'importe sur nos fronts l'inconcevable a lui !

22 août 1989

BROUSSE François, La Rosée des constellations
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1991, page 101

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