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vendredi 1 avril 2011

VERBE


VERBE

Le Verbe est un bohème
Tout habillé de fleurs
Son colossal poème
Se pénètre d'ailleurs.

Comme un roi patriarche
Il va majestueux
Sous les puissantes arches
Criblées d'étranges yeux.

Nul acier ne résiste
Son souffle emporte au loin
Dans l'au delà des pistes
L'hostie et le benjoin.

Son parfum nous réveille
Il enivre les coeurs
Il est l'immense abeille
Des avenirs vainqueurs.

Je veux entrer, ô Verbe,
Dans ton sein éclatant
Comme une ultime gerbe,
Victorieux du temps !

18 septembre 1992

BROUSSE François, Le Frisson de l’aurore
Éd. la Licorne Ailée, Clamart, 1993, page 149

lundi 21 février 2011

BANJOS


BANJOS

Jésus Christ, fils de Dieu,
A perdu son enjeu ;
Il nous captive peu.

Son enfer nous fait rire
Nous réservons nos lyres
Orphée ou Pythagore
Hermès qu'un feu colore
Et les deux Isidore,
Bouddha rempli d'aurore

Nous émerveillent mieux.
Les nostalgiques flûtes
Qui l'amour répercutent
Font flamboyer nos yeux.

Les maîtres qui vont naître
Posent sur nos fenêtres
Que l'indompté pénètre
Les triomphants banjos.

N'oublions pas Akhenaton
Aux incomparables dictons
Ni Salomon le magnifique
Avec qui l'inconnu trafique ;

Ni Apollonius de Tyane
Forêt aux fécondes lianes
Ni le fantastique Julien
Chlamyde aux innombrables liens.

Ils remplirent l'esprit des mages
De leurs bénéfiques images
Ils dominent les Apennins
Près d'eux les Césars sont des nains.

Tourbillon de condors farouches
Le Verbe flamboie en leurs bouches
Ils posent un tantrique doigt
Dans la lumière qui ondoie.

Grâce à leur haleine, le monde
Continue sa magique ronde
Et tous les êtres entreront
Dans le royaume d'Obéron.

1er avril 1993

BROUSSE François, Les Miroitements de l’Infini,
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1994, p. 239-240

vendredi 21 janvier 2011

L'AVATAR

L'AVATAR

à Aurélie Saint Noël

L'Avatar est parfait. Il dompte la panthère,
Il console le monde, il trace le chemin.
Même quand il est homme il pense en surhumain
Son âme luit, saphir que nulle ombre n'altère.

Des planètes du gouffre aux jardins de Cythère,
Son rêve est une flamme et son verbe une main
Il montre aux malheureux l'éternel parchemin
D'où le mot Paradis illumine la Terre.

Des millions de dieux bouillonnent dans son cœur,
Sur les sept infernaux il se dresse vainqueur ;
La sagesse et l'amour s'épousent sur son faîte.

Quand on le crucifie il meurt en souriant.
Il porte aux affamés d'Occident et d'Orient
Le fruit d'éternité rêvé par les Prophètes.

21-05-1984

BROUSSE François, L’Aigle blanc d’Altaïr
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1987, page 176

PILIER AKBAR

dimanche 1 mars 2009

L’ENCENS

Une lueur grandit
Là bas dans le lointain,
Navigateur hardi
Lève tes yeux hautains,
L'homme t'a fait crédit
Honore ton destin !

Suis je l'écho du Verbe ?
Le coq blanc de Socrate ?
Mon rêve se dilate
En fastueuse gerbe,
L'éclat noir de l'agate
Rôde au parfum des herbes.

Avec les clairs pavots
L'angélus gris descend
Courbant les fronts dévots
Sous le ponant en sang.

Un astre palissant
Conduit les noirs chevaux,
Sur les sentiers nouveaux
Brûle tes grains d'encens.

6 juillet 1993

BROUSSE François, L’Homme aux semelles de tempête
Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1995, page 98